mercredi, 21 octobre 2009

Alain LANCE un peu de TERRE

Avec plus de 6 mois d'avance, un poème parfaitement d'actualité :


Vingt-six avril


À présent si lourd

Ton corps muet

Malmené

Pour l'ultime habillage


Mal entendu

Sans ombre à présent

Sans fièvre plus jamais


Alain LANCE, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000


Mais pourquoi attendre davantage ?

 

mardi, 13 octobre 2009

Jacques LĖBRE sous le PIED


Réduit, désormais, à l'immensité du ciel



Invétéré pêcheur à la ligne


(mais tu n'y allais plus l'hiver,

tu craignais le froid, celui qui gagne)


la charnière entre ta vie et ta mort

aura-t-elle grincé ?

La morphine

l'aura-t-elle un peu graissée ?


Auras-tu senti quelque chose ?

Le mordillement d'une truite ?


.

.

.


Cette simple secousse


(elle t'aura ferré

en dehors du courant)


tu l'auras éprouvé tant de fois

dans le silence des poissons

l'auras-tu seulement reconnue ?


L'hameçon acéré d'un dieu

(mais nous n'y croyions pas)

à la commissure de tes lèvres,

auras-tu serré les dents ?


.

.

.

Jacques LĖBRE, Théodore Balmoral n° 59/60 (extraits)

 

mercredi, 06 mai 2009

BORNE to be DEAD

 

Un dur rappel à la réalité, pour tous ceux qu'enivrent ces temps-ci les lilas:

 

Et certes la mort

est aussi dans la grappe du lilas

puisque passent son odeur et sa grâce

aussi vite qu'au ciel

l'éclair du ramier

 

Alain BORNE (La Dernière Ligne, Club du Poème, 1963).

 

jeudi, 19 février 2009

FAIRE-PART

Extrait d'un poème de Dennis NURKSE, traduit de l'américain par l'auteur et Laurent GRISEL:

 

Mon père mourut.

Je m'assis près de ma mère

à écrire des mots à la famille.

 

Elle écrivait les adresses, je fermais les enveloppes.

Cette responsabilité était mienne.

Si je léchais trop longuement

nos noms pourraient s'effacer -

trop vite et la carte

pourrait glisser dehors

 

et un étranger pourrait la voir.

 

 

dimanche, 18 janvier 2009

NÉCROLOGIE (définition)

 

nécrologie, n.f. : article de la mort.

La nécrologie nous apprend la disparition de personnalités dont on ignorait précédemment l’existence, telles que les violoncellistes hongrois, ou les poètes de toutes nationalités.

 

 

vendredi, 24 octobre 2008

CI-LIT PAPA



Mathias LAIR indique dans Décharge n°139 pourquoi longtemps il a évité d'écrire.

C'est qu'il y voyait « un signe de mort, lié peut-être au spectacle qu'affronte un jour ou l'autre le tout petit enfant: l'adulte est là, le plus souvent assis, devant lui, il s'est immobilisé. Il ne regarde plus rien, les yeux fixes, il ne parle plus. Quand on lui tire la manche, il s'anime un peu, pour protester: « laisse-moi, je lis! » Ça a l'air de lui convenir, cette allure de cadavre. Telle est la première association de l'écrit à la mort que j'ai sans doute faite, moi aussi. »

La page est un linceul blanc, où un souvenir repose.

samedi, 28 juin 2008

Le BLEU de la MORT



"La mort, cette tache de naissance, poussait plus ou moins vite chez chacun d'entre nous.
Et là-haut, dans les montagnes, le bleu de la mer a rattrapé le ciel."

Tomas TRANSTRÖMER.

On voit cette mort glaçante, faisant glisser son ombre pour gagner les monts abandonnés du ciel.