dimanche, 19 juillet 2009

Homero ARIDJIS : En LAISSER pour les AUTRES


LE POÈME


Le poème tournoie sur la tête de l'homme

en cercles proches ou lointains


L'homme en le découvrant voudrait s'en emparer

mais le poème disparaît


Avec ce qu'il a pu retenir

l'homme fait le poème


Et ce qui lui échappe

appartient aux hommes à venir.


Homero ARIDJIS, Brûler les vaisseaux, 1975 (trad.Claude Couffon et René Gouédic)




 

jeudi, 09 juillet 2009

POÈTE d'AVANT

 

D'UN POÈME PERDU DEPUIS LONGTEMPS ET RETROUVÉ


Et maintenant que faire

des mots nous faisions naguère

rêvant d'incendies de forêt

de maigres feux de broussailles


Poussière de cendre répandue

où subsistent de vagues traces

de celui qui vivait ma vie au temps où je faisais

la course avec mon chien

Aujourd'hui je m'épuise

à rattraper un arbre


Poème

frère blême et défaillant

longtemps perdu de vue

je te récuse


Je récuse

ta voix cassée

ton odeur de cadavre


ta trahison.


Serge WELLENS, Il m'arrive d'oublier que je perds la mémoire, Folle avoine, 2006.


Privilège de l'homme qui écrit : se confronter comme en un miroir à ce qu'il fut.

 

 

mardi, 07 avril 2009

Le FOND du COURT

 

Commence ton poème aussi près de la fin que tu peux.

 

Judith THURMAN

 

 

jeudi, 25 décembre 2008

L'AIGUILLE de ma MONTRE (et du SAPIN)

 

 

C'est Noël, et parmi les Poèmes Quotidiens de Pierre ALBERT-BIROT, celui daté Saint-Sulpice s'impose donc:

 

L'aiguille de ma montre

Compte le temps

Cependant que je le vis

Et je m'en ris

Puisque seul un poète dit

Ce qui vaut d'être dit

 

 

 

C'est dit.

 

 

mardi, 09 décembre 2008

Le MUR et le SON

 

Un son

Il a traversé tous les murs

Et les murs l'ont laissé passer

Je ne vois pas par où

Il veut me traverser moi-même

Et le voici qui ressort

Poème

 

(Pierre ALBERT-BIROT, Poèmes Quotidiens)

lundi, 06 octobre 2008

L'OISEAU de FEU

 

« J'écris le poème de jour mais il se fait de nuit. C'est hors du travail de la conscience que se font les véritables rencontres, découvertes et incendies de mot. »

 

Dans « L'Ecriture et la Circonstance », Henry BAUCHAU nous rappelle que l'artiste oeuvre comme s'alimente le pélican: ce qui n'est pas immédiatement utile sera essentiel plus tard.

 

Et l'oeuvre est un vieux brouillon, qui prend forme dans un incendie de poubelle.

 

 

vendredi, 26 septembre 2008

Un POEME en CHÂTEAU de CARTES

 

 

Dans son numéro 83-84, la revue PLEIN CHANT publie ce texte, de Fabrice MARZUOLO:

 

MAUVAIS NUMERO

 

Les pas des hommes sûrs

font trembler le sol

 

quand je les entends venir

je jongle avec des balles

qui roulent tout le temps par terre

mal parti

pour la vie d'acrobate

et comment tenir

un poème debout

 

 

vendredi, 12 septembre 2008

C'EST du BOULOT

 

 

"Le lézard, le serpent, le cristal, le galet, le filet d’eau qui coule de la roche sont de si éclatantes réussites que rien ne les pourrait améliorer. Ainsi doit être le poème (quand on considère qu’il est sorti de la période de travail, et que l’on a décidé de le montrer et possiblement de le publier)".

André-Pieyre de Mandiargues, par ce raccourci, offre l'avantage d'étouffer toute idée d'inspiration en poésie.

C'est le travail, et la volonté d'un artiste, qui mettent au jour le poème, pour lui donner sa perfection d'eau de roche.

... ou de serpent.

 

 

vendredi, 08 août 2008

A QUOI ça SERT?



Le poème souvent déroute, en ce qu'il met en jeu du langage non utilitaire.

Ce n'est pas un roman qui raconte, un mode d'emploi qui sert, une information qui renseigne, une publicité qui vend.
C'est un texte qui ne dit ni qui est l'assassin, ni comment insérer le sac dans l'aspirateur, ni comment va le monde, ni
comment nos cheveux repousseront!

Il dit tout-court.
Il dit sans-rien-ajouter-derrière.

Et c'est ainsi que s'effraie le lecteur.

samedi, 15 mars 2008

A TOMBE OUVERTE


d'un poème comment
tomber dans la vie

le mot tombe finira
par ne plus être un verbe


(Marcel MIGOZZI in Les Derniers Témoins)


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