mardi, 11 août 2009
POÉSIE : 1 - FOOTBALL : 0 (but de Serge WELLENS)
Pendant que les observateurs des choses du football s'adonnent à leur goût du psychodrame, en feignant de se demander si les Bleus parviendront à battre les Îles FEROE, respirons-en l'air pur et sauvage, avec Serge WELLENS :
COURRIER DES FEROE
Souviens-toi
de ce bref instant
dans le monde
Nous dormions du même sommeil
chacun habitant l'autre
dans le froid la dureté
C'était
va savoir où
entre 6 et 7 degrés
de longitude Ouest
entre 61 et 62 degrés
de latitude Nord
Ton profil de jeune plante
dansait sous le vent
parmi les buissons
de ce pays sans arbres
Pays pénitent
Du côté de Torshavn
la mer faisait naufrage
on y voyait des astres
se tordre de douleur
Le ciel se couvrait
de nuages d'oiseaux
sternes
fous de bassan
courlis cendrés
pétrels
C'était présage
de cet instant
immense et bref dans le monde
Chacun habitant l'autre
Trente années comme si
nous ne devions jamais mourir.
Il m'arrive d'oublier que je perds la mémoire, Folle avoine, 2006.
Et comment vont-ils prononcer Torshavn, ces brillants commentateurs ?...
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jeudi, 09 juillet 2009
POÈTE d'AVANT
D'UN POÈME PERDU DEPUIS LONGTEMPS ET RETROUVÉ
Et maintenant que faire
des mots nous faisions naguère
rêvant d'incendies de forêt
de maigres feux de broussailles
Poussière de cendre répandue
où subsistent de vagues traces
de celui qui vivait ma vie au temps où je faisais
la course avec mon chien
Aujourd'hui je m'épuise
à rattraper un arbre
Poème
frère blême et défaillant
longtemps perdu de vue
je te récuse
Je récuse
ta voix cassée
ton odeur de cadavre
ta trahison.
Serge WELLENS, Il m'arrive d'oublier que je perds la mémoire, Folle avoine, 2006.
Privilège de l'homme qui écrit : se confronter comme en un miroir à ce qu'il fut.
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mercredi, 01 juillet 2009
DROITS d'HAUTEUR
Dans Poésie-Première n° 44, Josyane de JESUS-BERGEY dit de Serge WELLENS qu'
il reste reste toujours à l'écoute du jeune poète. Il est celui qui conseille sans jamais imposer. Celui qui aide, celui qui écoute [...] il fut [...] celui qui permit peut-être d'écrire un peu mieux et certainement d'entrer dans cette fraternité d'écriture dans laquelle vit le poète et qui sont nos droits d'auteurs ainsi qu'il le déclare avec juste raison.
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mardi, 30 juin 2009
FACE à la MÉDITERRANÉE
D'un séjour en Algérie, Serge WELLENS a rapporté cette puissante évocation:
UN SOIR EN BARBARIE
Le vent courant jouait de l'orgue
Dans les figuiers de Barbarie
La mer trinquait à notre table
Puis s'en allait à reculons
En nous faisant de révérences
La lune venait boire à ta bouche
Comme à la fraîcheur d'un puits
Notre amitié portait le nom
Intraduisible des fontaines.
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