Qui tient
le sceptre
du réel ?
Ni toi, ni moi,
ni le réel.
Tout va, tout vient
et tout repose
sous le regard
des lointains.
Jean-Damien ROUMIEU, revue Multiples n° 78.
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Qui tient
le sceptre
du réel ?
Ni toi, ni moi,
ni le réel.
Tout va, tout vient
et tout repose
sous le regard
des lointains.
Jean-Damien ROUMIEU, revue Multiples n° 78.
Une bourrasque achève d'effriter
les fortifications du jourDans le couchant
une voile latine
reconstruit l'horizon
Marie-Ange SEBASTI, revue Autre Sud n° 43, Décembre 2008.
Non, chère âme, à la vie immortelle n'aspire pas, mais épuise le champ du possible.
Pindare, Pythique III.
- Chérie, i's'ont tout emmêlé l'ADSL ! On est sur Biloba !...
En bon oulipien, Jacques JOUET s'est livré à une riche étude sur le pantoum, poème d'origine malaise à forme fixe dans lequel certains vers se retrouvent de strophe en strophe.
Et pourquoi ce titre ?
Le papillon est, à l'évidence, l'animal fétiche de beaucoup de pantoums, surtout de la première moitié du XIXème siècle. Je vois ces papillons se poser sur les barreaux d'une échelle. Je ne sais pas si l'échelle que constitue éventuellement le poème monte ou descend. La lecture, le plus souvent descend. Alors, lecteur, toi qui descend l'échelle du pantoum, tu ne pourras manquer une observation toute simple : le barreau de l'échelle que tu as touché du pied, tu le retrouveras bientôt sous ta main. C'est le même barreau, puisque le vers est répété à l'identique, mais ce n'en est pas la même prise, la même perception, la même lecture. Il ne connaît pas la même proximité.
Jacques JOUET, Échelle et Papillons, Architecture du verbe, Les Belles Lettres, 1998.
Sur cet escabeau, un peintre en bâtiment s'est efforcé en vain de donner à ses taches la forme de papillons...
D'une jeune poètesse belge aux atmosphères un peu inquiétantes :
Dans le sac de voyage il y a tout
Mais les outils ont des noms qui changent
Le seau un jour vous jette dans le puits.
Kathleen LOR, in Décharge n° 148.
...mais la poésie s'accommode mal de la quiétude.
UN JOUR POUR RIEN
Il y a si peu à dire,
à déclarer aux douanes du quotidien.
Un entêtement à vivre.
Une mention passable
en marge du jour.
Pas même un ami
à qui j'aurai tendu la main.
Le ciel était plutôt bas,
retenant son souffle.
Le jour s'est glissé
entre deux riens
comme une rature
sur le calendrier des postes.
Simon MARTIN, écrits au pied de la lettre, Donner à voir, 2010.

Éros publicité
Fête des mères
offrez
bas exciting
des gens indignés
pourtant si les mères ne devaient plus exciter
il n'y aurait que des enfants uniques
tout seuls avec leur Œdipe
Raymond QUENEAU, Gallimard, 1967.
Il a raison, Raymond : l'indignation n'est pas forcément du côté qu'on croit...
Refermé sur lui-même
le zéro est infini
Néant sans tache
sans couleur
secret et invisible
comme un organe génital
le zéro existe
et fait exister
Anise Koltz, Béni soit le serpent, éditions Phi, 2004.
Et courage ! Parce qu'il y a le zéro, bientôt il y aura + 5 et même + 10 degrés Celsius !