12 juillet 2011

HAÏKU des VACANCES

 

 

Fête de l'école -
On s'isole pour fumer
derrière la grille

 

 

08 juillet 2011

Emmanuel MOSES en SYRIE

 

 

Hibiscus syrien, souci et chenille
ornaient le disque du soleil couchant
                                   je suis allé trop loin
dans le retour
l’éternité n’a pas toujours fait œuvre de blason

Emmanuel Moses, L’Animal, Flammarion, 2010

 

Rappelons que, même en Syrie, le souci est une plante ornementale florissant tout l'été, et que ce n'est que par analogie si la chenille désigne un équipement militaire.

 

 

17 juin 2011

Jacques DUPIN et le ROSSIGNOL

 

 

Lui, le rossignol, une nuit de mai, la perfection de son chant me tient en éveil, et me comble, et finit de me persuader de ne plus écrire, - ou de m'obstiner follement à écrire, l'une et l'autre, pour lui, allant de soi, étant ressaisis par son chant, relancés par sa folie, le jaillissement de sa gorge touchant le silence...

 

Jacques DUPIN, Echancré, POL, 1991.

 

 

10 juin 2011

Jacques IZOARD et les ÉTINCELLES

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Qu'épaule se brise

et que les os s'émiettent !

Que la langue aussi

s'amenuise !

Ainsi le corps pulvérisé

ne sera qu'étincelles !

 

Jacques IZOARD, Dormir sept ans, La Différence, 2001.

 


03 juin 2011

Jacques IZOARD et la LANTERNE

 

 

Pour l'Ascension, un texte aérien :

 

Poème vide où l'air

ne fait que passer...

Petite lanterne éclaire

l'os creux, la cavité.

S'inscrivent hiéroglyphes

ou mille voyelles d'eau.

Jacques IZOARD, Dormir sept ans, La Différence, 2001.

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31 mai 2011

Jean-Pierre LEMAIRE au PASSAGE du VENT

 

 

 


Dans la forêt verte encore et dorée,

en septembre, le vent s'ouvre des couloirs

mystérieux, à ras de terre, à mi-hauteur,

et fait remuer une seule fougère

qui s'incline et salue, une seule branche

dont les feuilles palpitent silencieusement.

Sans le sentir, tu es sur son passage.

Il faudrait qu'il se fraie en toi une issue

et derrière, à la suite, on verrait bouger

d'autres fougères, d'autres branches,

d'autres hommes peut-être.

 

Jean-Pierre LEMAIRE, revue ARPA n°100/101.

 

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27 mai 2011

Marcel MIGOZZI vers les FERMES

 

 

 

 

 

 



Une chaumine sous des pommiers villageois,

goutte de caramel en bois.

 

Une barrière vernissée

et l'odeur d'une pomme au four.

 

La pierre ébréchée du lavoir.

La vasque à l'oeil exorbité.

 

Marcel MIGOZZI, Vers les fermes, ça fume encore, Potentille, 2007.

 

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20 mai 2011

MAXIMIN : MERCI au POETE

 

 

ICARE DEVOLU

 

A tout poète

sept fois merci

pour oser t’avancer sans déplacer le monde

et combattre les murailles avec des graffitis

exposer ta présence

entre l’enclume et les maîtres du marteau

pour songer à ta dette envers toute solitude

pour apprendre à la chair à démasquer sa peau

pour éclairer les soleils blessés

et nourrir de ta nuit l’intérieur de l’avenir

sept fois merci

poète

horizon vertical

 

Daniel MAXIMIN, L’invention des Désirades, Points Seuil 2009.

 

 

13 mai 2011

Jean-Damien ROUMIEU au POINT du JOUR

 

 

 

J'avise le chêne

et sa ramure.

 

J'avise la foule

et le visage singulier.

 

Je me voue

au point du jour

qui a puissance

de marée.

 

Jean-Damien ROUMIEU, Revue Multiples n° 78.

 


10 mai 2011

Pierre DHAINAUT et les OISEAUX

 

 

........................................ Si tu ignores

comment appeler ces oiseaux, ne le regrette pas,

peut-être ainsi deviendras-tu ce regard

qui les suit, qui s'accorde à leur rythme :

pourquoi ils s'arrêtent, pourquoi ils s'en vont,

personne évidemment ne répondra, tu le devineras,

s'ils ont un secret, c'est le nôtre. ................

 

Pierre DHAINAUT, L'arche, le chemin, Revue ARPA n° 100-101.

 

ste suzanne,

 

 

 

03 mai 2011

RAMOS ROSA : cet INCESSANT DESIR d'ECRIRE

 

 

...
Qui est devant la page sait-il par hasard quel est son chemin ?
Il n’en sait rien et pourtant la barque de l’adolescence frémit
parce qu’elle est la barque du désir incessant
d’écrire avec l’espoir fragile de réveiller la vigueur
à travers l’épaisseur d’un vent végétal
et d’entrer sans le savoir dans un champ d’évidents prodiges
...

