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Poésie

  • Yves MAZAGRE : VICTIMES ANIMALES

    bélier,chasseur,animal,tuer,

     

    ...

    La beauté, alors, s'accouplait à la cruauté ; les chasseurs s'excusant de les mettre à mort s'adressaient poliment à leurs victimes animales, leurs demi-frères ou leurs cousins dont ils allaient savourer l'œdipienne ressemblance.

     

    Le pacte est rompu, les idiots ne savent plus tuer avec dignité.

     

    Pas plus qu'ils ne savent s'interroger.

     

    Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

     

     

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  • La PHRASE selon Yves MAZAGRE

    fleuve,berge,méandre,

     

    Pire est le désarroi de la phrase sans méandre.

     

    Yves MAZAGRE, La Théorie des impostures, Librairie-Galerie Racine, 2000.

     

     

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  • Yves MAZAGRE et l'ANTIPOÈME

    poisson,papillon,bocal,

     

    ...

    Lentement habitués à la coexistence de l'immonde au deuil de toute durée aux fêtes sans avenir même pas un lendemain

    Paroles parades de quelques heures artifices de la pensée où désormais se réfugient les jouissances et la poésie de la création

     

    Cependant nous ne parvenons pas à tuer ce cheval stupide cet antipoème si vrai qui galope comme un fou dans nos viscères

     

     

    Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

     

     

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  • La GUERRE selon Jacques JOUET

    soldat,guerre,

     

    C'est toujours un peu tard que tu pleures

    emmailloté dans ton habit bleu

    qu'aura maculé de brun la guerre

    de sang tout encroûté, de gros bleu.

    C'est sur la bêtise que tu pleures

     

    poilu, soldat de dieu, casque bleu

    sur les désastres des grandes guerres.

    S'il reste du carburant, tu pleures

    encore sur les petites guerres

    celles pour les débutants, la bleu-

     

    saille, enfin sur les moyennes guerres.

    Et toi, là, qui par contre ne pleures

    pas, tu en redemandes des bleus

    des coups, des plaies, des bosses. Tu pleures

    de ne les rendre qu'en temps de guerre.

     

    avec trois mots pris dans les titres de Franck Venaille

     

     

    Jacques JOUET, Poèmes avec partenaires, POL, 2002.

     

     

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  • Jacques JOUET : l'ÉTAT de FILS

    fils,singes,

     

    Ironiquement, l'état de fils

    change, au fond, peu au cours d'une vie

    et ce n'est pas qu'un fait d'Occident.

    Le plancher des vaches de la vie

    te demande tes papiers de fils

     

    plus souvent que tu n'en as envie.

    C'est ainsi, l'Orient et l'Occident

    tirent avec précision les fils

    qui nous rattachent à l'Occident

    ici, là au levant de la vie.

     

    Le mourant se couche à l'Occident

    veillé par tel ou tel de ses fils

    émergeant. "Laisse-moi, va ta vie

    abrège un peu tes devoirs de fils

    et n'appartiens pas qu'à l'Occident".

     

    avec trois mots pris dans les titres de Pierre Michon

     

    Jacques JOUET, Poèmes avec partenaires, POL, 2002.

     

     

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  • Le LANGAGE selon Edmond JABÈS

    moto,jouet,meccano,

    Je songe aux jouets de mes cinq ans. Une fois miens, ils furent les maîtres. Je croyais pouvoir, avant qu'on me les offrît, les manier à ma fantaisie. Je m'aperçus très vite que je pouvais les détruire au gré de mon humeur ; mais si je les voulais vivants, que je devrais respecter leur mécanisme, leur âme immortelle.

    Ainsi le langage.

     

    Edmond JABÈS, Marche à vif jusqu'à l'homme, NRF Poésie-Gallimard.

     

     

     

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  • Edmond JABÈS APRÈS le DÉLUGE

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    Après le déluge

     

    La paix est dans la clé

    des contradictions dans le soufre

    des clartés fugitives Tu es là

    pour un instant Désert bleu

    aux dunes de pluie La soif est exaucée

    L'espace est une brèche Tu brûles dans la nuit

    sans murailles Je vois par ton huile

    par la mèche de feu qui fleurit au milieu

    Je vois par ton amour La paix jeune pie

    a l'allégresse multicolore de nos yeux

    après le déluge

     

    Edmond JABÈS, Marche à vif jusqu'à l'homme, NRF Poésie-Gallimard.

     

     

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  • Nicolas LABIS : PAS l'ENVIE

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    Épitaphe

     

    Je n’ai pas eu l’envie d’abattre des soleils vivants

    Ou d’arracher des étincelles aux planètes mortes

    Mais j’ai tenté d’incendier la brume sombre

    Le raisin de la rêverie des hommes de mon temps.

     

    Nicolas LABIS (adaptation Charles Dobzynski), Action Poétique n° 24, juin 1964.

     

     

     

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