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mourir

  • MOURIR selon Claude ADELEN

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    ...

    Arbres qui dorment

    debout, et autour d'eux leurs ombres

    qui tournent. La meule des heures grince,

    tout ce qui veille sous étoiles

    ou sous soleil fleurit : bosquets et rosiers,

    tiges, têtes florales qui ne tombent pas

    de sommeil, seulement se détachent

    pour mourir au hasard des nuages. Et nous ?

    défleuris, défeuillés (endeuillés ?), au pied

    de nous-mêmes, vers des sentiments inconnus

    nous en aller comme on s'en irait vers la mer...

     

    Claude ADELEN, Obligé d'être ici, Obsidiane, 2012

     

     

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  • Le TEMPS selon Nelly SACHS

    pierre,roche,

     

    ...

    Ô temps dont la seule aune est le mourir,

    Comme elle sera facile, la mort, après ce long entraînement.

     

    Nelly SACHS, Éclipse d'étoile, trad. M.Gansel, Verdier, 1999

     

     

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  • JE MOURRAI

    pierre,houx,été,

     

    Me moriré en París con aguacero *

    Je mourrai à Paris par un jour de pluie **

     

    Je mourrai dans ma chambre un matin de framboises

    Je mourrai près des miens, mon souvenir leur faisant une rosée

    Je mourrai à ma fenêtre où sourira la St Jean

    Je mourrai au passage d'une jeunesse le menton pointé vers l'été

     

    * Cesar VALLEJO, Poèmes humains

    ** trad. Fr. Maspero, Seuil, 2011

     

     

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  • Yves MAZAGRE et la TORTUE

    tortue,

     

    Je trouve scandaleux que la tortue vive si longtemps et moi trop brièvement

     

    Je m'oppose à ce cambriolage de mes jours

    Je récuse le vieillir de l'hiver

    Et n'accepte désormais que les bonnes saisons

    Je m'interdis de mourir

    ...

     

    Yves MAZAGRE, La lutte finale, Librairie-Galerie Racine, 2010

     

     

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  • Alain FRONTIER en CHAIR et en OS

    dos,colonne vertébrale,

     

    Depuis longtemps déjà, l'auteur de ce texte est en train de mourir. L'auteur de ce texte connaît tous les organes qui, par leurs actions combinées, le maintiennent depuis longtemps déjà dans cette position d'attente. Il sait qu'il porte en lui cette dislocation presque soudaine qui (à la faveur d'une réaction en chaîne étonnamment rapide) lui fera perdre un jour sa verticalité, et le fera s'affaisser sur lui-même, et fera se disjoindre les parties de l'ensemble. Il sait qu'il est traversé de haut en bas par une colonne osseuse qui maintient les parties molles de son corps et l'empêche de s'affaisser. Toutefois quelques uns des segments qui la composent sont l'objet d'une érosion lente et continue, laquelle finit par occasionner d'irréversibles déboîtements, la masse qu'elle a pour fonction de maintenir est le siège d'une infinité de douleurs, piqûres d'aiguilles, tranchées, crampes, élancements soudains, le plus souvent très supportables, qui contribuent encore à dénoncer l'espace dans lequel elle est inscrite.

    ...

     

    Alain FRONTIER, L'inventaire des choses, une anthologie internationale de poésie contemporaine, Action poétique 2007.

     

     

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  • T. CARMI : la MER REVIVRA

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    HISTOIRE

     

    Quand la femme du village de pêcheurs m'a parlé

    De son mari qui avait disparu

    Et de la mer qui revient mourir devant sa porte soir après soir

    J'ai gardé silence.

    Je ne pouvais pas dire à la nacre de ses yeux

    Ton bien-aimé reviendra, ou

    La mer revivra.

     

    (Il y a des jours où je n'arrive même pas à te dire

    Un seul mot.)

     

    T. CARMI, Prisme, 11 poètes israëliens contemporains, Obsidiane, 1990. (Trad. Emmanuel MOSES)

     

     

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  • Henri DELUY et la CONTRAINTE FATALE

     

     

    C'est la St Nicolas, mais attardons-nous un peu sur autre barbichu célèbre, évoqué ici : Georges PEREC :

     

    Le ciel est à côté des arbres

    Les feuilles humides étouffent

    D'autres feuilles. Il y a toujours

    Quelque chose à raconter. Il suffit

    de trouver où se donnnent les indications

    Nécessaires. Tu disais : il se fait tard.

     

    *

     

    Mourir

    est une contrainte difficile

     

    Henri DELUY, Premières suites, Flammarion, 1991.

     

     

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