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corps

  • Le CORPS selon Ariane DREYFUS

    main,

     

    Mon corps est né quand elle prit et garda ma main dans la sienne,

    Ce sont mes tablettes.

    Plus elle serrait, plus les blés existèrent tandis qu'on courait.

     

    Ariane DREYFUS, Quelques branches vivantes, Flammarion, 2001.

     

     

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  • MARÉES

    marées,coq,

     

    les marées du corps

    imprévisibles

     

    sur le sable sec

    de l'insomnie

    des miettes

     

    pour le sub-conscient

     

     

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  • Eugénio de ANDRADE : N'ÉCOUTE PAS

     

    hiver,chemin,

     

     

    N'écoute pas ces voix qui ne cessent

    de croître au chemin de l'hiver,

    les lieux où le corps d'errance

    en errance renonce à être corps

    sont mortels, n'écoute pas ces voix

    où le soleil pourrit, plus jamais.

     

    Eugénio de ANDRADE, Le poids de l'ombre, La différence, 1986.

     

     

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  • Eugénio de ANDRADE en SEPTEMBRE

    automne,septembre,

     

    C'était septembre

    ou bien tout autre mois

    propice à de petites cruautés :

    l'ombre resserre ses anneaux.

    Que veux-tu encore ?

    Le souffle des dunes sur la bouche ?

    La lumière presqu'à nu ?

    Faire du corps entier

    un lieu en marge de l'hiver ?

     

    Eugénio de ANDRADE, Le poids de l'ombre, La différence, 1986.

     

     

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  • Le SOMMEIL (2/4)

    cavale,cheval,cavalier,

     

    2, la cavale

     

    L'œil a perdu sa rondeur, à sa place tout le bât de la journée, qui écrase le corps, mais débride les images, où les pensées ne sont plus un fardeau mais la cavale même, s'échappant vers les vastes plaines, qui s'additionne, somme nulle, à la déchéance de l'endormissement. Le sommeil et son rêve portent en eux l'écho de leur fin, le réveil, qui sonne les promesses quotidiennes, de son mécanisme encore grinçant.

     

     

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  • Nombres 21, 22 (commentaire 6)

    vin,récoltes,cave,grenier,

     

     

    Entre vin sous vos pieds et récoltes au-dessus de vos plafonds, ne vous laissez pas griser

    De la cave au grenier ne voyez pas votre corps, et pas votre vie dans le pain et le vin

    qui ne sont que grains, vapeurs, poussières

     

     

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  • António RAMOS ROSA au CREUX de l'ARCHE

    arche,

     

    LA RESPIRATION DE LA MER

     

    Errantes les paroles, les fenêtres,

    respiration à fleur de mer au creux de l'arche,

    épaule immense et légère, l'espace entier

    comme un seul corps où commence le vent.

     

    António RAMOS ROSA, Accords, 1989, Trad.Michel Chandeigne, Poésie-Gallimard, 1998.

     

     

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  • Alain FRONTIER en CHAIR et en OS

    dos,colonne vertébrale,

     

    Depuis longtemps déjà, l'auteur de ce texte est en train de mourir. L'auteur de ce texte connaît tous les organes qui, par leurs actions combinées, le maintiennent depuis longtemps déjà dans cette position d'attente. Il sait qu'il porte en lui cette dislocation presque soudaine qui (à la faveur d'une réaction en chaîne étonnamment rapide) lui fera perdre un jour sa verticalité, et le fera s'affaisser sur lui-même, et fera se disjoindre les parties de l'ensemble. Il sait qu'il est traversé de haut en bas par une colonne osseuse qui maintient les parties molles de son corps et l'empêche de s'affaisser. Toutefois quelques uns des segments qui la composent sont l'objet d'une érosion lente et continue, laquelle finit par occasionner d'irréversibles déboîtements, la masse qu'elle a pour fonction de maintenir est le siège d'une infinité de douleurs, piqûres d'aiguilles, tranchées, crampes, élancements soudains, le plus souvent très supportables, qui contribuent encore à dénoncer l'espace dans lequel elle est inscrite.

    ...

     

    Alain FRONTIER, L'inventaire des choses, une anthologie internationale de poésie contemporaine, Action poétique 2007.

     

     

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