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mort

  • La VIEILLE selon Gisèle PRASSINOS

    tissus,

     

    La vieille

     

    Qui lui a soutiré sa charpente

    l'a réveillée bourre

    aux milliers de dents ?

     

    Lever le doigt est une aventure.

    Penser

    fore en ce corps étrange

    le lit d'une rivière sans eau.

     

    Petit visage

    vieux visage où le vent

    a rivé ses griffes

    qui a aiguisé ta charpente ?

     

    Petit visage

    seuil dès l'aube

    où la mort arpente.

     

    Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

     

     

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  • La MORT selon James JOYCE

    mousse,pierre,

     

    Une fois que vous êtes mort vous êtes mort. Cette idée du jugement dernier. Les faire tous surgir de leur tombe. Sors, Lazare ! Et il se présenta tout saur et il fit un flop. Lève-toi ! Voici le dernier jour ! Et voilà que chaque bougre renifle autour de lui à la recherche de son foie et de ses poumons et de ce qui reste de ses fringues. Un vrai casse-tête pour se rassembler ce matin-là. Une once de poudre au fond d'un crâne. Douze grammes l'once.

     

    James JOYCE, Ulysse, trad. P.Drevet, Gallimard, 2004

     

     

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  • SOCRATE

    poison,

     

    la mort de Socrate

     

    d’un scandale

    un exemple

    pour crédules

     

    œuvre d’art

    pour tables basses

     

     

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  • IMMONDE

    panneau,sortie de chevaux,

     

    immonde

    ce qui n'est plus monde

     

    et pire

    sa propre mort

     

    de l'intérieur

    tous sens interdits

     

     

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  • LORSQU'ACHILLE CHAVÉE SERA MORT

    panneau,chevaux,

     

    Facture

     

    Qu'il fera bon vivre lorsque nous serons morts

    que nous reposerons

    dans je ne sais quel trou du vieux Cosmos

    bien refroidi

    bien étendu

    dans la noire volonté de n'être plus

    avec la pierre du silence absolu

    posée sur notre langue

    qu'il ne faudra plus jamais retourner

    sept fois dans notre bouche

    pour dire ou ne pas dire la vérité acquise

     

    puisque la notion de vérité

    n'emportera plus de signification

    que tous les dieux auront cessé d'être le verbe

    que l'épine plantée jadis dans notre coeur

    n'entraînera plus le moindre cri

    capable de troubler encore

    la présence du néant

     

    Achille CHAVÉE, De vie et mort naturelle, Montbliard, 1960

     

     

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  • Un JOUR COMME les AUTRES avec Hubert NYSSEN

     

    pont japonais,

     

    Inutile d'imaginer chaque jour

    l'éternité.

    Un jour c'est bref mais c'est énorme

    au regard de la mort.

    Et pourtant goutte à goutte trompeur

    chaque jour invite à désirer

    le suivant qui se dérobe.

    ...

     

    Hubert NYSSEN, Préhistoire des Estuaires, André de Rache, 1967.

     

     

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  • David SCHEINERT et l'HINDOU

    lotus,

     

     

    Ô vieil Hindou

     

    Ta faim, ô vieil Hindou, est réelle et pas une image de la faim

    comme chante le poète Kalos.

     

    Elle est si réelle, ta faim, que si le poète qui te contemple ne te donne du riz, tu tomberas sur les pierres.

     

    Ta chute sera réelle, ô vieil Hindou, et pas une image de la chute

    comme chante le poète Kalos.

     

    Si réelle, mon ami, que du sang jaillira de ton nez, si le poète ne

    panse la plaie avec une pâte de figues.

     

    Ton sang sera réel, ô vieil Hindou, et pas une image du sang, et

    quand tu n'en auras plus ton cœur fera silence.

     

    Et le poète soulèvera délicatement ta paupière, regardera ton œil

    et dira que tu es l'image de la mort.

     

    Mais toi, ô vieil Hindou, tu sera mort, réellement mort, si mort

    que les mouches se jetteront sur ton odeur.

     

    Alors, le poète Kalos, pour oublier ce mensonge, ira manger un plat poivré,

    puis soufflera de l'air dans un bout de roseau.

     

    David SCHEINERT, Sang double, 1962.

     

     

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