Antonio RAMOS ROSA, A la table du vent, Le passeur 1995.

 

 

26 avril 2011

Jean-Damien ROUMIEU : DERRIÈRE la PORTE

 

 

La porte lourde

de vieux chêne

et l'odeur

de la fumée,

la nappe blanche,

 

le pain chaud.

 

Venez passants.

 

Outre le monde

il est

un monde-giroflée.

 

Jean-Damien ROUMIEU, Revue Multiples n° 78.

 


25 avril 2011

PÂQUES, c'est GOFFETTE

 

 

COUVÉE PASCALE

 

À l'aube quand vibrait encore

la gloire du monde, nous descendions

l'échelle des rêves pour chercher

dans l'herbe du jardin

 

l'œuf bleu des promesses, et dans le ciel

un reste du vertige qui nous tirait

des cris, mais tout retombait vite

et l'horizon reprenait

 

son vrai visage : enclos, barrière, octroi.

Nous rentrions couver des yeux

dans l'ombre notre butin comme si

une aile ou un ange

 

allait soudain venir briser la coque.

 

Guy GOFFETTE, Revue ARPA n° 100/101 (époustouflant).

 

 

22 avril 2011

DURCET : POÉSIE ou PAS

 

 

On peut poser sur sa table de chevet un verre d'eau plein (pour quand on a soif) et un autre vide (pour le cas où l'on n'aurait pas soif).

 

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De même, sur le chemin des poètes de Durcet (Orne), on peut lire un poème si on en a l'envie, ou regarder de l'autre côté...

 

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Dans la première hypothèse, on pourra lire sur la borne n° 16

 

Le clochard prenant un bain

De soleil

Fait bronzer ses puces

 

Gilbert AUBERT

 

 

 

 

15 avril 2011

Bernard JACOBIAK : la VOIE des MOTS tout SIMPLES

 

 

Une tristesse noire

en ta voix

va laisser transparaître

l'espoir

dont un bouquet respire

le parfum.

 

Tu arroses les fleurs.

 

Tu entends le silence

et le forces à tenter

la voie des mots tout simples.

 

Tu ferais raconter leurs nuits, aux tournesols.

 

Bernard JACOBIAK, Revue Multiples n° 78.

 

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12 avril 2011

Jean-Damien ROUMIEU et le RÉEL

 

 

Qui tient

le sceptre

du réel ?

 

Ni toi, ni moi,

ni le réel.

 

Tout va, tout vient

et tout repose

sous le regard

des lointains.

 

 

Jean-Damien ROUMIEU, revue Multiples n° 78.

 


29 mars 2011

Marie-Ange SEBASTI au VENT du SOIR

 

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Une bourrasque achève d'effriter
les fortifications du jour

Dans le couchant
une voile latine
reconstruit l'horizon

Marie-Ange SEBASTI, revue Autre Sud n° 43, Décembre 2008.

 

 

25 mars 2011

HOMME-TRONC

 

 

Non, chère âme, à la vie immortelle n'aspire pas, mais épuise le champ du possible.

Pindare, Pythique III.

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- Chérie, i's'ont tout emmêlé l'ADSL ! On est sur Biloba !... 

 

 

 

 

 

11 mars 2011

Jacques JOUET PAPILLONNE

 

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En bon oulipien, Jacques JOUET s'est livré à une riche étude sur le pantoum, poème d'origine malaise à forme fixe dans lequel certains vers se retrouvent de strophe en strophe.

Et pourquoi ce titre ?











Le papillon est, à l'évidence, l'animal fétiche de beaucoup de pantoums, surtout de la première moitié du XIXème siècle. Je vois ces papillons se poser sur les barreaux d'une échelle. Je ne sais pas si l'échelle que constitue éventuellement le poème monte ou descend. La lecture, le plus souvent descend. Alors, lecteur, toi qui descend l'échelle du pantoum, tu ne pourras manquer une observation toute simple : le barreau de l'échelle que tu as touché du pied, tu le retrouveras bientôt sous ta main. C'est le même barreau, puisque le vers est répété à l'identique, mais ce n'en est pas la même prise, la même perception, la même lecture. Il ne connaît pas la même proximité.


Jacques JOUET, Échelle et Papillons, Architecture du verbe, Les Belles Lettres, 1998.

 

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Sur cet escabeau, un peintre en bâtiment s'est efforcé en vain de donner à ses taches la forme de papillons...

 

 

 

15 février 2011

Dans le SAC de Kathleen LOR

 

 

D'une jeune poètesse belge aux atmosphères un peu inquiétantes :

 

Dans le sac de voyage il y a tout

Mais les outils ont des noms qui changent

Le seau un jour vous jette dans le puits.

