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claude adelen

  • ÉCRIRE selon Claude ADELEN

    écrire,pierres,

     

    Jusqu'à la fin des fins écrire afin

    de ne jamais se réveiller des mots

    Croire accoupler les mots toujours comme des corps

    Dans le murmure prolongé du jouir

     

    Que tout se taise, rien ne parle,

    dans le bordel amer de l'écriture

    qu'il n'y ait plus d'autre miroir

    qu'au dos des mains les tavelures

    de l'âge...

     

    Claude ADELEN, Aller où rien ne parle, Ed. Léo Scheer, 2001

     

     

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  • Claude ADELEN ÉCRIT

    couleurs,

     

    On en écrit encore !

    Notre façon à nous de vivre, en mémoire

    En désir d'ailleurs que dans la vie,

    L'été fut bleu et jaune,

    Et tout éclaboussé de rouge

    Coquelicots, lèvres, fleurs de robes,

    Notre façon à nous de dire

    Mille mercis à la lumière ardente

    Qui crève les yeux des poètes :

    "Regarde de tous tes yeux regarde !"

    Puis dans les mots dépose

    Les couleurs apaisées. À part toi célébrant

    L'éloignement du monde : le jour se lève

    Proclame chaque poème quand la nuit tombe

    Et, larme, te sauve de la cécité.

     

    Claude ADELEN, Aller où rien ne parle, Ed. Léo Scheer, 2001

     

     

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  • Claude ADELEN face au BRONZE

    sculpture,bronze,

     

    À celles qui sont dans les musées

     

     

    Les verticaux en foule vont et viennent

    autour des taciturnes,

    sur la dalle pâle traîne

    leur ombre bavarde, paroles

     

    Qui sonnent creux sont les corps

    quand on toque à leur dos de bronze,

    à leurs torses comme à des portes.

    ...

     

    Claude ADELEN, Aller où rien ne parle, Ed. Léo Scheer, 2001

     

     

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  • Le POÈME selon Claude ADELEN

    lecture,poème,livre,

     

    Boîte-de-pandore-un poème soulever

    le couvercle. regarder là-dedans ? encore une

    de tes métaphores. et que tu aies pu croire

     

    Si longtemps avec ça ouvrir toutes portes

    t'imaginer être celui

    qui avait la bonne clef chaque mot

     

    La bonne clef chaque livre

    trousseau cliquetant

    inutile. avec l'âge on revient

     

    Dans une ville étrangère

    toutes les serrures ont été changées.

     

    Claude ADELEN, Obligé d'être ici, Obsidiane, 2012

     

     

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  • MOURIR selon Claude ADELEN

    Claude ADELEN,mourir,arbres,

     

    ...

    Arbres qui dorment

    debout, et autour d'eux leurs ombres

    qui tournent. La meule des heures grince,

    tout ce qui veille sous étoiles

    ou sous soleil fleurit : bosquets et rosiers,

    tiges, têtes florales qui ne tombent pas

    de sommeil, seulement se détachent

    pour mourir au hasard des nuages. Et nous ?

    défleuris, défeuillés (endeuillés ?), au pied

    de nous-mêmes, vers des sentiments inconnus

    nous en aller comme on s'en irait vers la mer...

     

    Claude ADELEN, Obligé d'être ici, Obsidiane, 2012

     

     

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  • Claude ADELEN et le POÈME

    porte,gond,

     

    Boîte-de-pandore-un-poème soulever

    le couvercle, regarder là-dedans ? encore une

    de tes métaphores. et que tu aies pu croire

     

    Si longtemps avec ça ouvrir toutes portes

    t'imaginer être celui

    qui avait la bonne clef chaque mot

     

    La bonne clef chaque livre

    trousseau cliquetant

    inutile, avec l'âge on revient

     

    Dans une ville étrangère

    les serrures ont été changées.

     

    Claude ADELEN, Légendaire, Flammarion, 2009.

     

     

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  • Claude ADELEN et la DOULEUR

    Claude ADELEN,douleur,cariatide,homme,

     

    Et la douleur, où

    est-elle maintenant ?

    La semence qu'ont

    reçue de tes yeux de

    tes mots les saisons ?

    Les lieux et corps où tu

    vécus et soutins,

    à pétrir d'invisible

    ta statue de souffle.

    Ô cariatide d'air :

    Un homme.

    ...

     

    Claude ADELEN, Légendaire, Flammarion, 2009.

     

     

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  • La DOULEUR selon Claude ADELEN

    mousse,

     

    La Douleur, solitaire,

    masse de femme opulente, inaccessible,

    au milieu de la pelouse.

     

    Sur la surface lisse déroulée

    dans la lumière du soir presque irréelle

    et que laque un soleil acrylique de cinq heures,

    autour de l'étrangère qui s'est assise là,

     

    Claudiquent les étourneaux comme un seul geste,

    en tout sens. Quel calligraphe trempe

    dans l'encre de chine ces porte-plume ?

    quelle main invisible guide leurs becs avides ?

    ils sautillent, ils crient,

     

    Sur l'herbe de soie ils écrivent

    la douleur, l'incompréhensible idéogramme.

     

    Claude ADELEN, Légendaire, Flammarion, 2009.

     

     

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