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Poésie - Page 4

  • Walt WHITMAN : les CHOSES de la POÉSIE

    Valéry LARBAUD a transcrit en 1918 des notes de Walt WHITMAN contemporaines de l'élaboration de ses Feuilles d'herbe. Exemple :

     

    Poète, prends garde que tes poèmes ne soient faits dans l'état d'esprit qui naît de l'étude des représentations des choses, et non dans l'état d'esprit qui naît au contact des choses réelles elles-mêmes.

     

    représentations,vache,

    Objection, Walt !

    Les représentations des choses finissent toujours par devenir des "choses réelles elles-mêmes". Comme cette vache absente de toute étable.

    Et la poésie consiste à repérer toutes les choses qui méritent qu'on les dise.

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  • L'OMBRE de Daniel BOULANGER

    La semaine dernière, n'intriguant qu'une poignée de mouettes, un poète est passé au large.

    voile,bateau,

     

    retouche au sommeil

     

    débris d'images

    au pied des falaises

     

    un rêve passe au large

    mon ombre au gouvernail

     

    Daniel BOULANGER, Sous-main, Gallimard 1995.

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  • Henri MESCHONNIC : par la FENÊTRE

    je ne savais pas que la fenêtre
    ouvrait le monde
    ouvrait mon corps au monde
    que la fenêtre était une
    telle joie
    que tout mon corps
    en est la reconnaissance
    où il n’y a plus de différence
    entre les yeux fermés 
    et les yeux ouverts

                                             
    Henri MESCHONNIC, L’Obscur travaille, Arfuyen, 2011


     

    fenêtre,colmar,

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  • DIVIN Walt WHITMAN

    ...

    Divin je suis au dedans et au dehors, et je sanctifie tout ce que je touche ou qui me touche.
    La senteur de mes aisselles m'est arôme plus exquis que la prière,
    Cette tête m'est plus qu'église et bibles et crédos.

    ...

    Walt WHITMAN, Chant de moi-même, Gallimard 1918 pour cette traduction d'André GIDE.

     

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    Chemin de croix du céramiste Léon Elchinger
    (Mont Sainte Odile)

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  • Guillaume APOLLINAIRE : C'EST PAS SON JOUR !

    Guillaume ne sera jamais canonisé, pour 11 000 raisons sur lesqueslles on restera muet. Mais la Saint APOLLINAIRE reste une bonne occasion de le citer...

     

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    La carpe

    Dans vos viviers, dans vos étangs,
    Carpes, que vous vivez longtemps !
    Est-ce que la mort vous oublie,
    Poissons de la mélancolie.

    Guillaume APOLLINAIRE, Le bestiaire, 1911.

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  • Luc BÉRIMONT PAREIL au BOEUF

     

    Crié d'en-bas

     

    Mon Dieu ! qui m'acculez comme une bête, entre mon père et mon enfant

    Quel sang donc versez-vous dans ce tonneau sans fond ?

    Pour qui tremblent nos os, fichés dans l'éventaire

    De la boucherie rouge où vous ouvrez nos mères

    Éventrant une espèce en lui jetant le ciel

    Soldant les bas morceaux tombés de votre étal

    Lavant à grands seaux d'eau le carreau terminal

    Et nous laissant muets, le souffle à ras de terre

    Pareils au boeuf lié qui voit l'homme aux bras secs

    Lever la masse en fonte et viser dans sa vie

    Quand son front fait un bruit de solive pourrie ?...

     

    Luc BÉRIMONT, Les mots germent la nuit, 1951, Poésies complètes Tome 1,
    Le Cherche-midi éditeur / Presses univeritaires d'Angers

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    Rembrandt, Le boeuf écorché, 1655, Musée du Louvre

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  • Par BÉRIMONT et par VAUX

    paysan,terre,

    Je demande quel paradis offrirait la simple richesse de ce mot paysan. Cette volonté sensuelle de toucher, sans profit, aux cheveux de la terre ?

     

    Luc BÉRIMONT, La huche à pain, 1943.

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  • REVUE VERSO

    L'argent

    Entre pralines et manèges, la foule piétine serpentine comme s'insinue la monnaie qui, de la poche de papa vers la pogne du moustachu, glisse sur les plumes de canards en plastique et revient en forme de bolide, pour prix d’une trop rapide pêche

    puis repart et ricoche, mitraille perçant la baudruche, tamponne sous les peluches des inconnus, fond entre les néons et sous la langue, mi-fraise mi-vanille

    et les mains dans les poches on rentre chocolat, assourdi de flon-flons, essoré comme au sortir du grand huit, trébuchant et sonné par bafles et néons, si larges dans la dépense, face aux miroirs grossissants

     

    Revue verso n° 157.

     

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    Toute l'originalité de ce selfie réside dans l'absence de son auteur.

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  • Bernard CHAMBAZ : CONSENTIR à l'OBSCUR

    marcel wanders,lampe,

    Lampe de Marcel WANDERS au Stedelijk Museum d'Amsterdam

     

    Ce faisant, je reconnais la volonté et le besoin d'être clair, entendu quand je lis ou quand on me lit, compris ou pas compris c'est sans doute autre chose, moi je lis la poésie comme le journal, et en même temps il est nécessaire de consentir à l'obscur, à des zones plus opaques, faire que le poème advienne, qu'en quelques lignes on voie apparaître tout ce qui tient à un fil.

    Bernard CHAMBAZ, Eté, Flammarion, 2005.

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  • Thanassis HATZOPOULOS : QUE le LIVRE

    Le banc de bois recouvert de sa nappe

    Le siège, la table basse, la lucarne

    Et les murs nus

     

    Rien d'ouvert que le livre

     

    ...

     

    Thanassis HATZOPOULOS, Cellule, Cheyne, 2012 

    Thanassis HATZOPOULOS,mur,livre,

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