vendredi, 03 juillet 2009
Dans le FOUR du BOULANGER
Rappelons que, strictement, la canicule n'est pas encore commencée.
Mais il arrive, comme cette année, que la petite chienne soit pressée de pointer le museau...
Retouche à la canicule
le jour tremble sur place et compte
du silence
une à une les flèches dans la chair d'été
Daniel BOULANGER (À quatre épingles, Grasset, 2002)
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jeudi, 02 juillet 2009
ON NOUS MENT !
Dans son édition du 1er juillet, l'Ėquipe titre bravement :
Le foot bat son plein !
C'est particulièrement déconcertant en cette saison qui sonne creux, où il faut aller jusqu'en Finlande pour voir des poilus en short courir après un ballon.
Le foot dont parle ce journal se joue sans doute avec une vessie en guise de cuir, et sous des lanternes en guise de projecteurs...
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mercredi, 01 juillet 2009
DROITS d'HAUTEUR
Dans Poésie-Première n° 44, Josyane de JESUS-BERGEY dit de Serge WELLENS qu'
il reste reste toujours à l'écoute du jeune poète. Il est celui qui conseille sans jamais imposer. Celui qui aide, celui qui écoute [...] il fut [...] celui qui permit peut-être d'écrire un peu mieux et certainement d'entrer dans cette fraternité d'écriture dans laquelle vit le poète et qui sont nos droits d'auteurs ainsi qu'il le déclare avec juste raison.
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mardi, 30 juin 2009
FACE à la MÉDITERRANÉE
D'un séjour en Algérie, Serge WELLENS a rapporté cette puissante évocation:
UN SOIR EN BARBARIE
Le vent courant jouait de l'orgue
Dans les figuiers de Barbarie
La mer trinquait à notre table
Puis s'en allait à reculons
En nous faisant de révérences
La lune venait boire à ta bouche
Comme à la fraîcheur d'un puits
Notre amitié portait le nom
Intraduisible des fontaines.
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dimanche, 28 juin 2009
SOLSTICE d'ÉTÉ
Alors que nous nous persuadons de ce côté du globe que l'été bat son plein, derrière l'Oural on ne voit déjà que déclin du jour.
Mais parfois, par nos longitudes, un René CHAR comprend le monde d'une manière orientale :
La nuit ne succède qu'à elle. Le beffroi solaire n'est qu'une tolérance intéressée de la nuit.
La nuit talismanique, Albert Skira, 1972.
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vendredi, 26 juin 2009
La LANGUE des CAVERNES
Henri MALDINEY a dit de la poésie qu'
elle s'enracine à l'origine du dire, à sa lucidité de puissance première.
puis, qu'
elle réduit la part de langue instituée au profit de la parole, risquée.
L'art, l'éclair de l'être, Comp'Act, 1993.
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jeudi, 25 juin 2009
POSITIF
DOPAGE
des mots d'amour
des mots de l'amour
des mots pour l'amour
des mots
Jean-François FRANCHET (Jeune fille au sourcil de coriandre, Donner à Voir, 2003).
L'amour contamine les mots, puis un jour, les mots suffisent.
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mercredi, 24 juin 2009
Un PETIT AIR de VACANCES
retouche à l'été
la mer dort sur le ventre
un cap serre le poing
et tient le ciel en éventail
Daniel BOULANGER (Fenêtre Mon Navire, Grasset 2008)
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mardi, 23 juin 2009
En PASSANT par la TOURAINE (avec mes sabots)
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dimanche, 21 juin 2009
POÉSIE, ES-TU LÀ ?
Le n°44 de Poésie/Première aborde la problématique "poésie et spiritualité".
En guise d'édito, Emmanuel HIRIART pose que "nous appellerons donc spiritualité toute expérience intérieure ressentie par celui qui la vit comme fondant ou refondant son existence, et partant sa relation avec le monde."
On s'aperçoit alors qu'en remplaçant le mot "spiritualité" par "poésie", la phrase fonctionne aussi, ce qui plonge la problématique dans le flou.
Mais le flou est un bon serviteur pour l'un comme pour l'autre, et tout est bien.
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vendredi, 19 juin 2009
On PERCE le MYSTÈRE
On voit beaucoup de drapeaux iraniens s'agiter ces temps-ci (et d'iraniens faisant de même).
