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langue

  • CRÉOLE

    créole,oreille,

     

    créole

     

    langue indomptée

     

    l’oreille écorchée

    du Français

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Lois de la matière, Travaux domestiques ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • ONDOIEMENT

    poème,manuscrit,

     

    ondoiement

    serpentement

    du poème

     

    contre-courant

     

    bout de la langue

     

     

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  • Jean-Pierre LEMAIRE : DÉJÀ l'ÉTÉ

    ombre,pénombre

     

    Accroupie sur le seuil et nous tournant le dos

    tu lèves le nez vers les acacias

    pour parler aux oiseaux ; nous, de la pénombre

    nous tâchons de suivre la conversation

    vive, sensée, intraduisible

    où tu leur racontes en langue indigène

    tout ce que les parents ne peuvent entendre

    depuis qu'ils sont sortis du ciel en grandissant

     

    Jean-Pierre LEMAIRE, Le pays derrière les larmes, Poésie-Gallimard, 2016.

     

     

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  • À-PIC

    épicée,langue,

     

    poèmes à-pic

    à perdre pied

     

    langue épicée

     

    pointe de poivre

    de la bouche à l’oreille

     

     

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  • Valère NOVARINA et le E MUET

    poissons,muet,

     

    Le e muet est notre aleph, le souffle atone en qui repose tout le mystère de notre langue, son mouvement, son élasticité. Le e muet, c'est le ressort invisible du français : un point d'énergie qui se comprime ou s'étend - selon l'émotion - et donne à notre langue sa force propulsive. S'il y a une âme au fond de la langue française, c'est le e muet.

     

    Valère NOVARINA, Devant la parole, POL, 1999

     

     

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  • DÉMISSION

     

    démission

    de la langue qui doute

     

    ralliement à un ailleurs

    plus vert

    comme un billet

     

     

     

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  • עבר : le PASSÉ-HÉBREU

     

    langue

     

    passés les océans, traversés les déserts, comme prise dans le sel d'une mer morte, la langue s'est asséchée

    puis passés deux millénaires à tourner maintes fois dans des cavités d'oubli, elle est revenue vivante

    détachée des énigmatiques prophéties, mais à présent claquant sur l'actuel - comme un fouet, une détonation de certitude

     

     

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  • Lorand GASPAR : MUSIQUE DISCORDANTE

    bouche,statue,

     

    Voici, me dit-il, le mortel cerné de toutes parts,

    enserré dans les fils de sa langue, son trépas.

    Entends sa musique discordante, la bouillie sonore de sa bouche.

    Vois comme est insensé son dire, en désaccord flagrant avec le sens de son faire, le destin qui le porte.

    Aveugle sous la peau de lumière posée.

    Regarde la bête solitaire, foulant les jardins,

    alourdie de fatigue, exsangue, frappée en plein regard.

    Déracinée, Désertée, Brisée -

     

    Plaies et pleurs et grincements de dents.

    Lueur qu'éventra la lame sur l'eau grise.

    Parole sous la parole, en mèche de fouet.

    Tranquillement elle charrie l'irrévocable venin,

    Tranquillement elle dépèce l'incroyable, le clair, te livrant à ton obscurité -

    et qui t'entendra dans les hennissements du jour,

    du joyeux jour aux blancs poulains ?

     

    Lorand GASPAR, Égée Judée, Poésie-Gallimard,1980.

     

     

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