mardi, 13 mai 2008

AUTRE CHOSE

Les éditions Arfuyen publient un ouvrage proposant de lister les définitions possibles de la poésie.
Le titre est - soufflé par GUILLEVIC - "la poésie c'est autre chose".

On n'aurait su mieux dire...

dimanche, 11 mai 2008

Par DESSUS les HAIES

Maintenant que tous les balises y sont toutes posées, on peut entreprendre la virtuelle randonnée du Chemin des Poètes de Durcet, dans l'Orne. Le rendez-vous est ici: http://biloba.over-blog.com/

On y verra que, grâce à l'ami Jean-Claude TOUZEIL, et en dépit de l'humidité des sentiers, la poésie, comme les passereaux, s'affranchit des ornières et survole sans peine les haies bocagères.

vendredi, 09 mai 2008

IL n'y a QU'à ECRIRE

"Enfants, nous étions peintre, modeleur, botaniste, sculpteur, architecte, chasseur, explorateur. De tout cela qu’est-il devenu?
Il y a cependant un moyen, au centre même de la maturité, de retrouver ces possibilités perdues. [...] Ce moyen, c’est la littérature.
Il n’y a qu’à écrire l’œuvre peinte ; il n’y a qu’à écrire la statue.
La plume à la main - si seulement nous voulons être sincères - nous retrouvons tous les pouvoirs de la jeunesse, nous revivons ces pouvoirs comme ils étaient, dans leur naïve confiance, avec leurs joies rapides, schématiques, sûrs. Par le biais de l’imagination littéraire, tous les arts sont nôtres."

Gaston BACHELARD, joignant le geste à la parole (la beauté du geste au vin de la parole), a ainsi bâti son oeuvre, convoquant les quatre Eléments, les Arts, les Philosophes, au service d'une pensée simple et gratifiante, comme un carré de courgettes.

lundi, 28 avril 2008

STEAK BARBARE


La suggestion du jour: steak
Pour les végétariens: pastèque


vendredi, 25 avril 2008

PRINTEMPS LEVE-TOI BIEN VITE

Comme sous le clairon du forsythia
au pas de l'oie le printemps se radine

D'une même immodestie
un botaniste lui légua son patronyme


jeudi, 24 avril 2008

NOM de DIEU

Du dernier REDA:

"Chaque soir, aux grands arbres noirs, mon église assemblée
Accroche des fruits d’encre et, pour le Qui-n’a-pas-de-nom,
Broie et fait écumer sa diphtongue dans un vacarme."

On l'entendrait vibrer d'ici, ce murmure un peu sinistre.


mardi, 22 avril 2008

Il y a HOTESSE et HOTESSE

Maintenant que l'on a fait des caissières des hôtesses de caisse, je préconise que toutes les barrières se changent en hôtesses de bar!

dimanche, 20 avril 2008

La CHOUETTE et le MARIN

Selon Georges HENEIN, "écrire est une façon de veiller.
De veiller sur soi et de veiller tout court. A rêves déployés.
Une chance de rester pur. Ou moins impur".

Le retrait et l'acuité de la chouette.

Puis, la poésie "est vouée à la recherche inquiète et incessante de l'autre lieu, elle ne peut choisir pour halte ni pour demeure le centre de gravité d'un monde pareil à un énorme chantier."

L'exaltation de la terre inconnue, et le mépris de celle que déjà l'on travaille.


vendredi, 18 avril 2008

PASSE-MOI le POEME

"Le poète est celui qui fait briller le sel dans les mots".


(Henri HEURTEBISE)


dimanche, 06 avril 2008

EXTRAIRE des VERS

D'un poème d'Henri HEURTEBISE, à propos d'une activité de saison.


"J'ai travaillé au milieu des feuilles et de l'air. J'étais parfois lumineux.
J'ai pressé, j'ai tiré, j'ai recouvert de terre, aux prises avec la résistances des masses vertes et luisantes.
J'ai aimé ça."


Les poètes seraient-ils un peu bêcheurs?
Les mauvais, oui. Les autres préfèrent élaguer.


vendredi, 28 mars 2008

CIRCUM STARE



Ca dépend des circonstances
dit-on

Comme si se tenait autour
une bordée de cierges dressés
Comme si se tenait autour
un cortège d'anges gardiens
disposés à déplacer les montagnes
inverser le cours des fleuves



mardi, 25 mars 2008

Et VLAN sur le SLAM !



Bien apprécié d’entendre hier Jean-Pierre VERHEGGEN émettre les plus grandes réserves sur le talent poétique de nos rappeurs z’et slammeurs z’à la mode de maintenant.