Les plus perspicaces ont remarqué que les bandes de couleur sont ornées de calligraphies, et que le dessin central semble aussi se donner à lire. C'est tout simplement le nom de Dieu, qui y figure, stylisé en forme de tulipe, et les koufiques répètent en écho Allâh akbar.
Mais tout ceci est étranger au fait que les drapeaux s'agitent.
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jeudi, 18 juin 2009
CRUDITÉ (définition)
crudité, n.m. : qualité de ce qui est cru.
Au pluriel, et pour les marchands de sandwiches, synonyme de mayonnaise.
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mercredi, 17 juin 2009
PORTRAIT du POÈTE en ANGUILLE
Patricia MARTINEAU achève ainsi son recueil Les mots qui chalinent (Le Dé Bleu, 1999) :
Les pêcheurs ont sorti leurs nasses
Dans l'eau cont cachées mes frayeurs
Et un nénuphar se referme dans votre paume.
C'est peut-être le destin des auteurs comme des lecteurs de poésie : les uns tentent de ramener à la surface ce que les autres conservent malgré tout dans les profondeurs.
En reste une fleur, qui ne s'offre qu'à demi...
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mardi, 16 juin 2009
Le BÛCHERON des MOTS
Voilà un court métrage d'animation qui ne manque pas de caractère.
Un bûcheron de mots vend les lettres qui poussent aux branches des arbres qu'il a plantés, pour qu'on en fasse des livres. Mais attention ! Pas de ces livres de poètes, qui contaminent leurs lecteurs, et qui sont interdits dans cette inquiétante contrée...
Les personnages sont superbes, le travail graphique et la mise en scène sont parfaits.
On peut voir encore pendant 3 jours voir sur Arte +7 ce film, et aussi visiter le blog d'Izú Troin, le créateur de cette histoire et de cet univers recherché et très esthétique.
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dimanche, 14 juin 2009
PLUS de SAISON
VALSE DES DERNIERS FRIMAS
Cueille cueille au-delà de l'île de tes cils
filant de l'aile de fragiles jonquilles
l'alouette tirelire tirelire l'alouette
qui frissonne dans ton cœur.
Aux fenêtres de l'éveil
que meurent les nuages hagards
les maigres minces brindilles
l'épaisseur de l'ombre
et la crainte du trop bas.
Lumière nous appelle
et nos peaux, d'anis et de miel
tendres, de sève essaiment
sous une pluie de lilas.
Patricia MARTINEAU, in Les mots qui chalinent, Le Dé Bleu, 1999.
La chronologie de tous ces éléments naturels est parfois un peu chamboulée comme cette année, les dernier frimas suivant jonquilles et lilas avec deux bons mois de retard...
C'est qu'avant le réchauffement climatique, on avait pris soin d'inventer les spoutniks !
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vendredi, 12 juin 2009
ALLITÉRATION de SAISON (2/2)
Un vieux haïku mien (il ne m'en vient plus...) :
Feu clignotant
au passage à niveau
Quelques coquelicots
Bon voyage.
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jeudi, 11 juin 2009
ALLITÉRATION de SAISON (1/2)
Relevé ceci dans un poème de Patricia MARTINEAU, qui nous place bien entre deux rangées de colonnes rayonnantes :
paupières papillotes de peuplier
Bonne route.
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mercredi, 10 juin 2009
La LETTRE TROUVÉE (2/2)
Elle n'était pas curieuse. C'est donc par le plus grands des hasards, en brossant un costume qu'il ne mettait plus que rarement qu'elle avait découvert cette lettre écrite il y a plusieurs années, dont les termes érotiques prouvaient qu'il avait eu une aventure avec sa meilleure amie. L'amour qu'elle lui portait était sans partage. Mais la gestapo venait de l'emmener ; alors, quelle importance ? Elle a mis la lettre au feu et l'a attendu. Il n'est jamais revenu.
Jean RIVET, Ce qui existe un instant existe pour toujours, Le Dé Bleu, 1987.
Alors, salaud ou héros tragique ?
Fin.
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mardi, 09 juin 2009
La LETTRE TROUVÉE (1/2)
Elle n'était pas spécialement curieuse. C'est par le plus pur des hasards, en brossant un costume qu'il ne mettait plus, qu'elle avait découvert cette lettre dont les termes crus prouvaient qu'il avait eu une aventure avec sa meilleure amie. Son amour était sans partage, elle s'était tout simplement jetée par la fenêtre, la lettre à la main. Mais la lettre s'était envolée pendant la chute.
