Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Poésie - Page 4

  • Lyonel TROUILLOT et GRANDEUR du PASSÉ

    grandeur du passé,

    ...

    Tes seins ont poussé,

    et ta sagesse,

    et tes cheveux.

    Sache-le désormais :

    Ce n'est pas avec la grandeur du passé qu'on fabrique des lendemains.

    Ce n'est pas la mélancolie qui t'amènera à ton essence.

     

    Lyonel TROUILLOT, Le doux parfum des temps à venir, Actes Sud, 2013.

     

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • L'ÉVIDENCE selon Jeanine MOULIN

    lampe,lumière,

     

    L'évidence

     

    Elle ne s'entoure pas de mots,

    de ces mots qui engagent parfois le poète,

    dans un marais de poissons flétris.

     

    L'évidence,

    on la trouve parfois à l'hôpital

    sur une feuille de températures

    sans syllabes,

    pleine de chiffres qui ne riment pas,

    muette et blanche

    au seuil de cette mort

    qui inspire tant de mots aux poètes,

    mais ne parle pas.

     

    Jeanine MOULIN, Les mains nues, Librairie St Germain des Prés, 1971.

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Fatho AMOY : AVIS aux VOYAGEURS

    ciel,nuages,issue de secours,

    Avis

     

    Voyageurs du soir qui suivent la rumeur

    Des vagues et l'étoile bleue des baies,

    Gardez-vous de trop songer à vos songes

    Et d'héberger pour longtemps les chagrins

    Qui saccagèrent votre vie passée.

    Il est au bout de la nuit une terre tout ensemble

    Proche et lointaine que le jour naissant

    Exalte d'hirondelles et de senteurs de goyave.

    Un pays à portée de cœur et de sourire

    Où le désir de vivre et le bonheur d'aimer

    Brûlent du même vert ardent que les filaos.

    Craignez de le traverser à votre insu :

    Les saisons sur vos talons brouillent le paysage ;

    Mais chaque pas est la chance d'un rêve.

     

    Fatho AMOY, Chaque aurore est une chance, Ceda, 1980.

     

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Dany LAFERRIÈRE et le NORD

    world,weight,

    ...

     

    Tout bouge sur cette planète.

    Vue du ciel on voit son Sud

    toujours en mouvement.

    Des populations entières montent

    chercher la vie au nord.

    Et quand tout le monde y sera

    on basculera par-dessus bord

     

    *

     

    Et l'exil du temps est plus impitoyable

    que celui de l'espace.

    Mon enfance ma manque plus cruellement

    que mon pays.

     

    Dany LAFERRIÈRE, L'Enigme du retour, Grasset et Fasquelle, 2009.

     

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • LORSQU'ACHILLE CHAVÉE SERA MORT

    panneau,chevaux,

     

    Facture

     

    Qu'il fera bon vivre lorsque nous serons morts

    que nous reposerons

    dans je ne sais quel trou du vieux Cosmos

    bien refroidi

    bien étendu

    dans la noire volonté de n'être plus

    avec la pierre du silence absolu

    posée sur notre langue

    qu'il ne faudra plus jamais retourner

    sept fois dans notre bouche

    pour dire ou ne pas dire la vérité acquise

     

    puisque la notion de vérité

    n'emportera plus de signification

    que tous les dieux auront cessé d'être le verbe

    que l'épine plantée jadis dans notre coeur

    n'entraînera plus le moindre cri

    capable de troubler encore

    la présence du néant

     

    Achille CHAVÉE, De vie et mort naturelle, Montbliard, 1960

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • DORMIR selon Roland DUBILLARD

    maison,

     

    Dormir.

    Les clous qui s'endorment

    laissent tomber leurs planches.

    La maison s'écroule si

    une poutre s'endort.

    ...

     

    Roland DUBILLARD, La boîte à outils, L'arbalète, 1985.

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Henri MICHAUX DÉSÉCHAFAUDÉ

    rouille,neige,

     

    Vieillesse

     

    Soirs ! Soirs ! Que de soirs pour un seul matin !

    Ilots épars, corps de fonte, croûtes !

    On s'étend mille dans son lit, fatal déréglage !

    Vieillesse, veilleuse, souvenirs : arènes de la mélancolie !

    Inutiles agrès, lent déséchafaudage !

    Ainsi, déjà, l'on nous congédie !

    Poussé ! Partir poussé !

    Plomb de la descente, brume derrière...

    et le blême sillage de n'avoir pas pu Savoir.

     

    Henri MICHAUX, Plume, Gallimard, 1938

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 1 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Henri MICHAUX : sa VIE...

    fenêtres,givre,tamaris,

     

    Ma vie

     

    Tu t'en vas sans moi, ma vie.

    Tu roules,

    Et moi j'attends encore de faire un pas.

    Tu portes ailleurs la bataille.

    Tu me désertes ainsi.

    Je ne t'ai jamais suivie.

     

    Je ne vois pas clair dans tes offres.

    Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.

    A cause de ce manque, j'aspire à tant.

    A tant de choses, à presque l'infini...

    A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n'apportes.

     

    Henri MICHAUX, La nuit remue, Gallimard,1935

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent