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Littérature

  • Fernando PESSOA et l'INUTILE

    route,

     

    Pourquoi l'art est-il beau ? Parce qu'il est inutile. Pourquoi la vie est-elle si laide ? Parce qu'elle est un tissu de buts, de desseins et d'intentions. Tous ses chemins sont tracés pour aller d'un point à un autre. Je donnerais beaucoup pour un chemin conduisant d'un lieu d'où personne ne vient, vers un lieu où personne ne va. Que j'aimerais consacrer ma vie à la construction d'une route commençant en plein milieu d'un champ, et allant se perdre au beau milieu d'un autre ; une route qui, prolongée, aurait son utilité, mais qui resterait à jamais, sublime, une moitié de route.

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

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  • Albert COHEN et les GOÛTS

    couple,séduction,

     

    Alors, la babouine émerveillée s'approche en remuant le derrière, elles tiennent toutes, même les vertueuses, à beaucoup le montrer, d'où jupes étroites, et elle demande timidement au babouin, les yeux chastement baissés Aimez-vous Bach ? Naturellement, il déteste Bach, ce robot sans cɶur et géomètre mécanique à développements, mais pour se faire bien voir et montrer qu'il a une belle âme et qu'il est d'un milieu babouin distingué, le malheureux est bien obligé de dire qu'il adore cet embêteur et sa musique pour scieurs de long. Vous êtes choquée ? Moi aussi. Alors, les yeux toujours baissés, la babouine dit d'une voix douce et pénétrée Bach nous rapproche de Dieu, n'est-ce pas ? Comme je suis heureuse que nous ayons les mêms goûts. Ça commence toujours par les goûts communs. Oui, Bach, Mozart, Dieu, elles commencent toujours par ça. Ça fait conversation honnête, alibi moral. Et quinze jours plus tard, trapèze volant dans le lit.

     

    Albert COHEN, Belle du Seigneur, Gallimard, 1968

     

     

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  • Le MARIAGE selon Albert COHEN

    nu,jambes,femme,

     

    Puis il pensa à Ariane. Eh oui, il était le mari d'une belle femme, il avait le droit de la toucher partout, la poitrine, le bas du dos, comme il voulait, quand il voulait. Une belle femme rien que pour lui. Vraiment, ça avait du bon, le mariage. Oui, ce soir, sans faute.

     

    Albert COHEN, Belle du Seigneur, Gallimard, 1968

     

     

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  • L'ART selon Fernando PESSOA

    carrelage,joints,

     

    L'art consiste à faire éprouver aux autres ce que nous éprouvons, à les libérer d'eux-mêmes, en leur proposant notre personnalité comme libération particulière.

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

     

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  • GRAND selon Fernando PESSOA

    ville,sable,

     

    ... parce que son village est tout petit, on peut voir davantage de l'univers que depuis la ville ; c'est en quoi le village est plus grand que la ville :

    "Parce que j'ai la dimension de ce que je vois,

    Et non pas celle de ma taille."

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

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  • La LIBERTÉ selon Fernando PESSOA

    ombre,croix,

     

    Dans le poulailler qu'il ne quittera que pour mourir, le coq chante des hymnes à la liberté parce qu'on lui a donné deux perchoirs.

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

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  • Fernando PESSOA et l'ÉCRIT

    écrit,way,tramway,

     

    Si ce que je laisse écrit sur le livre des voyageurs peut, relu quelque jour par d'autres que moi, les distraire eux aussi durant leur séjour, ce sera bien. S'ils ne le lisent pas, ou n'y trouvent aucun plaisir, ce sera bien également.

     

    Fernando PESSOA, Le livre de l'intranquillité, Trad. Fr.Laye, Bourgois, 1999

     

     

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  • Albert COHEN : DENT POUR DENT

    rouge,céramique,manque,

     

    Je t'aime autrefois, maintenant et toujours, et toujours ce sera maintenant, disait-elle. Mais si deux dents de devant m'avaient manqué la nuit du Ritz, deux misérables osselets, serait-elle là, sous moi, religieuse ? Deux osselets de trois grammes chacun, donc six grammes, pensait-il, penché sur elle et la maniant, l'adorant.

     

    Albert COHEN, Belle du Seigneur, Gallimard, 1968

     

     

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