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langage

  • Gérard MACÉ et le LANGAGE

    rivière,reflet,eau,

     

    Oublier le langage,

    pour être aussi agile

    que le nageur qui oublie l'eau.

    Pour être aussi sage

    que le sage assis dans l'oubli.

     

    Le corps qui flotte comme du bois mort,

    le cœur aussi léger que des cendres

    et les flots si faciles à descendre,

    quand on est dans les remous du temps

    comme un poisson dans l'eau.

     

    Gérard MACÉ, Filles de la mémoire, Gallimard, 2007

     

     

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  • Paul RICŒUR PENSE le LANGAGE

    sourire,femme,langage,

     

    ... avant la création de la femme, le langage est bien là, mais comme "langue", comme simple répertoire de mots-étiquettes assignés aux autres vivants ; c'est seulement avec la femme que le langage naît pour de bon comme "parole", plus précisément comme phrase peuplée de déictiques...

    Il fallait la femme pour que la première parole articulée de l'homme fût d'admiration. Mais la naissance de la parole, contemporaine de celle de la femme, est-elle pour autant celle d'un poème ? Non, pas tout à fait, car, à la parole dirigée de l'homme vers la femme, seul le Cantique ajoute la réciprocité d'une parole échangée entre deux amants égaux dans l'admiration mutuelle, voire... une réciprocité dont l'initiative revient à la femme.

     

    Paul RICŒUR, Penser la Bible, Seuil, 1998

     

     

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  • Le LANGAGE selon Alejandra PIZARNIK

    neige,silhouettes,foule,,

     

    Nuit d'insomnie. J'ai pensé au langage avec tristesse. Pourquoi est-ce que j'écris ? J'ai répondu par cette scène imaginaire. Je vis au Tibet, seule, dans une cabane. Je ne parle jamais avec personne puisque j'ignore la langue de mes voisins. Écrire est ma plus grande ingénuité. C'est comme vouloir contenir ce qui déborde. Dans mon cas, c'est le rêve. Le silence, maîtrise surveillée. Écrire dès lors pour défendre tout cela. Pour mériter mon espace silencieux.

     

    Alejandra PIZARNIK, Journaux 1959-1971, trad. Anne Picard, José Corti, 2010

     

     

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  • שפה : le LANGAGE-RIVAGE

    jaune,bois,bleu,

     


    Imaginées le long temps d'un silence bleu, les côtes maintenant se dessinent où bientôt s'inscriront nos pas
    Ce rivage abordé, toutes ses épices viennent en bouche, toute sa soie bruisse aux oreilles et pare les esprits de nouvelles teintes
    C'est la puissance du langage, qui dit la chose et aussi son ombre, l'extrait de son argile pour en trouver le sel

     

     

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  • L'ÉCRITURE selon Kenneth GOLDSMITH

    pierrier,pierres,

     

    Le langage est drainé, et draine en retour ; l'écriture est devenue un mode de collision, une cuve d'atomes.

     

    Kenneth GOLDSMITH, L'écriture sans écriture, Trad. F. Bon, Jean Boîte, 2018

     

     

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  • Gérard MACÉ et le LANGAGE

    balance,

     

    Vieux penseur

     

    qui ne veut rien changer au langage,

    tu pèses les choses et les astres, et même

    les souvenirs sur des balances où le temps

    met tout son poids.

    ...

     

    Gérard MACÉ, Homère au royaume des morts a les yeux ouverts, Le bruit du temps, 2015.

     

     

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  • HERBES

    oreilles,feuilles,

     

    mauvaises herbes

    à mes oreilles

     

    musique étouffée

     

    taille sévère

    au langage

     

     

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  • Le LANGAGE selon Edmond JABÈS

    moto,jouet,meccano,

    Je songe aux jouets de mes cinq ans. Une fois miens, ils furent les maîtres. Je croyais pouvoir, avant qu'on me les offrît, les manier à ma fantaisie. Je m'aperçus très vite que je pouvais les détruire au gré de mon humeur ; mais si je les voulais vivants, que je devrais respecter leur mécanisme, leur âme immortelle.

    Ainsi le langage.

     

    Edmond JABÈS, Marche à vif jusqu'à l'homme, NRF Poésie-Gallimard.

     

     

     

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