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Poésie - Page 86

  • MAXIMIN : MERCI au POETE

     

     

    ICARE DEVOLU

     

    A tout poète

    sept fois merci

    pour oser t’avancer sans déplacer le monde

    et combattre les murailles avec des graffitis

    exposer ta présence

    entre l’enclume et les maîtres du marteau

    pour songer à ta dette envers toute solitude

    pour apprendre à la chair à démasquer sa peau

    pour éclairer les soleils blessés

    et nourrir de ta nuit l’intérieur de l’avenir

    sept fois merci

    poète

    horizon vertical

     

    Daniel MAXIMIN, L’invention des Désirades, Points Seuil 2009.

     

     

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  • Jean-Damien ROUMIEU au POINT du JOUR

     

     

     

    J'avise le chêne

    et sa ramure.

     

    J'avise la foule

    et le visage singulier.

     

    Je me voue

    au point du jour

    qui a puissance

    de marée.

     

    Jean-Damien ROUMIEU, Revue Multiples n° 78.

     


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  • Pierre DHAINAUT et les OISEAUX

     

     

    ........................................ Si tu ignores

    comment appeler ces oiseaux, ne le regrette pas,

    peut-être ainsi deviendras-tu ce regard

    qui les suit, qui s'accorde à leur rythme :

    pourquoi ils s'arrêtent, pourquoi ils s'en vont,

    personne évidemment ne répondra, tu le devineras,

    s'ils ont un secret, c'est le nôtre. ................

     

    Pierre DHAINAUT, L'arche, le chemin, Revue ARPA n° 100-101.

     

    ste suzanne,

     

     

     

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  • RAMOS ROSA : cet INCESSANT DESIR d'ECRIRE

     

     

    ...
    Qui est devant la page sait-il par hasard quel est son chemin ?
    Il n’en sait rien et pourtant la barque de l’adolescence frémit
    parce qu’elle est la barque du désir incessant
    d’écrire avec l’espoir fragile de réveiller la vigueur
    à travers l’épaisseur d’un vent végétal
    et d’entrer sans le savoir dans un champ d’évidents prodiges
    ...

    Antonio RAMOS ROSA, A la table du vent, Le passeur 1995.

     

     

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  • Jean-Damien ROUMIEU : DERRIÈRE la PORTE

     

     

    La porte lourde

    de vieux chêne

    et l'odeur

    de la fumée,

    la nappe blanche,

     

    le pain chaud.

     

    Venez passants.

     

    Outre le monde

    il est

    un monde-giroflée.

     

    Jean-Damien ROUMIEU, Revue Multiples n° 78.

     


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  • PÂQUES, c'est GOFFETTE

     

     

    COUVÉE PASCALE

     

    À l'aube quand vibrait encore

    la gloire du monde, nous descendions

    l'échelle des rêves pour chercher

    dans l'herbe du jardin

     

    l'œuf bleu des promesses, et dans le ciel

    un reste du vertige qui nous tirait

    des cris, mais tout retombait vite

    et l'horizon reprenait

     

    son vrai visage : enclos, barrière, octroi.

    Nous rentrions couver des yeux

    dans l'ombre notre butin comme si

    une aile ou un ange

     

    allait soudain venir briser la coque.

     

    Guy GOFFETTE, Revue ARPA n° 100/101 (époustouflant).

     

     

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  • DURCET : POÉSIE ou PAS

     

     

    On peut poser sur sa table de chevet un verre d'eau plein (pour quand on a soif) et un autre vide (pour le cas où l'on n'aurait pas soif).

     

    durcet,chemin des poètes,

     

    De même, sur le chemin des poètes de Durcet (Orne), on peut lire un poème si on en a l'envie, ou regarder de l'autre côté...

     

    Durcet,chemin des poètes,

     

    Dans la première hypothèse, on pourra lire sur la borne n° 16

     

    Le clochard prenant un bain

    De soleil

    Fait bronzer ses puces

     

    Gilbert AUBERT

     

     

     

     

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  • Bernard JACOBIAK : la VOIE des MOTS tout SIMPLES

     

     

    Une tristesse noire

    en ta voix

    va laisser transparaître

    l'espoir

    dont un bouquet respire

    le parfum.

     

    Tu arroses les fleurs.

     

    Tu entends le silence

    et le forces à tenter

    la voie des mots tout simples.

     

    Tu ferais raconter leurs nuits, aux tournesols.

     

    Bernard JACOBIAK, Revue Multiples n° 78.

     

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