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Poésie - Page 2

  • Ludovic JANVIER et les REGRETS

    rivière,tracé,

     

    ...

    tous mes regrets je les donne aux rivières

    en souvenir de ma vie non vécue

     

    Ludovic JANVIER, Des rivières plein la voix, L'arbalète Gallimard, 2004.

     

     

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  • James NOËL à la SOURCE

    feuilles,humus,

     

    ...

    Devant la source qui creuse sa flûte et le son d'un poème-fleuve, dans l'union libre des cailloux, il vaut mieux avaler sa langue avec grand goût.

    Un seul mot peut gâcher en profondeur le bruit des vagues.

     

    James NOËL, Anthologie de poésie haïtienne contemporaine, Points, 2015.

     

     

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  • Claude ADELEN et la DOULEUR

    Claude ADELEN,douleur,cariatide,homme,

     

    Et la douleur, où

    est-elle maintenant ?

    La semence qu'ont

    reçue de tes yeux de

    tes mots les saisons ?

    Les lieux et corps où tu

    vécus et soutins,

    à pétrir d'invisible

    ta statue de souffle.

    Ô cariatide d'air :

    Un homme.

    ...

     

    Claude ADELEN, Légendaire, Flammarion, 2009.

     

     

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  • MARS selon Mahmoud DARWICH

    mains,jeunes filles,

     

    Le poème de la terre

     

    au mois de mars, en l'an du soulèvement, la terre nous révéla des secrets sanglants. Au mois de mars, cinq filles passèrent devant les violettes et le fusil. Elles s'arrêtèrent devant la porte d'une école et s'enflammèrent ainsi que les roses et le thym du terroir. Elles inaugurèrent le chant de la terre. Elles entrèrent dans l'étreinte ultime - Mars vient sur terre du ventre de la terre et de là dans des filles - Les violettes se penchèrent légèrement pour laisser passer la voix des filles. Les oiseaux tendirent leurs becs en direction du chant et de mon cœur

    ...

     

    Mahmoud DARWICH, Rien qu'une autre année, Editions de minuit, Trad. A.Laâbi, 1983.

     

     

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  • Gérard MACÉ MET le MASQUE

    masque,

     

    Pour m'endormir, je mets

     

    le masque du sommeil : un léger voile

    que je tisse avec les événements du jour

    et les mots dont je perds le fil en m'endormant.

    Une toile aussi fine que celle de l'araignée

    où restent au matin des lambeaux de rêves :

    des images prises au piège, les discours décousus

    d'un somnambule qui se réveille.

    ...

     

    Gérard MACÉ, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts, Le bruit du temps, 2015.

     

     

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  • La DOULEUR selon Claude ADELEN

    mousse,

     

    La Douleur, solitaire,

    masse de femme opulente, inaccessible,

    au milieu de la pelouse.

     

    Sur la surface lisse déroulée

    dans la lumière du soir presque irréelle

    et que laque un soleil acrylique de cinq heures,

    autour de l'étrangère qui s'est assise là,

     

    Claudiquent les étourneaux comme un seul geste,

    en tout sens. Quel calligraphe trempe

    dans l'encre de chine ces porte-plume ?

    quelle main invisible guide leurs becs avides ?

    ils sautillent, ils crient,

     

    Sur l'herbe de soie ils écrivent

    la douleur, l'incompréhensible idéogramme.

     

    Claude ADELEN, Légendaire, Flammarion, 2009.

     

     

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  • Gérard MACÉ et la VÉRITÉ

    écailles,poisson,vif-argent,

     

    La pensée dont la ligne s'enfonce

    en attendant que la vérité

    morde à l'hameçon.

     

    Mais la vérité n'est pas ce poisson mort

    qu'on vend à la criée. C'est le vif argent

    qui file entre les doigts, c'est l'ombre

    autant que la proie, l'anguille sous la roche

    qui va mourir en haute mer.

     

    Gérard MACÉ, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts, Le bruit du temps, 2015.

     

     

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  • Gérard MACÉ et le LANGAGE

    balance,

     

    Vieux penseur

     

    qui ne veut rien changer au langage,

    tu pèses les choses et les astres, et même

    les souvenirs sur des balances où le temps

    met tout son poids.

    ...

     

    Gérard MACÉ, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts, Le bruit du temps, 2015.

     

     

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