
Hypocrite le crayon, qui annote les livres des bibliothèques
Injure, temps gâché ou carbone ne sont jamais effacés
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Hypocrite le crayon, qui annote les livres des bibliothèques
Injure, temps gâché ou carbone ne sont jamais effacés

La journée était un combat, le pain est la forme apaisée de son butin
Blanche la mie partage sa chaleur, quand ténébreux se trouble le visage de l'ennemi
Ce serait un ange mais il s'est évanoui ; ne me restent que les miettes de la boulange

Pour moi, écrire de la poésie, c'est comme descendre à la boulangerie et acheter mon pain.
Yehuda AMICHAÏ, cité ici par Emmanuel MOSES.

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l’histoire de l’orthographe française est avant tout une bataille des idées
un guide historique de Rome doit pouvoir servir de point de départ
l’appareil cochléaire est un sens toujours en éveil pendant le sommeil
on reconnaît chez les Orthoptères six sortes de chants différents
le jeu consiste à regrouper les mots qui sont égaux selon ce chiffrage
Michelle GRANGAUD, Action Poétique n° 151, Été 1998.
L’auteure explique plus haut la contrainte qui l’a menée à ce poème (d’actualité) :
Récemment, j’ai trouvé une autre façon de mettre au jour l’égalité dans la langue. Je chiffre les mots selon le principe simple, A = 1, B = 2, C = 3 etc. Le jeu consiste à regrouper tous les mots qui sont égaux selon ce chiffrage. C’est ce que j’appelle les idendités remarquables. On peut aussi bien chiffrer des vers, des propositions ou des phrases entières. Il suffit de disposer, sur l’ordinateur, d’un logiciel qui calcule instantanément le poids des mots, vers ou phrases.

On compte les heures de la journée, tous les quartiers de l'année, mais l'on voit les équinoxes nous fuir
L'homme ne sait que fausser l'univers, puis tente de le rapiécer
ses épaules s'y perdent

On permet aux passereaux toutes traversées, poitrines bombées, balles lancées en un tir nourri de silence
battement d'ailes superflu, qui assoupiraient les trajectoires pour un festin de miettes, une ivresse de flaque

LA RESPIRATION DE LA MER
Errantes les paroles, les fenêtres,
respiration à fleur de mer au creux de l'arche,
épaule immense et légère, l'espace entier
comme un seul corps où commence le vent.
António RAMOS ROSA, Accords, 1989, Trad.Michel Chandeigne, Poésie-Gallimard, 1998.

Si la source est un œil, j'échappe à la vue de qui je suis né, et chaque chose du monde devient éloignement
Si l'œil est une source, voyant le monde je suffis à l'engendrer, et chaque chose du monde se résoud en larmes
La source nous mène jusqu'aux lointains salés ; l'œil enfante dans les douleurs