silence
regards
importance des interstices
la vie n'est pas un jeu
de rôles
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regards
importance des interstices
la vie n'est pas un jeu
de rôles

Ma vie
Tu t'en vas sans moi, ma vie.
Tu roules,
Et moi j'attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi.
Je ne t'ai jamais suivie.
Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.
A cause de ce manque, j'aspire à tant.
A tant de choses, à presque l'infini...
A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n'apportes.
Henri MICHAUX, La nuit remue, Gallimard,1935

Entre vin sous vos pieds et récoltes au-dessus de vos plafonds, ne vous laissez pas griser
De la cave au grenier ne voyez pas votre corps, et pas votre vie dans le pain et le vin
qui ne sont que grains, vapeurs, poussières

rumeurs de tête, une rivière me traverse
c'est la vie qui m'échappe
l'épanchement rêvé du temps
les yeux clos, j'entends la voix des pêcheurs
le son des cloches, tout en pampre musical
quelle fraîcheur à travers moi
Hubert HADDAD, Oxyde de réduction, Dumerchez, 2007.
Fini, dira un jour notre mère Nature,
fini de rire et de pleurer, mon enfant
et recommencera à nouveau la vie sans bornes
qui ne voit pas, qui ne parle pas, qui ne pense pas.
Nâzim HIKMET, Il neige dans la nuit et autres poèmes, Poésie-Gallimard 1999.
mais nous
ne faisons que suivre
des traces
nous-mêmes ne sommes
que des traces
de la vie
c'est pourquoi il nous faut tant
nous tenir pour ne pas nous perdre
tant entendre ce qu'on dit
sans savoir
tant voir ce qu'on
cotoie sans le voir et moins
on reconnaît l'invisible
plus on devient invisible
Henri MESCHONNIC, Je n'ai pas tout entendu, Dumerchez, 2000.
La vie prend sa leçon
du mouvement de ce qui ne vit pas :
des constances de l'eau,
des décisions du vent,
des rythmes muets d'une pierre.
La vie prend sa leçon
des mouvements plus assurés qu'elle.
Roberto JUARROZ, Poésie verticale, Trad. R. Munier, Points Poésie Fayard, 1989.
...
Coûteuse idée, la vie.
On affrète un monde
pour faire le tour d'une barque.
Kiki DIMOULA, Je te salue Jamais, 1988,
Poésie-Gallimard, 2010, Trad. Michel Volkovitch.