Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

corps

  • Claude ESTEBAN dans son CORPS

    tête,ombre,

     

    Le corps

    comme arraché de soi

     

    le souffle

    court

     

    coupé, repris, ramassé

    une fois encore

     

    dans l'alvéole

    rouge

     

    je suis ce corps, je suis l'air

    qui le traverse.

     

    Claude ESTEBAN, Étranger devant la porte I Variations, Léo Scheer, 2001

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • ORAISON

    tissu,bleu,nuit,

     

    Longs tissus de la seule Afrique d'un bleu nuit d'équinoxe, les dos de ces hommes grands semblent s'affairer magiquement sur ma personne
    en dehors pourtant du faisceau de leur oraison, sur le centre de mon corps mais c'est l'esprit qu'ils visent
    leurs toques ornées de figures exactes, ils s'efforcent de me soigner par le murmure de leurs marteaux pour aplanir l'encre
    qui m'écrit dans un fleuve si lointain qu'il se dit noir en latin, avec des cingles qui tournent au gothique
    dont le cours est encombré du mensonge des magazines avec tous les oripeaux des demeures passées
    Ils fouetteront mon sang, indifférent au son de la flûte, des seules ondulations de leurs épaules,  d'un mouvement de sourcil épicé

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Travaux domestiques ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Bernard NOËL et les YEUX

    insecte,lucane,cerf-volant,

     

    on a brûlé la peau de la mort

    on a mangé la boule des pleurs

     

    mon corps repousse

    a dit le passant

     

    il a mâché de la terre douce

    il a dit

    je veux des yeux

     

    Bernard NOËL, Un livre de fables, Fata Morgana, 2008

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Gérard MACÉ le MATIN

    chat,endormi,sommeil,

     

    ...

    Au petit matin nous sommes tous des enfants trouvés, que des mains inconnues ont déposés dans notre propre corps. Des mains aussi précises que celles d'une accoucheuse, aussi légères que celles qui fermeront nos yeux.

     

    Gérard MACÉ, Filles de la mémoire, Gallimard, 2007

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • La VIEILLESSE selon Jorge Enrique ADOUM

    neige,tamaris,hiver,branches,

     

    (Voici la vieillesse amèrement lucide, tristement insensible

    au mouvement des croupes qui, dans le déhanchement de l'été,

    pouvaient autrefois t'éblouir jusqu'à la damnation.

     

    Voici la vieillesse qui traîne sa vie de jour en jour,

    comme si le corps était le même qu'avant-hier

    et elle regarde sans compassion ni haine ses bielles aujourd'hui usées,

    la chair emprisonnée dans les geôles du rêve et d'une chemise.

     

    Pourquoi vouloir vivre seulement pour se survivre,

    s'il n'y a pas moyen d'obstruer les fissures de sa propre statue

    détruite lors du transfert du paradis où, nue, doublée,

    elle était fière de se soumettre aux codes charnels.

     

    Mais la proximité de la faille ultime et accueillante,

    cette conscience de précadavre, ce qui revient au même,

    nous fait envier, pour n'être pas ressuscité à temps,

    l'amour attaché à la mort,

    l'un décorant l'autre,

    tous deux se méritant.)

     

    Jorge Enrique ADOUM, L'amour désenfoui, trad. F-M Durazzo, Myriam Solal Editeur, 2008

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 1 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • NAUFRAGE

    noyade,baignade,interdit,

     

    naufrage

    du corps et de l'âme

     

    hématomes

    marée noire

     

    jeunesse immergée

    mémoire trouble

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Lois de la matière, Travaux domestiques ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • בוקר : le MATIN-DISCERNEMENT

    matin,

     

    réveil musculaire au jardin, des formes et des couleurs, aux rivières, qui poissonnent

     

    puis les rêves effacés, c’est le corps qui sort des brumes porté par l’arbre du jour

     

    et les idées enfin soutenues offriront en pommes d’or de sous ce jeune feuillage toute leur clarté

     

     

    ▶︎ Vent du jour : C'est de l'Hébreu, Travaux domestiques ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • CONSCIENCE

    rouille,fleur,

     

    au pied

    le cor

     

    au cerveau

    la conscience du corps

    qui ne ment pas

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Lois de la matière, Travaux domestiques ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent