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Littérature

  • Les CAHIERS de BROUILLON selon Régine DETAMBEL

    visage,terre cuite,

     

    Les Cahiers de brouillon sont des œuvres précaires. Si les réglures sont respectées, le support, lui, n'est pas loin du torchon. La page agrafée est brune, épaisse, écrue, avec des fils rouges ou bleus pris dans sa trame, des morceaux d'écorce marron, tout y est inclus. C'est un Cahier de bure.

     

    Régine DETAMBEL, Graveurs d'enfance, Bourgois, 1993

     

     

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  • L'AGRAFE selon Régine DETAMBEL

    plante,ombre,

     

    Une agrafe vierge est un rectangle auquel manquerait un grand côté ou bien, en gros, un arceau de croquet. Une agrafe usagée est une patte d'araignée recroquevillée.

     

    Régine DETAMBEL, Graveurs d'enfance, Bourgois, 1993

     

     

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  • La TRADUCTION selon Valery LARBAUD

    chiffres,tableau,

     

    Tout le travail de la traduction est une pesée de mots. Dans l'un des plateaux nous déposons l'un après l'autre les mots de l'auteur et dans l'autre nous essayons tour à tour un nombre indéterminé de mots appartenant à la langue dans laquelle nous traduisons cet auteur et nous attendons l'instant où les deux plateaux seront en équilibre.

     

    Valery LARBAUD

     

     

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  • Fernando PESSOA en OISEAU

    oiseau,rouge,bec,

     

    Plutôt le vol de l’oiseau qui passe sans laisser de trace,
    que le passage de l’animal, dont l’empreinte reste sur le sol.
    L’oiseau passe et oublie, et c’est ainsi qu’il doit en être.
    L’animal, là où il a cessé d’être et qui, partant, ne sert à rien,
    montre qu’il y fut naguère, ce qui ne sert à rien non plus.

    Le souvenir est une trahison envers la Nature,
    Parce que la Nature d’hier n’est pas la Nature.
    Ce qui fut n’est rien, et se souvenir c’est ne pas voir.

    Passe, oiseau, passe, et apprends-moi à passer!

     

    Fernando PESSOA, Le gardeur de troupeau, 1914, Je ne suis personne, Bourgois, 1994

     

     

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  • La LANGUE selon les PROVERBES

    rouge,langue,fruit,

     

    La mort et la vie sont dans la main de la langue, et qui l'aime mangera de son fruit.

     

    Proverbes, 18, 21

     

     

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  • Le FRUIT de la BOUCHE

    oiseau,bleu,bec,

     

    Du fruit de sa bouche, chacun comble son ventre, de la moisson de ses lèvres il se comble.

     

    Proverbes, 18, 20

     

     

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  • Roland BARTHES se DÉPOUILLE

    Roland BARTHES,amitié,désir,

     

    Voici venu le temps où notre amitié se dépouille complètement, c'est-à-dire devient quelque chose d'indicible, je dirais presque d'animal. Car il n'y entre plus seulement le goût de partager des idées et des expériences, il y entre réellement le désir de se retrouver corporellement, en dehors de ce que nous pourrons nous dire ou ne pas nous dire d'intéressant. Le désir de se dire côte à côte beaucoup de choses inutiles, autour des essentielles.

     

    Roland BARTHES, L'expérience, Le corps de l'Autre, France Culture, 2021

     

     

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  • Paul RICŒUR PENSE le LANGAGE

    sourire,femme,langage,

     

    ... avant la création de la femme, le langage est bien là, mais comme "langue", comme simple répertoire de mots-étiquettes assignés aux autres vivants ; c'est seulement avec la femme que le langage naît pour de bon comme "parole", plus précisément comme phrase peuplée de déictiques...

    Il fallait la femme pour que la première parole articulée de l'homme fût d'admiration. Mais la naissance de la parole, contemporaine de celle de la femme, est-elle pour autant celle d'un poème ? Non, pas tout à fait, car, à la parole dirigée de l'homme vers la femme, seul le Cantique ajoute la réciprocité d'une parole échangée entre deux amants égaux dans l'admiration mutuelle, voire... une réciprocité dont l'initiative revient à la femme.

     

    Paul RICŒUR, Penser la Bible, Seuil, 1998

     

     

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