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Poésie - Page 4

  • La LEÇON de Roberto JUARROZ

    nénuphar,

    La vie prend sa leçon

    du mouvement de ce qui ne vit pas :

    des constances de l'eau,

    des décisions du vent,

    des rythmes muets d'une pierre.

     

    La vie prend sa leçon

    des mouvements plus assurés qu'elle.

     

    Roberto JUARROZ, Poésie verticale, Trad. R. Munier, Points Poésie Fayard, 1989.

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  • Roberto JUARROZ et le FRUIT ÉTRANGE

    Fruit à deux moitiés,

    l'une croissant dans l'amer,

    l'autre dans le doux.

    Fruit peut-être de plus de deux moitiés,

    dont la maturité semble être au-dehors,

    dans une bouche sans goût

    ou dans une rencontre avec la sève en bas,

    avant que le tronc ne l'achemine.

    Fruit qui ignore son arbre,

    peut-être parce qu'il n'est pas d'arbre

    pour un si difficile fruit.

    La tombola de l'air

    le réussit à la cinquième saison,

    celle qui règne sous les températures.

     

    Roberto JUARROZ, Poésie verticale, Trad. R. Munier, Points Poésie Fayard, 1989.

     

    arbre,fruit,

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  • Sous l'ANGLE de Serge PEY

    ...

    Car vivre c'est voir

    d'un seul angle de la maison finie

    en pensant qu'on voit

     

    Car mourir c'est voir

    de tous les angles de la maison infinie

    jusqu'à ne plus penser qu'on voit

     

    Serge PEY, Ahuc, Poèmes stratégiques, 1985-2012, Flammarion

     

    maison,

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  • BÂTON de PEY

    ...

    Pour marcher sur un bâton

    il faut tenir

    un chemin à la main

    ou lui glisser une bague

     

    Tout bâton gît

    sur la terre

    comme une soustraction

    abandonnée par ses nombres

     

    Tout homme qui le ramasse

    fait une croix

    avec son ombre

    et s'ajoute au chemin

    qu'il soustrait

     

    Tout homme

    est une addition

    retrouvée

    ...

     

    Serge PEY, Ahuc, poèmes stratégiques 1985-2012, Flammarion, 2012.

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  • Serge PEY en sa MAISON

    ...

    Politesse de la poésie :

    celui qui attend un invité

    dans sa maison

    doit frapper

    à sa propre porte

    pour inviter

    celui qui entre

    à entrer

    ...

     

    Serge PEY, Ahuc poèmes stratégiques 1985-2012, Flammarion, 2012.


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  • Pentti HOLAPPA... et HOP !

    ...

    Tout est possible, peu importe.

    L'indifférence est la haute pensée

    qui règle le cours de événements.

    ...

     

    Pentti HOLAPPA, Les mots longs, Poésie-Gallimard, 1997, Trad. Gabriel Rebourcet.

    DSC04528.JPG

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  • Kiki DIMOULA : ELLE S'EN VA la BELLE SAISON

    sauterelle,été,

    Mimétique

     

    Personne ne s'en rendait compte, et tu t'en allais.

    Tu t'es incarné dans le départ

    autre, entraînant,

    de l'été.

    Tu faisais comme faisait le temps :

    rapetissant comme rapetisse le jour,

    te décolorant comme les arbres

    se décolorent. Tu suivais,

    sans être vue, des caravanes de paysages,

    qui lentement roulaient vers une autre face.

    Et nous disions elle s'en va la belle saison.

    ...

     

    Kiki DIMOULA, Le peu du monde, 1971,
    Poésie-Gallimard, 2010, Trad. Michel Volkovitch.

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  • Laurent ALBARRACIN et les GRENOUILLES

    grenouille,lotus,

    Les grenouilles qui coassent

    sont les cœurs éphémères de l'eau

    elles appellent comme une pompe

    amorçant sa disparition

    un soufflet attisant son envolée

    La bulle est aussi une fleur

    en ses pétales nuls

     

    Laurent ALBARRACIN, Le secret secret, Flammarion 2012.

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  • Kiki DIMOULA : la MÉMOIRE qui TRICHE

    Autoconservation

     

    Ce devait être le printemps

    car le souvenir qui arrive

    saute par-dessus des coquelicots.

    Sauf si la nostalgie

    dans sa hâte,

    a mal vu le souvenu.

    Tout se ressemble tant

    au moment de la perte.

    Mais la mémoire est peut-être exacte

    et ce fond étranger,

    et les coquelicots issus

    d'une autre histoire,

    mienne ou étrangère.

    La mémoire fait des coups pareils.

    Par amour du beau ou par vanité.

    ...

     

    Kiki DIMOULA, Le peu du monde, 1971,
    Poésie-Gallimard, 2010, Trad. Michel Volkovitch.

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  • Georges GUILLAIN sur la PIERRE

    puis assis sur la pierre elle

     

    est chaude polie pourtant par l'eau

    glacée - dedans la pointe d'un bâton de marche

    qui bouillonne - juste le temps de reprendre souffle

    avant de s'éloigner et d'emprunter peut-être une autre force

    à l'usure immobile des choses - leur ombre qui grandit quand

     

    on tourne le dos

     

    Georges GUILLAIN, Avec la terre, au bout, Atelier La Feugraie, 2011

     

    rivière,

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