dimanche, 27 septembre 2009

Gaston PUEL en St LAZARE

 

Lazare

J'habitais un corps lézardé. Il dut se fendre d'un coup : je reçus l'aube comme un baquet d'eau fraîche.
Quand la nuit n'est qu'une lie et que le regard n'ausculte que l'abîme, quel bonheur (je suis sûr de ce mot) de se hisser hors de la margelle ! Les mains meurtries touchent l'huile du jour ; le visage s'élance, plus léger que les jambes.
Est-ce l'innocence du matin ? La grâce d'un fruit cueilli ? Je ne sais, je ne saurai jamais. Mon cœur bat dans un homme étonné de se savoir en vie. Cela ressemble à un secret.


Le Cinquième Château, Éd. La Fenêtre ardente


 

dimanche, 28 juin 2009

SOLSTICE d'ÉTÉ

 

Alors que nous nous persuadons de ce côté du globe que l'été bat son plein, derrière l'Oural on ne voit déjà que déclin du jour.

Mais parfois, par nos longitudes, un René CHAR comprend le monde d'une manière orientale :


La nuit ne succède qu'à elle. Le beffroi solaire n'est qu'une tolérance intéressée de la nuit.


La nuit talismanique, Albert Skira, 1972.


mardi, 12 mai 2009

AUBES

Les intuitions des poètes concordent parfois.


Ainsi, de Marcel PELTIER,  le court

aube

les choses se nomment

renvoit au dernier distique d'un poème de Georges JEAN

Et le jour ouvre nos lèvres

Et les mots entrent dans les choses.