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Poésie

  • Yves MAZAGRE : ÊTRE NÉ

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    Que notre grâce d'être né soit ce théâtre sans doublure où ne se programme qu'une seule fois, entre deux rideaux de paupières closes, un impromptu dont toute reproduction est interdite,

     

    Il me semble que je l'ai su dès l'enfance, dès mes yeux ouverts sur la lumière facile de ma colline sans hiver :

     

    Incroyable nouvelle dont nous sommes si peu à vouloir nous tenir informés,

     

    A cause de l'épouvante.

     

    Yves MAZAGRE, La lutte finale, Librairie-Galerie Racine, 2010

     

     

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  • ITHAQUE selon Yves MAZAGRE

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    ...

    La confusion de la nuit descend sur Ithaque,

    Estompe nos rides, nous fait étrangers à nous-mêmes.

    Par la fenêtre ouverte l'ombre indifférente file des étincelles.

     

    Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

     

     

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  • Ezra POUND POÈTE

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    ...

    Ce n'est pas, Raana, que mon chant vibre avec plus d'intensité

    Ou plus de douceur que celui d'un autre, mais je suis

    Ici Poète, je bois réellement la vie

    Comme les petites gens boivent le vin.

     

    Ezra POUND, Poèmes, NRF-Gallimard, trad. Michèle PINSON, 1985.

     

     

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  • Yves MAZAGRE : PÉRISSABLE CARGAISON

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    ...

    Tant de naufrages m'ont dépouillé des prodiges dont j'avais été le témoin ; à quoi bon me désoler, pouvais-je emporter dans la carène de mon bateau toutes les inventions et les habiletés du monde ?

     

    Le remplir de millions d'éclats brefs d'hommes et de femmes, de mœurs, de religions, de temples, de monuments, de traditions, d'habitudes vestimentaires, de mobilier ou d'œuvres d'art,

    Entasser les céramiques, les bijoux, les verres finement colorés, les statues, les cratères, les souvenirs et les réflexions subtiles n'eut rien changé.

     

    Trop dérisoires encore et si périssable cargaison pour exprimer l'émotion, l'intelligence, la foule des contradicteurs de la mort qui, sans espoir, osent défier les immortels et remodeler la nature ;

     

    Et comme elle ajouter à l'utile le miracle de l'inutile et de l'irrationnel ?

     

    Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

     

     

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  • Yves MAZAGRE : VICTIMES ANIMALES

    bélier,chasseur,animal,tuer,

     

    ...

    La beauté, alors, s'accouplait à la cruauté ; les chasseurs s'excusant de les mettre à mort s'adressaient poliment à leurs victimes animales, leurs demi-frères ou leurs cousins dont ils allaient savourer l'œdipienne ressemblance.

     

    Le pacte est rompu, les idiots ne savent plus tuer avec dignité.

     

    Pas plus qu'ils ne savent s'interroger.

     

    Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

     

     

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  • La PHRASE selon Yves MAZAGRE

    fleuve,berge,méandre,

     

    Pire est le désarroi de la phrase sans méandre.

     

    Yves MAZAGRE, La Théorie des impostures, Librairie-Galerie Racine, 2000.

     

     

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  • Yves MAZAGRE et l'ANTIPOÈME

    poisson,papillon,bocal,

     

    ...

    Lentement habitués à la coexistence de l'immonde au deuil de toute durée aux fêtes sans avenir même pas un lendemain

    Paroles parades de quelques heures artifices de la pensée où désormais se réfugient les jouissances et la poésie de la création

     

    Cependant nous ne parvenons pas à tuer ce cheval stupide cet antipoème si vrai qui galope comme un fou dans nos viscères

     

     

    Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

     

     

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  • La GUERRE selon Jacques JOUET

    soldat,guerre,

     

    C'est toujours un peu tard que tu pleures

    emmailloté dans ton habit bleu

    qu'aura maculé de brun la guerre

    de sang tout encroûté, de gros bleu.

    C'est sur la bêtise que tu pleures

     

    poilu, soldat de dieu, casque bleu

    sur les désastres des grandes guerres.

    S'il reste du carburant, tu pleures

    encore sur les petites guerres

    celles pour les débutants, la bleu-

     

    saille, enfin sur les moyennes guerres.

    Et toi, là, qui par contre ne pleures

    pas, tu en redemandes des bleus

    des coups, des plaies, des bosses. Tu pleures

    de ne les rendre qu'en temps de guerre.

     

    avec trois mots pris dans les titres de Franck Venaille

     

     

    Jacques JOUET, Poèmes avec partenaires, POL, 2002.

     

     

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