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Poésie - Page 37

  • Nelly SACHS dans les LOINTAINS

    montgolfière,couchant,crépuscule,

     

    Dans les lointains bleus

    où s'en va l'allée rouge des pommiers

    aux pieds racinaires montant à l'assaut du ciel,

    la nostalgie est distillée

    pour tous ceux qui vivent dans la vallée.

     

    Le soleil, couché au bord du sentier

    avec des baguettes magiques,

    impose une halte aux voyageurs.

     

    Ils s'immobilisent

    dans le cauchemar de verre,

    tandis que le grillon finement gratte

    à la porte de l'invisible

     

    et la pierre en dansant

    métamorphose en musique sa poussière.

     

    Nelly SACHS, Exode et métamorphose, trad. Mireille Gansel, Verdier, 2002

     

     

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  • Jean-Michel ESPITALLIER et les JEANS-PIERRES

    Jean-Michel ESPITALLIER,jean-pierre,bacri,

     

    ...

    qu'est-ce que vous faites là Jean-Pierre Stevens, Jean-Pierre Dupuy, Jean-Pierre Le Dantec, qu'est-ce que vous faites là Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Valentin, Jean-Pierre Beltoise, Jean-Pierre Dick, Jean-Pierre Rioux, Jean-Pierre Kalfon, qu'est-ce que vous faites là Jean-Pierre Bemba, Jean-Pierre Jeunet, Jean-Pierre Vincent, Jean-Pierre Escalettes, Jean-Pierre Faye, hein, qu'est-ce que vous faites là ?

    - Rien.

     

    Jean-Michel ESPITALLIER, Salle des machines, Flammarion, 2015

     

     

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  • Matthieu MESSAGIER et le POÈME

    ailes,papillon,

     

    nous sommes fils des bêtes

    étiages communicants

    sans retards ni coursives

    et les calques usés du réel

    nous servent encore

    à emballer le poème frais

     

    Matthieu MESSAGIER, Poèmes sans tain autres sauvageries, Flammarion, 2010

     

     

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  • Nelly SACHS et le MATIN

    ciel,peinture,toile,,

     

    Dans le crépuscule du matin,

    quand est retournée la pièce de monnaie de la nuit

    frappée au sceau du rêve

    et que côtes, peau, pupilles

    sont entraînées vers leur naissance -

     

    que le coq à la blanche tête chante,

    l'effroyable instant

    de l'indigence vide de Dieu est là,

    un carrefour est atteint -

     

    Le tambour de la nuit a nom démence -

    un sang apaisé coule -

     

    Nelly SACHS, Exode et métamorphose, trad. Mireille Gansel, Verdier, 2002

     

     

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  • Matthieu MESSAGIER TOMBE le COSTUME

    cloisonné,couleurs,

     

    ...

    les poèmes en costume serré

    sont quelques fois plus élégants

    mais les flux de vie errée

    y circulent moins abondamment

    ...

     

    Matthieu MESSAGIER, Poèmes sans tain autres sauvageries, Flammarion, 2010

     

     

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  • Paul ÉLUARD PARLE

    clavier,interrogation,touches,

     

    ...

    Entendez-moi

    Je parle pour les quelques hommes qui se taisent

    Les meilleurs.

     

    Paul ÉLUARD, L'amour la poésie, Gallimard, 1929

     

     

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  • Nelly SACHS et les CHOSES

    ombres,pointes,

     

    Elles jettent des racines

    dans les yeux des fugitifs,

    les choses abandonnées,

     

    et la porte restée ouverte se tait,

    corde vocale perdue, au seuil

    de la chambre, gorge déserte.

    ...

     

    Nelly SACHS, Exode et métamorphose, trad. Mireille Gansel, Verdier, 2002

     

     

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  • La SOUFFRANCE selon Paul ÉLUARD

    rouge,ombre,feuilles,

     

    Pour voir se reproduire le soupçon des tombeaux

    On ne s'embrasse plus la souffrance s'anime

    Poitrine comme un incendie bien isolé vaincu

    Le feu ne connaît plus son semblable qui dort

    Il prend les ciseaux des jours et des nuits par la main

    Il descend sur les branches les plus basses

    Il tombe il a sur terre les débris d'une ombre.

     

    Paul ÉLUARD, L'amour la poésie, Gallimard, 1929

     

     

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