dimanche, 30 août 2009

Jacques ANCET : LONG sur l'ÉTÉ


Jacques ANCET raconte en vingt-quatre poèmes « Vingt-quatre heures, l'été » (Ed.Lettres vives, 2000).

Ceux pour qui les vacances sont un moyen de porter attention à ce qui flotte dans l'air de l'été en retrouveront peut-être ici un bon parfum :



Vingt-deux heures



Dix heures. Les chiens aboient

comme si on entendait

l'envers brutal du silence.

Comme si montait de la terre

une violence de voix

acharnée à mettre en pièces

le calme à peine conquis

des la nuit. De temps à autre

ils se taisent et c'est, sans fin,

un clignotement muet,

un bourdonnement de bouches,

quelque chose comme des

lèvres entrouvertes, des mots

sans suite qui s'éparpillent.

Et puis les cris recommencent.

Ils disent l'heure des dents,

la salive, la brûlure,

le noir qui s'est mis à luire,

une obscure transaction

de racines et de ténèbres,

l'invisible connivence

de l'étoile et du charbon.


 

samedi, 15 août 2009

Le BOULANGER et la CHALEUR

 

Si l'Assomption est une désincarnation de la Vierge, la torpeur quant à elle s'incarne à la perfection dans le 15 août...


Retouche à la torpeur


l'empereur a passé la revue des fenêtres

et dort et son cheval sous lui

leur bronze écrase la grand-place


dans l'été vide

le silence en point d'orgue

a pris l'emblème d'un heurtoir de cuivre


Daniel BOULANGER, Fenêtre mon navire, Grasset, 2008.


 

 

 

mercredi, 24 juin 2009

Un PETIT AIR de VACANCES


retouche à l'été


la mer dort sur le ventre

un cap serre le poing

et tient le ciel en éventail


Daniel BOULANGER (Fenêtre Mon Navire, Grasset 2008)