
spectre
de cent métronomes
s'évanouissant
jusqu'à un silence
de spectre
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spectre
de cent métronomes
s'évanouissant
jusqu'à un silence
de spectre

Je ne serais qu'un radeau
dérivant sur l'océan
qu'aussi je suis
la pierre carrée minuscule
dans le temple circonscrite
de mon propre ventre
Je serais un problème de géométrie
Comment d'un simple burin
étirer cette pierre
jusqu'au-delà des voûtes ?
Comment de ces quatre planches
dompter tout l'infini de l'océan
pour gagner enfin le juste rivage ?

Après le jardin
L'homme se souvenait
du ventre de la demeure
de l'étreinte du jardin
de l'escale des mots
du crépuscule enfoui
en de juteuses racines
Un regret furtif
le fit osciller
vers l'arrière
Puis demain s'anima
d'autres secrets
Et l'homme s'élança
vers l'espace nu.
Andrée CHEDID, Poèmes pour un texte, Flammarion, 1991

œuvre
à recevoir
du monde
pour lui rendre
en morceaux
minuscules

menthe
sucre
des peaux
à chaque heure
sa nouba
son thé

Ce sont les nuits démesurées de l’Ukraine,
le métal chassé du ciel, l’accord magique des étoiles
qui retentit à travers le paysage velouté de l’obscur.
La terre attend, retient son souffle.
Armée d’argent, la nuit commence son règne.
...
Franz FUHMANN, Adaptation H.Deluy, Action poétique n° 19, 1962

chambre
sans écho
obscure
cerveau
et sang
courant
entre les murs

bleue
la mémoire
même amère
même au goût d'écorces
d'orange