On peut recevoir la grâce de l'invisible
sans dieu ni foi ni loi
sans autre tentation
que de lâcher la proie pour l'autre.
André VELTER, Du Gange à Zanzibar, Gallimard, 1993
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On peut recevoir la grâce de l'invisible
sans dieu ni foi ni loi
sans autre tentation
que de lâcher la proie pour l'autre.
André VELTER, Du Gange à Zanzibar, Gallimard, 1993
Malgré les limites du cadre, un ange se tient dans toute la distance de sa verticalité transparente
son sourire invisible et silencieux, mais s'ouvre un dialogue voué à l'infini, des souvenirs comme des horizons
les voix sont égales de grâce et l'ange, sans plus de soupçon de vanité, se hisse à hauteur d'homme
et pour cela renonce à ses ailes qui vicieraient la réalité du monde, fausseraient la distance entre les âmes
Un effleurement perpétuel serait la douleur de l'ange, comme une voix étrangère qui parlerait par sa voix
en délivrant du haut vers le bas un message définitif sans les irisations incertaines du dialogue
Quelques mots de l'ange, glissés sur son regard d'azur et d'un geste économe, voilà sa distance
voilà la justesse de cordes et de vents qui semblent demander grâce et dont il est le gardien
quand, bien que toute de pétales, son empreinte demeure, et que personne ne songe à dire un ange passe
puisque toute gêne est à distance, le dialogue est d'or, et Dieu lui-même acquiesce à cette paix
Puis bientôt comme par vengeance, attribut éternel du fils d'Adam, le fardeau de la douleur s'abat sur l'ange
et l'on parle de chute, évoquant à la fois le fleuve qui se rompt et la fin ironique d'une histoire
Que notre grâce d'être né soit ce théâtre sans doublure où ne se programme qu'une seule fois, entre deux rideaux de paupières closes, un impromptu dont toute reproduction est interdite,
Il me semble que je l'ai su dès l'enfance, dès mes yeux ouverts sur la lumière facile de ma colline sans hiver :
Incroyable nouvelle dont nous sommes si peu à vouloir nous tenir informés,
A cause de l'épouvante.
Yves MAZAGRE, La lutte finale, Librairie-Galerie Racine, 2010
l'utilité
renversement de la grâce
les épaules de l'ange
à terre
vallée pour les larmes
Grâce
Tu n’apaiseras pas l’humiliation du pauvre affamé
et tu n’éteindras pas la soif brûlante de revanche
ni ne protégeras de ton corps
la maison qu’on démolit
et le landau de la petite fille montant au ciel en tempête
tu ne le saisiras ni ne le reposeras doucement à terre –
tu n’extirperas pas le règne du Malin.
Retourne donc chez toi
va vers ton compagnon, ton unique,
celui que tu aimes,
vers la supplique jaune de ses yeux fendus
et enfouis ton visage dans sa fourrure.
Une caresse
au chat unique
au monde.
Tal NITZÁN, www.lyrikline.org.
En cette actualité états-unienne de passation de pouvoirs, il est opportun de citer PREVERT :
« Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ? ».
Le mot juste était « pontifier », mais la mécréance du poète a permis le calembour.
A chacun sa grâce.
Et que l’espérance obamaniaque soit moins éphémère que la libellule.