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Poésie - Page 5

  • Jacques DARRAS À L'EAU

    globe,océan,terre,

     

    ...

    L'eau je m'y couche comme un berceau

    Bien qu'aujourd'hui j'ai cinquante ans

     

    De vie mais comment mesurer

    L'âge de l'eau ? L'âge de l'arbre

    Se compte aux anneaux qui entourent

    L'aubier mais le cœur d'un liquide

    Est dans sa transparence c'est le

    Reflet qu'on y projette qui

    Vieillit, l'eau ne croît pas en âge,

    Son débit s'accroît à l'envers

     

    De moi qui me taris près de

    Ma fin...

     

     

    Jacques DARRAS, Autobiographie de l'espèce humaine, 1/nuit 3 cailloux, 1991

     

     

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  • La VIEILLESSE selon Jorge Enrique ADOUM

    neige,tamaris,hiver,branches,

     

    (Voici la vieillesse amèrement lucide, tristement insensible

    au mouvement des croupes qui, dans le déhanchement de l'été,

    pouvaient autrefois t'éblouir jusqu'à la damnation.

     

    Voici la vieillesse qui traîne sa vie de jour en jour,

    comme si le corps était le même qu'avant-hier

    et elle regarde sans compassion ni haine ses bielles aujourd'hui usées,

    la chair emprisonnée dans les geôles du rêve et d'une chemise.

     

    Pourquoi vouloir vivre seulement pour se survivre,

    s'il n'y a pas moyen d'obstruer les fissures de sa propre statue

    détruite lors du transfert du paradis où, nue, doublée,

    elle était fière de se soumettre aux codes charnels.

     

    Mais la proximité de la faille ultime et accueillante,

    cette conscience de précadavre, ce qui revient au même,

    nous fait envier, pour n'être pas ressuscité à temps,

    l'amour attaché à la mort,

    l'un décorant l'autre,

    tous deux se méritant.)

     

    Jorge Enrique ADOUM, L'amour désenfoui, trad. F-M Durazzo, Myriam Solal Editeur, 2008

     

     

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  • Ludovic JANVIER à VENISE

    fenêtre,dentelle,alençon,

     

    ...

    et Venise ! c'est tous les jours ma fête à Venise

    où tous les ponts mènent à revoir

    la danse aux moires aux ocres aux brouillards

    et ces dentelles où penser glisse en barque

    ...

     

    Ludovic JANVIER, Doucement avec l'ange, L'arbalète Gallimard, 2001.

     

     

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  • Le MOI selon Nissim EZECHIEL

    main,pochoir,

     

    Hommage aux Upanishads

     

    Sentir qu'on est Quelqu'un

    Equivaut à conduire

    Son propre corbillard en quelque sorte -

    La destination est claire.

    Je ne veux pas être

    la peau du fruit

    Ni la chair

    Ni même la graine,

    Qui ne ferait que devenir un autre

    Fruit bien portant

    Le secret celé à l'intérieur de la graine

    Devient mon besoin, et ainsi,

    Je me réduis au néant

    A l'intérieur de la graine.

    Au début il fait froid,

    Je frissonne,

    Plus tard arrive une touche de vérité,

    Un ferment dans les ténèbres,

    Et enfin une lumière qui agace.

    Pour l'heure c'est assez

    Que je sois libre

    D'être le Moi en qui je suis,

    Qui n'est pas Quelqu'un -

    Pas, en tout cas,

    L'ego mortel,

    Mais l'oeil de l'oeil

    Qui s'efforce de voir.

     

    Nissim EZECHIEL, L'homme inachevé, trad. Emmanuel Moses, Buchet Chastel, 2007

     

     

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  • Jean Hans ARP à la VITRE

    ,fenêtre,

    Alexandre MIJATOVIC, St Pierre sur Erve, 2019

     

    les hommes ressemblent aux mouches

    qui ne comprennent pas

    pourquoi elles n'arrivent pas

    à traverser avec leur tête

    la vitre de la fenêtre pour entrer

    dans la lumière de la délivrance

     

    Jean Hans ARP, La grande fête sans fin, Arfuyen, 2014

     

     

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  • Les ROIS selon Raymond QUENEAU

    louvre,pyramide,rues,,

     

    ...

    En courant les rues

    surgissent parfois

    les rois

    mages inconnus

    dont le passant las

    ne déchiffre pas

    l'errance et le but

    ...

     

    Raymond QUENEAU, Morale élémentaire, Gallimard, 1975

     

     

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  • Jacques DARRAS, PIED LÉGER

    trace,neige,

     

    ... Le jour

    Des mots est approximatif

    Toujours la terre qu'ils foulent, qu'ils

     

    Piétinent dans le sens des redites.

    Poète c'est pied léger courir

    Sur place plusieurs fois dans la trace

    Des laies qu'empruntent les animaux

    Qui vont inconsciemment aux mares.

    L'infinité est une plusieurs

    Fois. Parente de la transparence,

    Parle la transe les yeux ouverts.

     

    Jacques DARRAS, Autobiographie de l'espèce humaine, 1/nuit 3 cailloux, 1991

     

     

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  • Le RÊVE selon Ben ARES & Antoine WAUTERS

    rêve,
    Alexandre MIJATOVIC, St Pierre sur Erve, 2019

     

    Le rêve, pierre où coucher, pierre des seize herbes hautes et des sifflets sans bruit. Un galet où dormir, être et oublier d'être. Reposer sous la palme. Une chose fort simple ne pesant rien : l'air sifflant dans ma bouche où dort un oiseau rouge.

     

    Ben ARES & Antoine WAUTERS, Ali si on veut, Cheyne, 2010

     

     

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