On a beau se sentir sûr de son goût, il est bon de le savoir partagé par des poètes autrement exigeants.


mercredi, 19 mars 2008

BRAS en FILIGRANE


Arrière avant
De chemise en écharpe
d'honneur au ciel
à la force des croisés


dimanche, 16 mars 2008

Le SHALOM du LIVRE

Le SHALOM du LIVRE

C'est à Paris le Salon du Livre, dont l'invité principal est Israël, ce qui suscite le chahut habituel.

Ce qui l'est moins est le reproche qu'on y a entendu, fait à la communauté des écrivains israëliens: ces derniers se contenteraient de composer leurs petits romans intimistes, déliés de la vraie vie du pays, miné par la violence et l'intolérance.
Cela revient à contester à un auteur la liberté de choix de ses sujets et de leur traitement, et manifeste la plus grande incompréhension à l'égard de la matière artistique.
Quelle tristesse si le poète miséreux ne devait chanter que les contorsions de son estomac, et le peintre cancéreux tracer les contours de sa tumeur...

C'est au contraire la grandeur de l'art de s'abstraire du monde, non pour en remiser l'ordure, mais au contraire pour la combattre par sublimation.


samedi, 15 mars 2008

A TOMBE OUVERTE


d'un poème comment
tomber dans la vie

le mot tombe finira
par ne plus être un verbe


(Marcel MIGOZZI in Les Derniers Témoins)


jeudi, 13 mars 2008

MI-CHEVRE MI-CHOU



Lu dans Ouest-France de ce jour:
"le désenchouement de l'Artémis a échoué".

Ne serait-ce pas plutôt "déséchouement"?
Et par goût de l'assonance, on aurait pu ajouter qu'on est dans les choux, au pays des Chouans.
Pas chouette...

mercredi, 12 mars 2008

CHIEN ASSIS (ne craint pas le vent)


Le chien assis
fouetté par la bourrasque
se refuse à faire coucouche

mardi, 11 mars 2008

RHODODENDRONS

Encombrée
la demeure bourgeoise
de rhododendrons

Cependant le simple plantait des arbres roses

mardi, 26 février 2008

IVRESSE de l'EGAREMENT

Jules SUPERVIELLE écrit:

"Il m’arrive souvent de me dire que le poète est celui qui cherche sa pensée et redoute de la trouver.
La trouve-t-il qu’il pourrait bien cesser d’être un poète pour devenir un logicien, un prosateur, quelqu’un qui use d’abstractions pour s’exprimer."


Au contraire, il ajoute que son outil n'est pas l'abstraction, mais l'image.
Cette image le fait déboucher sur une autre, puis encore une autre, en chaîne, pour ne jamais tomber dans la pensée discursive.

jeudi, 21 février 2008

Le POETE, ULYSSE du QUOTIDIEN

De Roger LAHU :

« la poésie est une odyssée aléatoire
le poète doit se transformer en pourceau
entendre le chant – même faux –
de toutes les sirènes
-même folles- »



Non, la poésie n’est pas là pour faire joli!
Elle sert à dire le vrai, même absurde.

vendredi, 15 février 2008

ALLITERA...SION

Dans son Journal, en 1936, Julien GREEN notait:

"Jamais un poète d'Israël n'a résisté au plaisir de l'allitération; c'est pour lui une façon souveraine de traduire la colère, l'indignation, la joie ou la frayeur; d'une certaine manière, on pourrait dire que l'allitération est sa langue. Avec une virtuosité dont les meilleures traductions françaises ne peuvent donner une idée, il multiplie les sifflantes et met en jeu le registre grandiose des gutturales. C'est le souffle vigoureux de l'éternel qui passe dans cette langue..."

vendredi, 08 février 2008

MANIFESTE

A l'heure où se vend aux enchères le Manifeste Surréaliste de Breton, on peut s'amuser - mais non pour en tirer profit - à rédiger un Manifeste SUR DU VENT:

Pas de dogme stylistique
Pas de tic vestimentaire (ni de fume-cigarettes!)
Pas une dégoulinure de désespoir (mais pas d'espérance béate!)
Pas de jargon mystique
Droit imprescriptible à la Fantaisie
Pas une larme sans sa réplique de pirouette
Incessibilité des dettes à l'égard de la sincérité
Discrétion dans l'érudition
Plaisir à dire l'ordinaire

lundi, 04 février 2008

C'EST de l'HEBREU

Poète, Henri MESCHONNIC apporte un éclairage original sur la lecture de la Bible.
Les traductions les plus usuelles commettent toutes à ses yeux le même péché: passer la pensée hébraïque au laminoir de la philosophie grecque, et à la moulinette chrétienne.