Jean RIVET, Ce qui existe un instant existe pour toujours, Le Dé Bleu, 1987.
À suivre...
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dimanche, 07 juin 2009
À VENDRE
The Journal of Urban Typography recense toutes sortes d'affiches, pancartes ou écriteaux, visibles dans les rues de New-York et Pittsburgh.
Quand vous trouvez celui-ci, il vous reste à découvrir le panonceau proposant une pelle.
Ou un grog, selon vos préférences...
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vendredi, 05 juin 2009
TRAÇABILITÉ
Si effectivement, les escargots de Bourgogne viennent de Turquie, leur mérite n'en est que plus grand.
Émile GOUDEAU.
Ceci dit sans vouloir influencer qui que ce soit pour le scrutin de dimanche...
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jeudi, 04 juin 2009
HALAGE (définition)
halage, n.m.: chemin longeant un canal, où l'on peut bronzer, bien que l'on porte chapeau.
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mercredi, 03 juin 2009
TOUCHER de BALLE
Les footballeurs français ont joué hier avec des maillots floqués de leurs noms en braille contre le Nigéria (et non les Ivoiriens).
Peut-être cela explique-t-il pourquoi ils ont eu tant de mal à se trouver sur le terrain.
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mardi, 02 juin 2009
POÈMES à BOULONS
Les poèmes pourront-ils encore pénétrer dans les écoles, lorsqu'on les aura toutes équipées de portiques de sécurité ?
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lundi, 01 juin 2009
JUIN
Voici juin, avec son armée d'hirondelles.
Un poème d'André LAUDE, pour l'inaugurer :
Juin n'est pas un maréchal
ça n'est qu'un modeste soldat
une deux trois !
qui ouvre toujours le bal
du club des vieilles filles de Bougival
Juin n'est pas un maréchal.
Almanach, La différence, 2008.
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dimanche, 31 mai 2009
Pas MANCHOT, le POÈTE
Un manchot du Groenland
allait répétant
"je ne suis pas si manchot que ça
je deviendrai un jour président
en France, en Italie, en Irlande
j'aurai képi et belles bottes
des cheveaux et des carrosses
et j'épouserai en secondes noces
la plus belle des manchotes"
André LAUDE, Animalphabet, La Différence, 2008.
L'intuition du poète...
Les bras m'en tombent.
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vendredi, 29 mai 2009
VIVE la POLICE !
Grâce aux récents (et attendus) aménagements effectués par Haut&Fort,
on peut lire ce texte en Trébuchet MS,
ma police préférée.
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jeudi, 28 mai 2009
QUAND J'ÉCRIS
Quand j'écris
Remonter la colonne des mots
Groupes d'antennes et de queues courtes
Sous les mots rien
Que ce papier extra song
Posé sur la table
Parquet
Ciment
Plus bas ce n'est qu'une cave sournoise
Sous laquelle tuyaux canalisations criblent
Tout un sous-sol qui lentement écrase
Des bouches dissoutes dans le noir du temps
Alain LANCE, Temps criblé, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000.
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mercredi, 27 mai 2009
DRÔLES de MOUTONS
LES MOUTONS
Je roule. Je traverse la liberté des choses
Soudain la route se lève mouvante et jaune
La marée des sonnailles m'engloutit
Je coule, n'offrant aucune résistance
Trois bergers, trois mulets sur les flots
me font signe de passer
J'accélère et m'enfonce dans la ville mitée
Désormais c'est là que je nourris ma famille
Jean PERRET, Au hasard de l'homme, Le Dé Bleu, 2003.
Ce poème porte comme sous-titre 1964, année de ma naissance, peu après que mes parents ont quitté, eux-aussi, la liberté des choses...
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mardi, 26 mai 2009
TOMBEAU de Jean PERRET
Revenons sur novembre que, d'un point de vue climatique, nous quittons tout juste:
Moi la Toussaint
les chrysanthèmes à la peau de putain
le ménage sur la tombe, je n'y comprends rien
tu n'y croyais pas
ça pue, si tu savais comme ça pue
leur cérémonial, les bonnes manières
et le repos des âmes
Jean PERRET, extrait de Bergeronnette insaisissable, Le Dé Bleu, 2003.
Toujours satisfaisant de rencontrer un auteur avec qui partager nos exécrations.
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