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Poésie

  • Emmanuel HOCQUARD et les MOTS

    froid,vert,céramique,

     

    ...

    Nous avons tout ce temps pour nous.

    Tout le temps de peser nos phrases, car la venue du froid

    n'est pas en elle-même un événement.

    Les anciens mots conviennent aux situations nouvelles

    et les vieux commentaires nous serviront bien encore cet hiver.

    User des mêmes mots sera notre manière

    de nous taire sans avoir l'air de laisser mourir

    la conversation.

    ...

     

    Emmanuel HOCQUARD, Les élégies, POL, 1990

     

     

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  • Le POÈME selon Alejandra PIZARNIK

    porte,grenier,,

     

    ...

    Si seulement je pouvais ne vivre qu'en extase, façonnant le corps du poème avec mon corps, rachetant chaque phrase avec mes jours et mes semaines, insufflant dans le poème mon souffle alors que chaque lettre de chaque mot a été immolée dans les cérémonies du vivre.

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Silvia Baron Supervielle, 2005

     

     

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  • Alejandra PIZARNIK dans l'ABANDON

    pierre,blanc,

     

    Un abandon en suspens.

    Nul n'est visible sur terre.

    Seule la musique du sang

    assure résidence

    dans un lieu si ouvert.

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Claude Couffon, 2005

     

     

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  • Le VISAGE selon Alejandra PIZARNIK

    terre cuite,visage,enfant,

     

    Couvre le souvenir de ton visage avec le masque de celle que tu seras et effraie l'enfant que tu as été.

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Claude Couffon, 2005

     

     

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  • Alejandra PIZARNIK en BÂTEAU

    terre cuite,femme,

     

    expliquer avec des mots de ce monde

    qu'un bâteau est parti de moi en m'emportant

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Claude Couffon, 2005

     

     

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  • Gherasim LUCA et le NU

    sommeil,nu,cygne,

     

    ...

    entre le temps de tes tempes et l'espace de ton esprit

    entre la fronde de ton front et les pierres de tes paupières

    entre le bas de tes bras et le haut de tes os

    entre le do de ton dos et le la de ta langue

    entre les raies de ta rétine et le riz de ton iris

    entre le thé de ta tête et les verres de tes vertèbres

    entre le vent de ton ventre et les nuages de ton nu

    entre le nu de ta nuque et la vue de ta vulve

    entre la scie de tes cils et le bois de tes doigts

    ...

     

    Gherasim LUCA, Héros-limite, Le soleil noir, 1953

     

     

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  • Alejandra PIZARNIK en ANGE

    terre cuite,ange,

     

    Cette manie de me savoir un ange,

    sans âge,

    sans mort où me vivre,

    sans piété pour mon nom

    ni pour mes os qui pleurent à la dérive.

    ...

     

    Alejandra PIZARNIK, Œuvre poétique, Actes Sud, trad. Silvia Baron Supervielle, 2005

     

     

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  • Le GOUVERNEMENT selon Anat ZECHARIA

    oiseau,huppe,crête,

     

    Monsieur le chef du gouvernement

     

    Monsieur le chef du gouvernement,

    je médite sur les sous-tasses,

    sur l'arrangement des fleurs, sur la lumière des bougies parfumées,

    sur les couteaux scintillants,

    sur les nappes propres tendues sur la table

    sur la glace à la pistache que vous aimez tant

    (goût précieux et inconnu partout ailleurs)

    sur le sorbet aux fruits de saison

    qu'aime votre femme

    fraises aujourd'hui, citron à l'été

    la vanille pour les enfants.

    Monsieur le chef du gouvernement,

    vous devez être fier de votre pays

    quand vous le regardez de vos yeux clos.

    Oubliez toute trace de destruction et de feu

    vouloir vivre sur le fil ce n'est pas contestable

    rien à craindre de cela.

    Et l'occupation est comme élémentaire

    regardez comme sont belles les plantes grimpant sur le balcon

    agrippées à la grille.

    Et cela nous donne aussi une raison de nous tenir des années durant au carrefour

    et chanter.

    Monsieur le chef du gouvernement,

    peu importe comme on passe

    comme on se sent

    comme on se bat

    comme on chute, comme on prie

    combien on nous promet de victoires par KO

    comment on revient à la vie.

    Quelqu’un a dit : le Mont du Temple est à nous

    le Mont du Temple est à nous, toujours,

    et un autre a répondu : beau travail, beau travail

    (les armes silencieuses)

    nous léguant le futur

    nous laissant la tête dans le ciel

    le corps dans des encoches, dans les fissures,

    restant ainsi des années, des années.

    Monsieur le chef du gouvernement,

    salut

    et quand vous quitterez votre résidence

    enfilez un pull ou au moins nouez-le à votre cou.

     

    Anat ZECHARIA, traduit de Lyrikline

     

     

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