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mer

  • OCÉAN

    baleine,océan,bleue,

     

    lettre océan

    style télégraphique

     

    bouteille de la mer

     

    lignes transatlantiques

    lancées des eaux

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Lois de la matière, Travaux domestiques ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • La MER selon Georges LIMBOUR

    mer,mal,

     

    C'était le temps où la mer était pure. Le flux, comme une maraîchère ivrogne poussant sa voiturée de beurre noir, ne charriait pas aux marchés des rivages les mottes rondes et molles de mazout, qui ont empoisonné la danse des méduses. Voilà de quoi est faite sa chair noircie, de la nouvelle Vénus qui nous sort de l'écume goudronneuse. Elle est la fille de soute, la rinceuse de réservoirs, la putain de cale des pétroliers géants que les Japonais fabriquent, défiant toute concurrence, à la grosse, comme les montres. Bouddha a vendu ses danseuses pour un verre de pétrole. Déchirées, les robes sacrées flottent sur la mer en nappes irisées, haillons graisseux.

     

    Georges LIMBOUR, Soleil bas, Poésie Gallimard, 1972

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • ORCHESTRE

    orchestre,océan,mer,arche,

     

    océan

    de l'orchestre

    en arche

     

    sur la mer

    houle des archets

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Lois de la matière, Travaux domestiques ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Silvia BARON SUPERVIELLE EMPORTÉE

    galet,mer,

     

    au moment

    où la mer

    m'emportera

     

    les rivages

    engloutis

    se mêleront

     

    Silvia BARON SUPERVIELLE, Autour du vide, Arfuyen, 2008

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • T. CARMI : la MER REVIVRA

    mer,mourir,revivre,

     

    HISTOIRE

     

    Quand la femme du village de pêcheurs m'a parlé

    De son mari qui avait disparu

    Et de la mer qui revient mourir devant sa porte soir après soir

    J'ai gardé silence.

    Je ne pouvais pas dire à la nacre de ses yeux

    Ton bien-aimé reviendra, ou

    La mer revivra.

     

    (Il y a des jours où je n'arrive même pas à te dire

    Un seul mot.)

     

    T. CARMI, Prisme, 11 poètes israëliens contemporains, Obsidiane, 1990. (Trad. Emmanuel MOSES)

     

     

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  • Gérard MESNIL aux ÉPAULES des VAGUES

     

    mer,

     

    Rivage

    Poser ma halte à        

    ce coquillage

    à

    cette voix

    éteinte

    aux orteils

    de la mer

    (et ma soif enfouie sous le sable peau d’une femme noire)

    Je crie

    de toute la violence

    de midi

    J’opère le silence

    (jeter les dés)

    à la bouche

    des hommes

    J’ai placardé mes révoltes

    aux épaules des vagues

     

    Gérard MESNIL, Action Poétique n° 69, avril 1977.

     

     

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  • Une CARTE POSTALE de J.Francis REILLE

    mer,feuillage,

     

    CARTE POSTALE
     
    Une trirème quelque part.
    Pourtant sans rameurs.
    Et la lune de jour.
     
    Voici que le plongeur écarte le feuillage
    Mer étale. Horizons
    Mer mains ouvertes
    Salut soleil !
     
    Et toi, où en es-tu ?
     
    J.Francis REILLE, Action Poétique n° 64, décembre 1975.
     
     

     

     

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  • PAS DE NAUFRAGE POUR EMMANUEL MOSES

     

     

    LA MER INTÉRIEURE

     

    En chacun de nous il y a une mer

    Parfois on l'entend, parfois pas

    On peut la traverser, on peut s'y noyer

    On peut y lancer un message dans une bouteille

    Le poème est ce message qu'un autre nous-même trouvera un jour

    De l'autre côté de celui qu'on est

    Si un poème nous fait du bien c'est parce qu'on sait qu'il ira loin

    Qu'il sera ballotté

    Qu'il luttera contre des vents de travers

    Mais que pour finir il vaincra

    Parvenant sans encombre à son destinataire

    Qui n'est autre que l'autre nous-même

    Cet autre absolu

    Ce même absolu

    Il y a les femmes et leur corps mystérieux

    Il y a la cigarette qui est souffle, feu et poudre grise

    Qui est le trait d'union entre la bouche et le monde

    Et nous savons que la bouche est l'embouchure de l'âme

    Il y a les alcools forts au goût de baies ou de caramel

    Comme ils vous écorchent et vous fendent !

    Mais il y a avant tout le poème, plus mystérieux, plus incandescent, plus âpre encore

    Le poème qui est notre faim, notre soif, notre nécessité et notre désir

    Nous voulons nous fondre dans le corps et l'esprit de notre poème

    Nous voulons inhaler et réduire en poussière brûlante notre poème

    Nous voulons nous enivrer brutalement de notre poème

    La mer tempêtueuse qui nous déchire

    La mer docile qui nous miroite

    La mer translucide où nous voyons d'insoupçonnables trésors

    La mer noire comme un cauchemar qui ne finit pas

    Le poème y suit son voyage

    Il surnage

    A-t'on jamais vu un poème faire naufrage ?

     

    Emmanuel MOSES, Sombre comme le temps, Gallimard 2014.

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 4 vent(s) de la plaine Lien permanent