
mieux que la mer
dans le coquillage
les ailes du papillon
dans le silence
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mieux que la mer
dans le coquillage
les ailes du papillon
dans le silence

Durer. Il faut une patience d'ange pour mâcher un mot, absorber complètement une couleur. Le plus souvent, on a lu, on a vu. Trop peu patients, occupés, devenus incapables de lourdeur, de lenteur vive, d'épaisseur.
Mots alignés sombres sur la page, colonnes de bêtes chenillant et laissant derrière elles quelle bave qui brille ?
Antoine ÉMAZ, Sable, Tarabuste, 1996

six marimbas
percutées
clou
enfoncé

Un jour décidai que m'accrocherai, cœur vaillant manière de mollusque, sans que m'intimide l'ardeur de la tâche quelle qu'elle soit pourvu que gratuite, et comme telle vivrière suffisamment. Un goût ni sonnant ni trébuchant pour l'effort m'ouvrirait les labyrinthes de la pensée et de l'art, taillant impréparé dans les mots, sons et images, dans leurs noeuds et dans toute leur touffeur.
Un goût pour l'effort.

Vers
Noirs sur la blancheur rigide
l'air entre eux de ne pas se voir
mais chacun sur son rail, ailé de mêmes écarts
et selon, perdant le souffle avant le vide.
À suivre ces chemins je sens bouger mes cordes.
À remuer leurs pierres
à découvrir leurs liens sous terre
mes lèvres les halant
à ranimer les ondes au linceul du livre
je suis
je renais double
à ma gorge un jumeau
un tuteur à mon sang.
Gisèle PRASSINOS, Pour l'arrière saison, Belfond, 1979

Partant au matin je jalouse ces fenêtres qui resteront allumées recelant peut-être quelque vie intérieure, d'homme d'intérieur nourri de l'intensité de l'ampoule, vibrante de n'être pas happée par ce dehors laborieux peinant à trancher le brouillard. Demeurant, j'habiterais comme m'habiterait la foudre intime d'un filament, à capter pour la tordre à l'équerre de ma poésie.
En homme d'intérieur.

La vieille
Qui lui a soutiré sa charpente
l'a réveillée bourre
aux milliers de dents ?
Lever le doigt est une aventure.
Penser
fore en ce corps étrange
le lit d'une rivière sans eau.
Petit visage
vieux visage où le vent
a rivé ses griffes
qui a aiguisé ta charpente ?
Petit visage
seuil dès l'aube
où la mort arpente.
Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

soupe
et lutteur
japonais
concentration
densité