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mer - Page 2

  • PAS DE NAUFRAGE POUR EMMANUEL MOSES

     

     

    LA MER INTÉRIEURE

     

    En chacun de nous il y a une mer

    Parfois on l'entend, parfois pas

    On peut la traverser, on peut s'y noyer

    On peut y lancer un message dans une bouteille

    Le poème est ce message qu'un autre nous-même trouvera un jour

    De l'autre côté de celui qu'on est

    Si un poème nous fait du bien c'est parce qu'on sait qu'il ira loin

    Qu'il sera ballotté

    Qu'il luttera contre des vents de travers

    Mais que pour finir il vaincra

    Parvenant sans encombre à son destinataire

    Qui n'est autre que l'autre nous-même

    Cet autre absolu

    Ce même absolu

    Il y a les femmes et leur corps mystérieux

    Il y a la cigarette qui est souffle, feu et poudre grise

    Qui est le trait d'union entre la bouche et le monde

    Et nous savons que la bouche est l'embouchure de l'âme

    Il y a les alcools forts au goût de baies ou de caramel

    Comme ils vous écorchent et vous fendent !

    Mais il y a avant tout le poème, plus mystérieux, plus incandescent, plus âpre encore

    Le poème qui est notre faim, notre soif, notre nécessité et notre désir

    Nous voulons nous fondre dans le corps et l'esprit de notre poème

    Nous voulons inhaler et réduire en poussière brûlante notre poème

    Nous voulons nous enivrer brutalement de notre poème

    La mer tempêtueuse qui nous déchire

    La mer docile qui nous miroite

    La mer translucide où nous voyons d'insoupçonnables trésors

    La mer noire comme un cauchemar qui ne finit pas

    Le poème y suit son voyage

    Il surnage

    A-t'on jamais vu un poème faire naufrage ?

     

    Emmanuel MOSES, Sombre comme le temps, Gallimard 2014.

     

     

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  • Philippe SOUPAULT : SUPPLIQUE pour ÊTRE FOUTU à la MER

    Foutez moi à la mer

    mes amis

    mes amis quand je mourrai

    Ce n'est pas qu'elle soit belle

    et qu'elle me plaise tant

    mais elle refuse les traces

    les saletés les croix les bannières

    Elle est le vrai

    silence et la vraie solitude

    ...

     

    Philippe SOUPAULT, Sang Joie Tempête, 1937.

    mer,

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  • Philippe SOUPAULT : POÈME à BOIRE

     

     

    À boire

     

    Si le monde était un gâteau

    La mer de l'encre noire

    Et tous les arbres des lampadaires

    Qu'est-ce qui nous resterait à boire

     

    Philippe SOUPAULT, Chansons, 1921.

     

    En ces périodes de bombances, la question est moins surréaliste qu'existentielle...

     

     

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  • BERNADOU : les PLUMES des HOMMES


    Lu dans Décharge n° 144 un dossier sur Pierre-Marie BERNADOU où il est beaucoup question de mer et d'îles...


    Mouettes : le rire des rochers.

    Vivre à leurs nids, oiseaux sauvés de nos nausées noires. Et rire enfin, rire comme jamais. De l'hargneuse volonté des vagues et du prétentieux orgueil des falaises. Rire des hommes surtout, de leurs pauvres yeux qui ne vont pas assez haut, des plumes qu'ils se donnent le temps d'un amour.

    Des plumes qu'ils nous volent. Le temps d'un poème.


    Pierre-Marie BERNADOU, Littorales, Texture, 1987.


     

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  • FACE à la MÉDITERRANÉE


    D'un séjour en Algérie, Serge WELLENS a rapporté cette puissante évocation:


    UN SOIR EN BARBARIE


    Le vent courant jouait de l'orgue

    Dans les figuiers de Barbarie

    La mer trinquait à notre table

    Puis s'en allait à reculons

    En nous faisant de révérences


    La lune venait boire à ta bouche

    Comme à la fraîcheur d'un puits

    Notre amitié portait le nom

    Intraduisible des fontaines.

     

     


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  • Un PETIT AIR de VACANCES


    retouche à l'été


    la mer dort sur le ventre

    un cap serre le poing

    et tient le ciel en éventail


    Daniel BOULANGER (Fenêtre Mon Navire, Grasset 2008)



     

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  • Le BLEU de la MORT



    "La mort, cette tache de naissance, poussait plus ou moins vite chez chacun d'entre nous.
    Et là-haut, dans les montagnes, le bleu de la mer a rattrapé le ciel."

    Tomas TRANSTRÖMER.

    On voit cette mort glaçante, faisant glisser son ombre pour gagner les monts abandonnés du ciel.




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