
Vrai, est-ce calomnier si nous disons
Que nous sommes les fils dorés de la captivité ?
En voulant ignorer
Que nous sommes les gardiens de notre petitesse ?
Nosrat RAHMANI, Action Poétique n° 39, 1968.
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Vrai, est-ce calomnier si nous disons
Que nous sommes les fils dorés de la captivité ?
En voulant ignorer
Que nous sommes les gardiens de notre petitesse ?
Nosrat RAHMANI, Action Poétique n° 39, 1968.

Bill Evans
Voûté sur son métier
aux seules trames de pie
pour en trouver l'envol
échappé de l'oblique fenêtre
- un dieu ne ferait pas mieux
qui surplombe les étoiles
et les éparpille d'un revers -
le pianiste l'oeil en-dedans
de ce cachot laqué creuse les gammes
jusqu'à y toucher le jour

il y a quelque chose de bancal dans le théâtre du Globe, comme venu de l'antipode
le pas d'un animal aux jambes inégales, qui lance d'atones épaules, et ramène un fessier puissant
en costume de kangourou, c'est le pentamètre ïambique qui chaloupe, tourneboule les cœurs et renverse les rois

Traçant les lettres de l'hébreu, je me vois une main d'enfant et mes lèvres crispées emprisonnent ma langue
le shin (ש) ferait grincer les dents, même sans les crissements de la craie, la courbe du samekh (ס) se dérobe sous les pieds et l'angle du tsadé (צ) me menace de plaie
tandis que le hé (ה) apaise mon souffle, donnant sa justesse à mon trait

l'homme d'Orient aime l'Orient
comme l'aime l'homme d'Occident
et il adhère à l'Occident
avec le même soupçon
que l'homme d'Occident
Abdelwahab MEDDEB, Portrait du poète en soufi, Belin, 2014.

Par milliers sur les routes de juillet
les voitures brûlent gomme
Une manche à air dit grand vent
quand un épervier s'apprête à plonger
sur le dernier instant d'un mulot


Un mot unique pour le sable et pour le profane, c'est de l'hébreu, on en déduit que le sacré nécessite de la pierre
un Temple, un mur, le plus païen des mégalithes à la porte d'une église
Le destin du sacré serait donc de se dissoudre sous les attaques du temps et des vents ?