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Poésie

  • Isabelle PINÇON et les STATUES

    céramique,terre,

     

    Je partirai d'un bloc de terre, j'aurai les mains sales, mouillées, je me passerai un doigt sur la figure au pourtour des yeux inondables, je partirai d'un bloc de pierre, j'enlèverai des morceaux au hasard, je creuserai des tunnels, un angle, trois soupirs. Je rejoindrai un centre approximatif, mes mains dans le seau boueux, en pleine matière.

    Je partirai de l'homme et curieusement tout deviendra facile.

     

    Isabelle PINÇON, C'est curieux, Cheyne, 1995

     

     

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  • Ludovic JANVIER la NUIT

    tissu,noir,blanc,

     

    Est-ce le jour que tu dors debout

    à raconter des histoires qui rôdent

    en compagnie de l'impossible à dire

    alors que la nuit sans pouvoir oublier

    paralysé par le trop tard

    tu sues d'angoisse en égrenant les heurs

    qui fabriquent le temps perdu

     

    en attendant que la clarté se fasse

    en attendant d'être avec les mots

    au pays du jour qui se lève

    en attendant la note juste

    en attendant

     

    Ludovic JANVIER, Une poignée de monde, Gallimard, 2006

     

     

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  • Thierry LE PENNEC et le COBRA

    serpent,venin,

     

    cette nuit elle fut

    cobra dressé

    sur un panier de fesses

    la langue dardant

    une danse les étoiles

    jusqu'au bout des nerfs

    irisés la décharge

    comme des crocs le venin

    vital.

     

    Thierry LE PENNEC, Un pays très près du ciel, Le dé bleu, 2005

     

     

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  • L'ART selon ANDRÉ SALMON

    peindre,art,main,

     

    L'art, c'est la pierre un jour jaillie

    D'un bloc de feu

    Qui ne tombe jamais, qui jamais ne se fixe, froide et qui s'irradie,

    Si tu crois la saisir au compas de tes yeux.

    Alors, tes yeux seront la pierre

    Froide jusqu'à ce que d'autres yeux

    La saisissent pour mieux protéger l'infini de sa course.

     

    André SALMON, Peindre, 1921

     

     

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  • Ludovic JANVIER MARCHE

    pierres,marche,

     

    Accompagné par le ciel en marche

    les cheveux couchés dans le lit du vent

    la rivière lente à longer mes phrases

    un tracteur peinant dans ma direction

    le bois qui me lance tous ses oiseaux

    les mots qui me traînent ombre lente

    le moment bouge avec moi

     

    Ludovic JANVIER, Une poignée de monde, Gallimard, 2006

     

     

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  • Thierry Le PENNEC et les HARICOTS

    panier,osier,

     

    et grandes maisons fraîches

    de pierre où l'on protège

        bronzages d'épaules de jambes

        laissant derrière soi

    tremblement d'herbes jaunes, roses montantes, allées, insectes, dans les mains ce ramassage de haricots qu'on pose en bout de table, soleil vert soudain étale en attendant l'équeutage, à plusieurs.

     

    Thierry Le PENNEC, Un pays très près du ciel, Le dé bleu, 2005

     

     

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  • Isabelle PINÇON et les STATUES

    sculpture,statue,bronze,

     

    À trop vouloir démonter les statues, on tombe sur des cœurs qui bougent à peine.

    On devrait suivre le bonheur de plus près et ne retenir du monde que ses grands titres.

     

    Isabelle PINÇON, C'est curieux, Cheyne, 1995

     

     

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  • Thierry Le PENNEC et la DANSE

    ombres,danse,courbes,

     

    la fille la mienne je veux dire

        l'enfant de ma chair la part

    féminine de moi-même incarnée danse

    sur le parquet "papa regarde" les tours

        complets sur un pied ses nattes

    volent d'un bout à l'autre de la pièce elle habite

    mes yeux, exclusivement.

     

    Thierry Le PENNEC, Un pays très près du ciel, Le dé bleu, 2005

     

     

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