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Sur du vent - Page 2

  • RUSE

    noir,blanc,marbre,

     

    La nuit me détisse

    efface mes muscles

    à ma proue embrume la figure

    rabaisse jusque dans la vase le menton

    au rivage d'inutiles colonnes

     

    réponse de ma ruse aux assauts des journées

    qui prétendent bander mes fibres

    et sectionnent mes tendons

    resserrent mes cellules

    à les geler d'immédiat

     

    La nuit me déprend

    me libère du bruit

    des roues, de leurs dents, de leurs chaînes

    de tout l'affolement circulaire

    des aiguilles

     

     

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  • AILES

    été,feuilles,

     

    mieux que la mer

    dans le coquillage

     

    les ailes du papillon

    dans le silence

     

     

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  • DURER selon Antoine ÉMAZ

    pcorveille,papiers,

     

    Durer. Il faut une patience d'ange pour mâcher un mot, absorber complètement une couleur. Le plus souvent, on a lu, on a vu. Trop peu patients, occupés, devenus incapables de lourdeur, de lenteur vive, d'épaisseur.

    Mots alignés sombres sur la page, colonnes de bêtes chenillant et laissant derrière elles quelle bave qui brille ?

     

    Antoine ÉMAZ, Sable, Tarabuste, 1996

     

     

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  • MARIMBAS

    couleurs,spectre,

     

    six marimbas

    percutées

     

    clou

    enfoncé

     

     

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  • EFFORT

    métal,croisillons,

     

    Un jour décidai que m'accrocherai, cœur vaillant manière de mollusque, sans que m'intimide l'ardeur de la tâche quelle qu'elle soit pourvu que gratuite, et comme telle vivrière suffisamment. Un goût ni sonnant ni trébuchant pour l'effort m'ouvrirait les labyrinthes de la pensée et de l'art, taillant impréparé dans les mots, sons et images, dans leurs noeuds et dans toute leur touffeur.

    Un goût pour l'effort.

     

     

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  • Le VERS selon Gisèle PRASSINOS

    bouleau,écorce,

     

    Vers

     

    Noirs sur la blancheur rigide

    l'air entre eux de ne pas se voir

    mais chacun sur son rail, ailé de mêmes écarts

    et selon, perdant le souffle avant le vide.

     

    À suivre ces chemins je sens bouger mes cordes.

    À remuer leurs pierres

    à découvrir leurs liens sous terre

    mes lèvres les halant

    à ranimer les ondes au linceul du livre

    je suis

    je renais double

    à ma gorge un jumeau

    un tuteur à mon sang.

     

    Gisèle PRASSINOS, Pour l'arrière saison, Belfond, 1979

     

     

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  • INTÉRIEUR

    carrelage,cuisine,

     

    Partant au matin je jalouse ces fenêtres qui resteront allumées recelant peut-être quelque vie intérieure, d'homme d'intérieur nourri de l'intensité de l'ampoule, vibrante de n'être pas happée par ce dehors laborieux peinant à trancher le brouillard. Demeurant, j'habiterais comme m'habiterait la foudre intime d'un filament, à capter pour la tordre à l'équerre de ma poésie.

    En homme d'intérieur.

     

     

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  • La VIEILLE selon Gisèle PRASSINOS

    tissus,

     

    La vieille

     

    Qui lui a soutiré sa charpente

    l'a réveillée bourre

    aux milliers de dents ?

     

    Lever le doigt est une aventure.

    Penser

    fore en ce corps étrange

    le lit d'une rivière sans eau.

     

    Petit visage

    vieux visage où le vent

    a rivé ses griffes

    qui a aiguisé ta charpente ?

     

    Petit visage

    seuil dès l'aube

    où la mort arpente.

     

    Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

     

     

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