Egalement philosophe, il recourt au concept d'essentialisme, écrasant selon lui les particularités du nominalisme hébraïque.
Un exemple: le grec "physis" (la vie) s'est substitué à l'hébreu "haïm" (les vivants).

Là où les Hébreux voient des manifestations, les Grecs et leurs héritiers pointent un principe.

dimanche, 03 février 2008

Un AUTRE MOI

Cherchant une anagramme pertinente à mes nom et prénom, je retiens celle-ci, qui me convient bien:

Chine
Grand hiver.

mardi, 22 janvier 2008

De TOUT BOIS

Le critique littéraire Marcel RAYMOND, pour qualifier le poème court, utilisait l'expression "délicate menuiserie".

Un matériau naturel, et quelques outils ancestraux, pour que les éléments qui frotteraient autrement, trouvent à s'épouser sans grincement... Tout est là, en effet.

samedi, 19 janvier 2008

TANTALE 2008

Avec janvier sont apparus des pannonceaux à l'entrée des cafés stipulant sobrement "interdiction de
fumer".
Voilà un problème réglé, et on espère à présent que les patrons de ces établissements n'attendront pas l'intervention du législateur pour nous épargner la nuisance que constitue le robinet à chansonnettes qui y dégoutte à perpétuité.

Savourant un 12 ans d'âge, LAURIE ne viendra plus le gâcher d'un parfum de limonade, et débarassé de Laurent VOULZY, on appréciera que le café ne sente plus le sirop de grenadine...

Si encore on nous servait du BREL pour accompagner la Gueuze!

lundi, 14 janvier 2008

VIVE LE VERS... LIBRE!

Tristan DEREME, à l'issue d'un de ses poèmes, fait intervenir en prose un M.DECALANDRE pour mettre en avant les mérites stylistiques de son créateur.
Outre l'équivoque du procédé - un personnage louant l'auteur à qui il doit son peu de vie -, on émettra des réserves sur son commentaire.

Ce M.DECALANDRE en effet conclut que le vers suppose la contrainte, d'une formule définitive: "il n'est pas de poésie sans une règle, et... l'expression vers-libre est synonyme de rond-carré".

Le siècle écoulé nous a heureusement débarassés de ces préjugés.
S'il est vrai que la contrainte peut être un moteur de la création littéraire, il faut admettre qu'elle n'est pas exclusivement stylistique, et qu'elle peut donc se révéler d'autre façon qu'en comptant sur ses doigts, ou en consultant un dictionnaire de rimes.

Le vers libre, comme la Liberté en elle-même pour le citoyen, ne détourne pas l'auteur de ses exigences artistiques, et n'en fait pas un libertaire sans scrupule.

mercredi, 09 janvier 2008

SUS au TEMPS!

Tristan DEREME, sur le poète:

« c'est un homme en rébellion contre le règne du temps, contre la brièveté de la vie -, et la gloire n'est pas autre chose que cette rébellion - si elle triomphe ».

mardi, 08 janvier 2008

Eloge de la CONTRE-RIME

Sur le modèle des contre-rimes, voici deux strophes extraites de Pipes, de Jean PELLERIN:

Aux étangs morts, l'automne las
Boit dans ses mains noircies...
La cloche abandonne son glas
Aux brumes épaissies

-

Le premier frisson du matin,
Une cloche qui tinte.
Le songe est mort. Le feu s'éteint.
La lampe s'est éteinte.

-

Les images sont évocatrices, mais il y manque un peu de la malice de son devancier, Paul-Jean TOULET, qui avait eu l'idée de décaler l'alternance des rimes de celle des octo-syllabes avec les hexa-syllabes.
Le chef de file des Fantaisistes ajoutait ainsi un balancement supplémentaire dans le rythme de ses quatrains, riche de... fantaisie!

Avril, dont l'odeur nous augure
Le renaissant plaisir,
Tu découvres de mon désir
La secrète figure.

vendredi, 04 janvier 2008

Le JOURNAL d'un CONDAMNE à ECRIRE

Dans ses Dernières Paroles du Poète, René DAUMAL tragédise sa vocation d'écrivain:

"Voici donc mon premier et mon dernier poème. Un mot à dire, simple comme d'ouvrir les yeux.
Mais ce mot me mange du ventre à la tête, je voudrais m'ouvrir du ventre à la tête et leur montrer le mot que je renferme".

mercredi, 02 janvier 2008

VOEUX pour une ANNEE de FANTAISIE

Le groupe des Poètes Fantaisistes n'a pas laissé grand trace en tant qu'école.
D'autant qu'ils n'ont guère rédigé de manifeste pour clarifier leurs conceptions. En contrepartie, ils ne pratiquaient pas l'excommunication, et c'est déjà beaucoup.

