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Poésie - Page 3

  • Thierry Le PENNEC et les HARICOTS

    panier,osier,

     

    et grandes maisons fraîches

    de pierre où l'on protège

        bronzages d'épaules de jambes

        laissant derrière soi

    tremblement d'herbes jaunes, roses montantes, allées, insectes, dans les mains ce ramassage de haricots qu'on pose en bout de table, soleil vert soudain étale en attendant l'équeutage, à plusieurs.

     

    Thierry Le PENNEC, Un pays très près du ciel, Le dé bleu, 2005

     

     

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  • Isabelle PINÇON et les STATUES

    sculpture,statue,bronze,

     

    À trop vouloir démonter les statues, on tombe sur des cœurs qui bougent à peine.

    On devrait suivre le bonheur de plus près et ne retenir du monde que ses grands titres.

     

    Isabelle PINÇON, C'est curieux, Cheyne, 1995

     

     

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  • Thierry Le PENNEC et la DANSE

    ombres,danse,courbes,

     

    la fille la mienne je veux dire

        l'enfant de ma chair la part

    féminine de moi-même incarnée danse

    sur le parquet "papa regarde" les tours

        complets sur un pied ses nattes

    volent d'un bout à l'autre de la pièce elle habite

    mes yeux, exclusivement.

     

    Thierry Le PENNEC, Un pays très près du ciel, Le dé bleu, 2005

     

     

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  • Isabelle PINÇON et les CHÂTEAUX

    briques,rouge,noir,

     

    On veut toujours construire des châteaux plus grands que soi quand on est un homme, c'est une manie dont on a du mal à se débarrasser. Mais dans les couloirs sombres circulent des fantômes qui n'hésitent pas à user de leur drap pour étrangler l'orgueil.

    Les hommes alors tombent dans les oubliettes tandis que les femmes grimpent tout en haut du donjon.

     

    Isabelle PINÇON, C'est curieux, Cheyne, 1995

     

     

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  • La VIE selon Ludovic JANVIER

    lune,rêve,

     

    Notre vie ressemble à dormir

    on y rêve qu'il fait beau

    de temps à autre une peur

    casse tout de son orage

    sans rien faire nous attendons

    que la gloire nous couronne

    les jours passent rien ne vient

    mourir va nous laisser sans voix

    seul à seule avec la musique

    nos amours c'était la parole

     

    Ludovic JANVIER, Une poignée de monde, Gallimard, 2006

     

     

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  • L'ŒUF selon Jean FOLLAIN

    vert,brun,paysage,,automne,

     

    L'œuf

     

    La vieille dame essuie un œuf

    avec son tablier d'usage

    œuf couleur ivoire et lourd

    que nul ne lui revendique

    puis elle regarde l'automne

    par la petite lucarne

    et c'est comme un tableau fin

    aux dimensions d'une image

    rien n'y est

    hors de saison

    et l'œuf fragile

    que dans sa paume elle tient

    reste le seul objet neuf.

     

    Jean FOLLAIN, Territoires, Gallimard,1953

     

     

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  • Jacqueline RISSET et les CIGALES

    ombre,cigales,gris,

     

    Cigales

     

    le temps crié par les cigales

    est séparé de tout

    protégé de tout autre

     

    exposé jusqu'à l'os

    corps

    âme

     

    résolus en cri

    rythmes créatures divines

     

    plus que musique

    rythme

     

    avec le bruit

    ou cri impersonnel

     

    qui ne crie pas

    - chante ?

     

    frottement d'élytres

    le premier bruit :

     

    allumage du feu dans la nuit des temps

     

    Nous y sommes :

    ici l'instant est le temps aboli

    insecte sec

     

    portant ainsi toute l'histoire

    et l'humanité commençante

    - finissante ?

     

    Jacqueline RISSET, Les instants, Farrago, 2000

     

     

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  • La BOUCHE de Claude ESTEBAN

    feuille,bouche,poisson,rouge,

     

    Au premier mot

    j'ai compris que je faisais fausse route

    dans ma bouche.

     

    Claude ESTEBAN, Morceaux de ciel, presque rien, Gallimard, 2001

     

     

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