07 mai 2013

Laurent ALBARRACIN et la FOUGÈRE

Fougère foudre légère

poussée en son point d'impact

comme une cravache de l'air

un harnais de cuir en pot

un fouet sage, la côte d'une cage

où naît l'oiseau du ciel

 

Laurent ALBARRACIN, Le Secret secret, Flammarion 2012.

 

vélo,forêt,

03 mai 2013

SOUPAULT, OUI ! le TROUPEAU, NON !

Jours blancs jours de peine

jours de laine moutons

que l'on pousse et que l'on tond

troupeaux de jour sans haleine

...

 

Philippe SOUPAULT, L'arme secrète, 1946.

 

mouton,

30 avril 2013

Daniel BOULANGER A MANGÉ son PAIN BLANC

retouche au détachement

 

vieille et soudain perverse

l'âme au marteau d'ivoire disperse

livres tableaux dessins et fleurs de paravents

 

les murs sont blancs

 

Daniel BOULANGER, Vestiaire des anges, Grasset, 2012.

 

toile de jouy,papier peint,

22:01 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2)

23 avril 2013

Daniel BOULANGER COMME du BON PAIN

retouche au bonheur

 

devant le jardin en prière

l'arbre épouse son ombre

le soleil pontifie

 

sur le bord d'un verre où dort un fond d'eau

une fourmi tourne et croit à l'éternité

 

Daniel BOULANGER *, Vestiaire des anges, Grasset, 2012

arbre,cabane,

* les plus assidus auront remarqué qu'il est mon préféré à moi que je préfère.

19 avril 2013

Philippe SOUPAULT et les VENTS

vent,drapeau,

...

Je songe à vous absents ivres ou dormeurs

vents de terre et de mer

vous qui apprenez qu'il faut vivre

avec des ailes

ou dormir sans scrupules

...

 

Philippe SOUPAULT, Georgia, 1926.

16 avril 2013

C'EST dans les VIEUX SOUPAULT...

Say it with music

 

Les bracelets d'or et les drapeaux

les locomotives les bateaux

et le vent salubre et les nuages

je les abandonne simplement

mon coeur est trop petit

ou trop grand

et ma vie est courte

je ne sais quand viendra ma mort exactement

mais je vieillis

je descends les marches quotidiennes

en laissant une prière s'échapper de mes lèvres

À chaque étage est-ce un ami qui m'attend

est-ce un voleur

est-ce moi

je ne sais plus voir dans le ciel

qu'une seule étoile ou qu'un seul nuage

selon ma tristesse ou ma joie

je ne sais plus baisser la tête

est-elle trop lourde

Dans mes mains je ne sais pas non plus

si je tiens des bulles de savon ou des boulets de canon

je marche

je vieillis

mais mon sang rouge mon cher sang rouge

parcourt mes veines

en chassant devant lui les souvenirs du présent

mais ma soif est trop grande

je m'arrête encore et j'attends

la lumière

Paradis paradis paradis

 

Philippe SOUPAULT, Georgia, 1926.

entretien régulier,moteur,tracteur,deutz,

12 avril 2013

La NEIGE par MONTS et par BELLEVEAUX

neige,

est-ce que la neige adoucit le paysage ?

est-ce important ?

des flocons comme on enfilerait des perles

de siècles

du temps qui file, dégringole...

mauvais temps ? au contraire, ça ralentit,

la vie se pose, le monde murmure sa

respiration longuement, c'est l'éternité.

absence. paix. un chien s'étonne sous les

sapins, moi je scrute le néant blanc, j'y

cherche une trace du verbe, quelque chose.
 

Jean-Christophe BELLEVEAUX, Caillou, Gros textes, 2003.

05 avril 2013

Paul-Louis ROSSI dans le MÉTRO

TOI LA NATURE


Toi la Nature
avec ton visage d’éternité
avec ta maniëre d’en conter
des aventures des histoires
toujours les mèmes
Avec ton arbre généalogique
qui n’en finit plus
de nous étouffer
avec ton existence
qui traîne partout
Toi la Nature je te fais reculer
avec le premier morceau
de ferraille venu
plongé dans ton sein
plein de rouille et de goudron
Moi l’Homme je lance contre toi
mon tramway jaune et rouge
et mon autobus bleu
Moi simple receveur
de la Compagnie des Transports en Commun

Paul-Louis ROSSI, Action Poétique n° 17, juin 1962.

 

panneau,cochons,

26 mars 2013

TOUT ACTION POÉTIQUE !

action poétique.gif

L'intégralité des numéros d'Action Poétique est à télécharger ici.

L'occasion de pêcher, par exemple, cet inédit (d'alors) de Max JACOB :

 

Les pédagogues n’ont pas de tact : la Rud’ UIm
Je me promène la nuit sous les arbres avec une belle jeune fille : elle est phosphorescente par intermittence et par amour.

 

15 mars 2013

Michel BUTOR au JAPON

   

gravier,râteau,neige,


    Le râteau corrige les traces

    qu'ont laissées les intempéries

    effaçant aussi les oracles

    dessinés par les azalées

 

Dans les fissures qui demeurent

des derniers séismes voici

un germe tentant l'aventure

dans l'émerveillement de ceux

qui n'ont pas encore retrouvé

tout à fait leur stabilité

après la ruine des maisons

où ils conservaient leurs trésors

 

    C'est le temps qui passe et repasse

    la lessive de nos journées

    tandis que le rêve s'écoule

    dans le sablier des errances

...

 

Michel BUTOR, Fleurs sur les trottoirs d'Osaka, la Nouvelle Revue Française, Du japon, mars 2012.