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Le coup d'aile d'un oiseau dans le ciel de grand gel dure aussi longtemps que la ville aux murs coulés de béton.
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Pentti HOLAPPA, Les mots longs, Poésie-Gallimard, 1997, Trad. Gabriel Rebourcet.
Poésie - Page 71
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Pentti HOLAPPA et l'OISEAU
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Anna JOUY : sous les PIERRES
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tu sais que j'ouvre les yeux sous les pierres
puisqu'il y a du ciel à boire
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Anna JOUY, Ecrit(s) du Nord n° 23 - 24.
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Le PRINTEMPS de Christophe JUBIEN
L'automne, les chrysanthèmes... on ne pouvait pas imaginer pour aujourd'hui une note plus décalée :
Fausse alerte
On marche dans la rue
et c'est dans l'air
quelque chose
l'onction d'une douceur
une invite
un changement
qui appelle un changement
Les primevères et les narcisses
les hirondelles ont répondu
mais trois enfants
en ont frappé un quatrième
si bien que je ne sais plus.
Christophe JUBIEN, Miroitement sur terre de la petite flaque d'eau, Donne à Voir, 2013.
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Serge PEY en CHEMIN
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La poésie contemple
tous les chemins
La poésie est une volonté
de croire les contradictions
La route ne voyage
pas pour arriver
mais pour inventer
ses croisements
Serge PEY, Ahuc, Poèmes stratégiques, 1985-2012, Flammarion
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La LEÇON de Roberto JUARROZ
La vie prend sa leçon
du mouvement de ce qui ne vit pas :
des constances de l'eau,
des décisions du vent,
des rythmes muets d'une pierre.
La vie prend sa leçon
des mouvements plus assurés qu'elle.
Roberto JUARROZ, Poésie verticale, Trad. R. Munier, Points Poésie Fayard, 1989.
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Roberto JUARROZ et le FRUIT ÉTRANGE
Fruit à deux moitiés,
l'une croissant dans l'amer,
l'autre dans le doux.
Fruit peut-être de plus de deux moitiés,
dont la maturité semble être au-dehors,
dans une bouche sans goût
ou dans une rencontre avec la sève en bas,
avant que le tronc ne l'achemine.
Fruit qui ignore son arbre,
peut-être parce qu'il n'est pas d'arbre
pour un si difficile fruit.
La tombola de l'air
le réussit à la cinquième saison,
celle qui règne sous les températures.
Roberto JUARROZ, Poésie verticale, Trad. R. Munier, Points Poésie Fayard, 1989.
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Sous l'ANGLE de Serge PEY
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Car vivre c'est voir
d'un seul angle de la maison finie
en pensant qu'on voit
Car mourir c'est voir
de tous les angles de la maison infinie
jusqu'à ne plus penser qu'on voit
Serge PEY, Ahuc, Poèmes stratégiques, 1985-2012, Flammarion
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BÂTON de PEY
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Pour marcher sur un bâton
il faut tenir
un chemin à la main
ou lui glisser une bague
Tout bâton gît
sur la terre
comme une soustraction
abandonnée par ses nombres
Tout homme qui le ramasse
fait une croix
avec son ombre
et s'ajoute au chemin
qu'il soustrait
Tout homme
est une addition
retrouvée
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Serge PEY, Ahuc, poèmes stratégiques 1985-2012, Flammarion, 2012.