Je suis tombé bien bas : j'habite une mansarde.
Christian DOTREMONT, Réflexions toutes faites, 1953.
Il arrive à l'inverse que, venant des hautes sphères, on soit présenté au parquet et finisse sur le pavé.
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Je suis tombé bien bas : j'habite une mansarde.
Christian DOTREMONT, Réflexions toutes faites, 1953.
Il arrive à l'inverse que, venant des hautes sphères, on soit présenté au parquet et finisse sur le pavé.
Soldat
O mon étrange, dure armée !
Levé très tôt, très tard couché,
J'y suis vainqueur et prisonnier !
Mon capitaine, c'est le poème,
Bon capitaine, si désarmé,
Mon beau vainqueur, mon prisonnier.
Armand ROBIN, le monde d'une voix, Poésie-Gallimard, 1970.
Les Poilus de 14 devront désormais partager le 11 novembre avec d'autres Morts pour la France (de tout poil, en quelque sorte).
Le Président n'a en revanche pas envisagé de réserver une date au poème.
Même partagée.
Revenons à notre Prix Nobel ("notre" en ce qu'il a été attribué - non pas à un Français - mais à un poète).
On peut entendre ici, parmi d'autres, cette considération de Tomas TRANSTRÖMER :
Que le lecteur vive sa vie de manière plus intense : telle est ma mission.
Merci également à PLOC !, la lettre du haïku distribuée par l'Association pour la Promotion du Haïku d'avoir tiré ceci des neiges suédoises :
Fredonne dans la brume.
Au loin un bateau de pêche –
trophée sur l’eau.-
Ces feuilles brunes
sont aussi précieuses
que les manuscrits de la mer Morte.
La grande énigme, Le Castor Astral.
Oui, la Toussaint vaut mieux que ce parterre tonitruant de chrysanthèmes, place de l'Hôtel de Ville :
Une bouche soudain
ne happe plus sa bouffée d'air,
ne prend plus part
à la respiration immense,
à l'haleine
mêlée des bêtes et des hommes,
à la sève exsudée dans l'obscurité par les feuilles,
à l'humidité stagnante.
Sonne
une cloche infime, lointaine dans la nuit ;
on n'écoute
jamais que le contrepoint de l'absence :
lui a cédé le jour, le souffle, jusqu'au halètement.
Judith CHAVANNE, Un seul bruissement, Le bois d'Orion, 2009.
Avant le passage à l'heure d'hiver, un dernier petit tour chez le glacier :
Le glacier
Le goût d'un sorbet
Comme à une rose
Est le nom
Qu'on lui donne.
Le goût d'un nom
Est celui des choses qu'il désigne.
Est celui de la chose
Qu'il est.
Les glaces qu'ils aiment,
Les enfants habillés de rose
Les montrent
du doigt.
Jan BAETENS, Cent fois sur le métier, Les impressions nouvelles, 2008.
Le grammairien
Bure ou vaseline
Garrot ou crinoline
Pansement ou guillotine
Couronne de lauriers couronne d'épines
La règle est l'amie des hommes (leur langue fourchue,
leur bec de lièvre, leur coeur et leur raison)
Jan BAETENS, Cent fois sur le métier, Les impression nouvelles, 2008.
L'enfant est appliqué à ses livres et ses devoirs
(la dentellière, dans les limites heureuses de son cadre,
à son ouvrage : un coussin
qui se moire de rouge et de bleu),
premières lectures,
et les mots au-dedans qui buissonnent,
se poussent, croissent dans le désordre ;
l'enfant parfois s'arrête et regarde,
posée sur la table,
la pierre que l'on dit une rose
et qu'on lui a rapportée des sables.
Judith CHAVANNE, Un seul bruissement, Le bois d'Orion, 2009.
Les mots buissonnent, il est grand temps que les vacances arrivent.
La revue sarthoise de Claude CAILLEAU fête ses 3 ans d'âge par des numeros anthologiques...
...
Par les vitres s'introduisent
un mont Fuji une Sainte Victoire
la croisée de canaux d'un bas pays
C'est l'air qui appelle
qui happe et qui hèle
voyelle jaune et heureuse
à l'effondrement des murs
au chant des corps affranchis
Henri CHEVIGNARD, Les cahiers de la rue Ventura, n° 13 A, 2011.
Merci à lui et à ses Cahiers pour leur accueil !