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Poésie

  • La LUNE selon Gisèle PRASSINOS

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    La nuit des chimères 2020, Le Mans

     

    Lune sans sel

    que chaque nuit défigure

    ou déporte le temps.

    Forteresse et colombe

    marbre évanescent

     

    la terre est invisible.

    Pour y croire

    se connaître vivant

    il n'y a que ton œil

    même occlu, en exil

    où dormir s'amarre.

     

    Gisèle PRASSINOS, Pour l'arrière saison, Belfond, 1979

     

     

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  • L'ŒIL de Gisèle PRASSINOS

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    Chaque jour

    la vie se pose

    sur l'œil qui s'ouvre.

     

                                        Perle en liberté

                                        il faut la prendre au filet

                                        courir

    même sans appétit

    avec les os froids du matin.

     

    Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

     

     

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  • Gisèle PRASSINOS encore dans le SOIR

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    Le soleil claironne l'approche du soir

    embrase la barbe des nuées.

    Encore un jour laissé

    de l'autre côté du temps.

     

    Qui ne le sait ?

     

    Seul le lilas étourdi

    écoute la mort des abeilles sans pâlir

     

    Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

     

     

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  • César VALLEJO et la CONSCIENCE

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    ...

    Aujourd'hui je tâte mon menton en fuite

    et dans ces pantalons éphémères je me dis :

    Tant de vie et jamais !

    Tant d'années et toujours mes semaines !...

    Mes parents enterrés sous leur dalle

    et leur triste raidissement qui n'en finit pas ;

    des frères, mes frères et leur portrait en pied,

    et moi-même, enfin, debout et en gilet.

    ...

     

    César VALLEJO, Poèmes humains, 1923-37, Seuil (trad. Fr.Maspero, 2011)

     

     

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  • Gisèle PRASSINOS dans le SOIR

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    Guy LIMONE, Jeux de balles, jeux de ballons, Musée de Tessé, 2020.

     

    Ne va pas si droit si vite si sûr

    la terre t'oubliera.

    Il n'y a rien dans le soir

    où tu cours déposer ta fatigue

    montrer la civière de tes bras.

    ...

     

    Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

     

     

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  • César VALLEJO et la CONSCIENCE

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    Combien de temps a duré l'anesthésie, comme la nomment les hommes ? Science de Dieu, Théodicée ! Si je dois vivre dans de telles conditions, totalement anesthésié, ma sensibilité retournée comme un gant, ah, docteurs des sels, hommes des essences, habitués de l'élémentaire, je demande qu'on me laisse avec la tumeur de ma conscience, avec la lèpre à vif de mes sens, quoiqu'il puisse m'en coûter, y compris ma mort ! Laissez-moi avoir mal, si vous voulez, mais laissez-moi éveillé, avec tout l'univers présent, même pour le pire, dans ma température explosée.

     

    César VALLEJO, Poèmes humains, 1923-37, Seuil (trad. Fr.Maspero, 2011)

     

     

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  • Thierry LE PENNEC et la PEAU

    peau,fesses,

     

    presque totale obscurité la forme

    de son visage tenu le fouet

    des cheveux tressés elle sort

    de la douche se sèche

    étendue dans la nuit des jours les plus longs

    ceux du foin des légers coups de tiges

    sur la peau les frissons font venir

        l'envie de se mettre sur le côté

    de l'homme l'ourlet des fesses bien contre lui.

     

    Thierry LE PENNEC, Un pays très près du ciel, Le dé bleu, 2005

     

     

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  • Isabelle PINÇON et les STATUES

    céramique,terre,

     

    Je partirai d'un bloc de terre, j'aurai les mains sales, mouillées, je me passerai un doigt sur la figure au pourtour des yeux inondables, je partirai d'un bloc de pierre, j'enlèverai des morceaux au hasard, je creuserai des tunnels, un angle, trois soupirs. Je rejoindrai un centre approximatif, mes mains dans le seau boueux, en pleine matière.

    Je partirai de l'homme et curieusement tout deviendra facile.

     

    Isabelle PINÇON, C'est curieux, Cheyne, 1995

     

     

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