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Sur du vent

  • Emmanuel HOCQUARD et les MOTS

    froid,vert,céramique,

     

    ...

    Nous avons tout ce temps pour nous.

    Tout le temps de peser nos phrases, car la venue du froid

    n'est pas en elle-même un événement.

    Les anciens mots conviennent aux situations nouvelles

    et les vieux commentaires nous serviront bien encore cet hiver.

    User des mêmes mots sera notre manière

    de nous taire sans avoir l'air de laisser mourir

    la conversation.

    ...

     

    Emmanuel HOCQUARD, Les élégies, POL, 1990

     

     

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  • OUI

    euphorbes,

     

    Ce ne serait que trois voyelles 

    vibrantes au bas d'un mur d'avril

    devant la force d'un pissenlit

    ou aux confins d'une pommette

    pour l'effluve d'un regard tangeant

    Et encore en mille autres lieux 

    comme autrefois de Liberté

    on écrivit le nom

     
     

    Trois voyelles

    qui boudent des lèvres trop sèches

    méprisent les palais inutiles

    et toute la peine de leurs pierres

     
     

    Trois voyelles entrevues

    où personne jamais n'écrirait

    ni prénom ni idéal

    mais où l'on goûte enfin

    toute enfance ressouvenue

    à la chair du monde

     
     

    Trois voyelles qui diraient simplement

    d'un souffle

    oui

     

     

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  • ARAIGNÉE

    seringamatin,

     

    travail

    de nuit

     

    silence

    de l'aube

     

    l'horloge

    muette

    de l'araignée

     

     

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  • MES AFFAIRES

    île,cité,pont,seine,

     

    Préférant cheminer débobinant le fil infini des circonvolutions de rêveries nébuleuses ou de corvées inventées, je tourne tout autour, pour ne pas les voir, et surtout ne pas m'en occuper, de quoi ? de mes affaires, celles qui se comptent en temps et en argent, espèces sonnantes aux oreilles les plus nombreuses. À demain toujours remises, elles sont le prix pour le pain quotidien d'une quiétude, sucrée d'autres intranquillités.

    Ne pas m'occuper de mes affaires.

     

     

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  • Le POÈME selon Alejandra PIZARNIK

    porte,grenier,,

     

    ...

    Si seulement je pouvais ne vivre qu'en extase, façonnant le corps du poème avec mon corps, rachetant chaque phrase avec mes jours et mes semaines, insufflant dans le poème mon souffle alors que chaque lettre de chaque mot a été immolée dans les cérémonies du vivre.

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Silvia Baron Supervielle, 2005

     

     

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  • DANSE

    bug,

     

    hasard des bruits

    et des mouvements

     

    volonté du son

    et du geste

     

    danse

    du hasard

    et de la volonté

     

     

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  • Alejandra PIZARNIK dans l'ABANDON

    pierre,blanc,

     

    Un abandon en suspens.

    Nul n'est visible sur terre.

    Seule la musique du sang

    assure résidence

    dans un lieu si ouvert.

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Claude Couffon, 2005

     

     

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  • SILHOUETTE

    dindon,oiseau,céramique,

     

    contre-jour

    silence

     

    silhouette

    que l'oiseau

     

    et les ailes

    et la tête

     

     

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