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corps

  • La VIEILLESSE selon Jorge Enrique ADOUM

    neige,tamaris,hiver,branches,

     

    (Voici la vieillesse amèrement lucide, tristement insensible

    au mouvement des croupes qui, dans le déhanchement de l'été,

    pouvaient autrefois t'éblouir jusqu'à la damnation.

     

    Voici la vieillesse qui traîne sa vie de jour en jour,

    comme si le corps était le même qu'avant-hier

    et elle regarde sans compassion ni haine ses bielles aujourd'hui usées,

    la chair emprisonnée dans les geôles du rêve et d'une chemise.

     

    Pourquoi vouloir vivre seulement pour se survivre,

    s'il n'y a pas moyen d'obstruer les fissures de sa propre statue

    détruite lors du transfert du paradis où, nue, doublée,

    elle était fière de se soumettre aux codes charnels.

     

    Mais la proximité de la faille ultime et accueillante,

    cette conscience de précadavre, ce qui revient au même,

    nous fait envier, pour n'être pas ressuscité à temps,

    l'amour attaché à la mort,

    l'un décorant l'autre,

    tous deux se méritant.)

     

    Jorge Enrique ADOUM, L'amour désenfoui, trad. F-M Durazzo, Myriam Solal Editeur, 2008

     

     

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  • NAUFRAGE

    noyade,baignade,interdit,

     

    naufrage

    du corps et de l'âme

     

    hématomes

    marée noire

     

    jeunesse immergée

    mémoire trouble

     

     

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  • בוקר : le MATIN-DISCERNEMENT

    matin,

     

    réveil musculaire au jardin, des formes et des couleurs, aux rivières, qui poissonnent

     

    puis les rêves effacés, c’est le corps qui sort des brumes porté par l’arbre du jour

     

    et les idées enfin soutenues offriront en pommes d’or de sous ce jeune feuillage toute leur clarté

     

     

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  • CONSCIENCE

    rouille,fleur,

     

    au pied

    le cor

     

    au cerveau

    la conscience du corps

    qui ne ment pas

     

     

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  • Le CORPS selon André SCHMITZ

    corps,

     

    Le corps

     

    Elle allait

    à sa droite un ange gardien

    à sa gauche un garde du corps

    Prenez l'âme

    dit l'ange à l'homme

    moi cette nuit

    je garde le corps

     

    André SCHMITZ, in Ici on parle flamand et français, Le castor astral, 2005.

     

     

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  • Le CORPS selon Ariane DREYFUS

    main,

     

    Mon corps est né quand elle prit et garda ma main dans la sienne,

    Ce sont mes tablettes.

    Plus elle serrait, plus les blés existèrent tandis qu'on courait.

     

    Ariane DREYFUS, Quelques branches vivantes, Flammarion, 2001.

     

     

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  • MARÉES

    marées,coq,

     

    les marées du corps

    imprévisibles

     

    sur le sable sec

    de l'insomnie

    des miettes

     

    pour le sub-conscient

     

     

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  • Eugénio de ANDRADE : N'ÉCOUTE PAS

     

    hiver,chemin,

     

     

    N'écoute pas ces voix qui ne cessent

    de croître au chemin de l'hiver,

    les lieux où le corps d'errance

    en errance renonce à être corps

    sont mortels, n'écoute pas ces voix

    où le soleil pourrit, plus jamais.

     

    Eugénio de ANDRADE, Le poids de l'ombre, La différence, 1986.

     

     

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