Tirons tout de même d'un écrit de Tristan KLINGSOR une invocation qui servira de début de piste:

"Ce n'est pas tant les songes que tu griffonnes
De tes capricieuses bizarreries
Que la vie humble où tu fleuris,
Tour à tour délicate et choisie
ou mirifiquement bouffonne,
O fantaisie."


"Sur du Vent" souhaite à ses lecteurs une année 2008 tour à tour humble, délicate et choisie, ou mirifiquement bouffonne.

mardi, 01 janvier 2008

Le POEME et le VRAI

Franchissons l'année avec René DAUMAL:

"Dans un vrai poème, les mots portent leurs choses".


D'autres ont même prétendu qu'ils avaient la vertu de les créer.

dimanche, 30 décembre 2007

Le SENS CRIE

Traduit d'un texte sanskrit ancien par René DAUMAL, on lit que la nature essentielle de la poésie "est le son et le sens unis, sans fautes, doués de vertus, avec ou même parfois sans ornements"?

Cette dernière précision nous rappelle utilement que le poème n'est pas là pour faire joli.

dimanche, 16 décembre 2007

Le NOMBRE d'OR

Pourquoi l'alternance de l'alexandrin et de l'heptasyllabe, du 12 et du 7, fonctionnent-ils si souvent, dans la meilleure harmonie?
Carré magique? Pentacle? Nombre d'or? Hiéroglyphe maçonnique?

D'André FRENAUD, dans "Nul ne s'égare":


Rabattant toutes les clenches et les parois
la nuit se tenait chez elle.

vendredi, 14 décembre 2007

SEMPE et l'INFINI

Noël approche, et SEMPE publie un nouvel album.

Sur l'un des dessins qu'il contient, on voit un mathématicien, minuscule devant l'immensité de tableaux sur lesquels il a tracé à la craie des calculs et des formules qu'on devine très complexes.
En un recoin de son immense bureau, aménagé en kitchenette, il se fait cuire un oeuf.

SEMPE recourt à une bonne vieille technique de la poésie extrême-orientale.

Il fait voisiner l'infini et le minuscule, l'éternel et l'éphémère, le grand et le mesquin, l'esprit et l'estomac.

D'un côté, la science et l'intelligence, et l'espoir qu'elles font naître quand on les mettra en application pratique.
De l'autre, la craie, la faim, et l'oeuf au plat.

vendredi, 07 décembre 2007

OR en FILIGRANE

Fin du Rhin
Massif blanc
en barre
plaqué

Le silence est d'étalon

jeudi, 06 décembre 2007

NEUF en FILIGRANE

Au gui l'an de trèfle
quoi de flambant?

Poser un regard comme un sou de coeur

vendredi, 30 novembre 2007

POESIE FUGITIVE

"La grande poésie peut être nécessairement actuelle, de circonstances... elle peut donc être fugitive."

Robert DESNOS, Réflexions sur la Poésie, 1944.


Le lecteur, le poète peuvent la laisser s'enfouir.

mercredi, 28 novembre 2007

PROSPECTUS

En 1919, Robert DESNOS publiait Prospectus, un recueil de poèmes fait du recyclage de formules publicitaires, ou d'inscriptions entr'aperçues dans la rue: "cuisine bourgeoise", "il faut laisser des arrhes", "entrez sans frapper"...

Détournant l'une de ces formules, il conclut ainsi un poème:

A la porte d'un hôtel meublé
un écriteau était collé:
ICI ON PEUT APPORTER SON AMOUR.

dimanche, 25 novembre 2007

Sans QUEUE ni TÊTE

Le prénom LOUIS serait dérivé de CLOVIS.
En effet, il proviendrait de la troncation par les premiers rois Louis du C initial: CLOVIS - C = LOVIS = LOUIS (CQFD). Cette opération linguistique traduisait leur déférence vis à vis de leur illustre prédécesseur.
Il est à noter que la papes dénommés PIE ont usé du même stratagème, par égard pour le saint fondateur de l'Eglise, PIERRE.

On remarque alors avec stupeur que les rois s'amputent volontiers par la tête, tandis que les papes se délestent plus facilement de leur queue.