 

Kathleen LOR, in Décharge n° 148.

 

...mais la poésie s'accommode mal de la quiétude.

 

 

08 février 2011

Simon MARTIN : RIEN à DÉCLARER

 

 

UN JOUR POUR RIEN


Il y a si peu à dire,

à déclarer aux douanes du quotidien.

Un entêtement à vivre.

Une mention passable

en marge du jour.

 

Pas même un ami

à qui j'aurai tendu la main.

Le ciel était plutôt bas,

retenant son souffle.

 

Le jour s'est glissé

entre deux riens

comme une rature

sur le calendrier des postes.

 

Simon MARTIN, écrits au pied de la lettre, Donner à voir, 2010.

 

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04 février 2011

QUENEAU : ne vous INDIGNEZ pas !

 

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Fête des mères

offrez

bas exciting

 

des gens indignés

 

pourtant si les mères ne devaient plus exciter

il n'y aurait que des enfants uniques

tout seuls avec leur Œdipe

 

Raymond QUENEAU, Gallimard, 1967.

 

Il a raison, Raymond : l'indignation n'est pas forcément du côté qu'on croit...

 

 

01 février 2011

Anise KOLTZ et le ZÉRO

 

 

Refermé sur lui-même
le zéro est infini
Néant sans tache
sans couleur
secret et invisible
comme un organe génital

le zéro existe

et fait exister

 

Anise Koltz, Béni soit le serpent, éditions Phi, 2004.

 

Et courage ! Parce qu'il y a le zéro, bientôt il y aura + 5 et même + 10 degrés Celsius !

 


28 janvier 2011

RUMINER selon Anise KOLTZ



Pour comprendre la poésie

il faut sept fois

la ruminer

avant que le jour

ne fasse éclater
le gosier des oiseaux


Anise Koltz,
L’Ailleurs des mots, Arfuyen, 2007.


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25 janvier 2011

SEULEMENT L'ÉCHO : une ANTHOLOGIE de HAÏKUS

 

 

L'évolution du haïku, de la France des années 20 au monde francophone de 2010, c'est ce que propose l'anthologie de Dominique CHIPOT Seulement l'écho.

S'y confrontent des auteurs de haïku contemporains aux thèmes qu'avait retenus René MAUBLANC pour aboutir au premier recueil du genre paru en 1923.

L'important travail de recherche sur ce temps des pionniers est synthétisé au fil des numéros de la revue en ligne Ploc !

 

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Le poète japonais
Essuie son couteau :
Cette fois l'éloquence est morte.

 

Julien VOCANCE, 1921.

 

Et - privilège du blogueur maître de céans - :

 

Lecture sous le noisetier
Par dessus mon épaule
une pie

Henri CHEVIGNARD.

 


21 janvier 2011

Anise KOLTZ : HISTOIRE d'un CAILLOU

 

 

Si le caillou
que je porte dans ma main
était un autre univers
semblable au nôtre

Où le soleil se couche

et se lève

selon que j’ouvre

ou ferme la main


Ou si c’était un enfant

pétrifié
d’avoir vécu



Anise KOLTZ,
L’Ailleurs des mots, Arfuyen, 2007.

 


04 janvier 2011

REVERDY : NON et NON

 

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Dans le n° 13 de la revue Iciéla, Claude CAILLEAU étudie le dialogue de Pierre REVERDY avec la peinture. Cela nous vaut cette vérité :

Ce sont les poètes qui ont créé un art non descriptif, ensuite les peintres en créèrent un non imitatif.

 


01 janvier 2011

2011 : ANNÉE du RADIS

 

 

Le Radis

 

Rencontre exquise

et malicieuse

de la couleur et

du maintien

 

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Aussi, Sur du Vent souhaite pour 2011 à ses lecteurs
rencontres, malice, couleur, maintien... et radis !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

28 décembre 2010

Philippe SOUPAULT : POÈME à BOIRE

 

 

À boire

 

Si le monde était un gâteau

La mer de l'encre noire

Et tous les arbres des lampadaires

Qu'est-ce qui nous resterait à boire

 

Philippe SOUPAULT, Chansons, 1921.

 

En ces périodes de bombances, la question est moins surréaliste qu'existentielle...

 

 

21 décembre 2010

Anatoly KUDRIAVISTKY et l'EUROPE

 

 

Anatoly KUDRIAVITSKY est irlandais, d'origine russe. Sa vision s'en ressent :

 

 

L'Europe réfléchie dans ma théière

 

pas facile à reconnaître : la courbe argentée

agrandit la France et l'Allemagne

mais réduit les autres états.

 

L'Irlande est à peine visible

la Russie tend à glisser

vers le flanc sombre de l'existence

.

.

.

 

Anatoly KUDRIAVITSKY, traduit de l'anglais pour Poésie-première n°40.

 

Le poète aura toujours un temps d'avance sur l'agence de notation.