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Littérature

  • André BRETON en ANALOGIQUE

    points,

     

    Je n'ai jamais éprouvé le plaisir intellectuel que sur le plan analogique. Pour moi la seule évidence au monde est commandée par le rapport spontané, extra-lucide, insolent qui s'établit, dans certaines conditions, entre telle chose et telle autre, que le sens commun retiendrait de confronter.

     

    André BRETON, Signe ascendant, Gallimard, 1949

     

     

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  • La LETTRE selon José BERGAMÍN

    pied,lettre,

     

    Au pied de la lettre meurt toujours l'esprit crucifié.

     

    José BERGAMÍN, cité par Jean-Baptiste PARA, préface à Odes dérisoires, Poésie-Gallimard, 2015

     

     

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  • Roland BARTHES, PLAISIR et JOUISSANCE

    tissé,texte,

     

    Texte de plaisir : celui qui contente, emplit, donne de l'euphorie ; celui qui vient de la culture, ne rompt pas avec elle, est lié à une pratique confortable de la lecture. Texte de jouissance : celui qui met en état de perte, celui qui déconforte (peut-être jusqu'à un certain ennui), fait vaciller les assises historiques, culturelles, psychologiques, du lecteur, la consistance de ses goûts, de ses valeurs et de ses souvenirs, met en crise son rapport au langage.

     

    Roland BARTHES, Le plaisir du texte, Seuil, 1973

     

     

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  • Roland BARTHES et la VOYELLE

    voyelle,e,grecs,

     

    Qui saura explorer l'incroyable promotion dont les Grecs ont gratifié la voyelle ? Toutes les écritures du Moyen-Orient sont consonantiques : elles impliquent une architecture de la langue fondée quasi anatomiquement sur l'ossature des sons, un sémantisme radical qui permet de "deviner" le mot à travers la simple projection de son essence familiale. Avec les Grecs, semble-t-il, on passe à un autre corps ; ce n'est plus le corps osseux, fondamental, et, si l'on peut dire, le corps "bruité" (les consonnes ne sont que des "bruits"), c'est le corps charnu, muqueux, liquide, le corps musical.

     

    Roland BARTHES, Variations sur l'écriture, Seuil, 1994

     

     

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  • La PHILOSOPHIE selon Fernando PESSOA

    masque,galets,

     

    Et cet homme qui, un bref instant, voit l'univers tout nu, énonce alors une philosophie, ou chante une religion ; et on écoute la philosophie, la religion retentit ; et ceux qui croient à cette philosophie en viennent à l'utiliser comme un vêtement qu'ils ne voient même plus, et ceux qui croient en cette religion en viennent à la porter comme un masque oublié bientôt.

     

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

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  • Fernando PESSOA et l'INUTILE

    route,

     

    Pourquoi l'art est-il beau ? Parce qu'il est inutile. Pourquoi la vie est-elle si laide ? Parce qu'elle est un tissu de buts, de desseins et d'intentions. Tous ses chemins sont tracés pour aller d'un point à un autre. Je donnerais beaucoup pour un chemin conduisant d'un lieu d'où personne ne vient, vers un lieu où personne ne va. Que j'aimerais consacrer ma vie à la construction d'une route commençant en plein milieu d'un champ, et allant se perdre au beau milieu d'un autre ; une route qui, prolongée, aurait son utilité, mais qui resterait à jamais, sublime, une moitié de route.

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

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  • Albert COHEN et les GOÛTS

    couple,séduction,

     

    Alors, la babouine émerveillée s'approche en remuant le derrière, elles tiennent toutes, même les vertueuses, à beaucoup le montrer, d'où jupes étroites, et elle demande timidement au babouin, les yeux chastement baissés Aimez-vous Bach ? Naturellement, il déteste Bach, ce robot sans cɶur et géomètre mécanique à développements, mais pour se faire bien voir et montrer qu'il a une belle âme et qu'il est d'un milieu babouin distingué, le malheureux est bien obligé de dire qu'il adore cet embêteur et sa musique pour scieurs de long. Vous êtes choquée ? Moi aussi. Alors, les yeux toujours baissés, la babouine dit d'une voix douce et pénétrée Bach nous rapproche de Dieu, n'est-ce pas ? Comme je suis heureuse que nous ayons les mêmes goûts. Ça commence toujours par les goûts communs. Oui, Bach, Mozart, Dieu, elles commencent toujours par ça. Ça fait conversation honnête, alibi moral. Et quinze jours plus tard, trapèze volant dans le lit.

     

    Albert COHEN, Belle du Seigneur, Gallimard, 1968

     

     

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  • Le MARIAGE selon Albert COHEN

    nu,jambes,femme,

     

    Puis il pensa à Ariane. Eh oui, il était le mari d'une belle femme, il avait le droit de la toucher partout, la poitrine, le bas du dos, comme il voulait, quand il voulait. Une belle femme rien que pour lui. Vraiment, ça avait du bon, le mariage. Oui, ce soir, sans faute.

     

    Albert COHEN, Belle du Seigneur, Gallimard, 1968

     

     

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