
La nuit des chimères 2020, Le Mans
miroir
de l'eau
pour regarder le soleil
de la salle d'eau
pour me regarder
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La nuit des chimères 2020, Le Mans
miroir
de l'eau
pour regarder le soleil
de la salle d'eau
pour me regarder

Gloire et aveuglement, destin et malentendu, coq et âne, à force de croisements, les Anciens ont vidé le sac de leurs conceptions vivaces à travers sombres chemins et flots tempétueux. De là, les métamorphoses sinuent parmi les hommes, empoisonnent les talons des héros, brisent la vaisselle rouge et noire des dieux en reflets coupants, où lire le monde en lettres de sang.

Me moriré en París con aguacero *
Je mourrai à Paris par un jour de pluie **
Je mourrai dans ma chambre un matin de framboises
Je mourrai près des miens, mon souvenir leur faisant une rosée
Je mourrai à ma fenêtre où sourira la St Jean
Je mourrai au passage d'une jeunesse le menton pointé vers l'été
* Cesar VALLEJO, Poèmes humains
** trad. Fr. Maspero, Seuil, 2011

pèlerin
maison sur le dos
coquille
sur le sac

Chaque jour
la vie se pose
sur l'œil qui s'ouvre.
Perle en liberté
il faut la prendre au filet
courir
même sans appétit
avec les os froids du matin.
Gisèle PRASSINOS, L'instant qui va, Folle Avoine, 1985

discours
lignes sinueuses
vérité
du poème
point nommé

Transmettre sur le papier la voix vivante, c'est, en la figeant dans ce qu'elle comporte de singulier et d'occasionnel, la tuer. "La nature, disait Merab, ne produit pas des hommes. C'est toujours d'une seconde naissance que nous naissons vraiment... Dante disait, dans une belle formule, que la progéniture comme telle n'a pas d'âme. Qu'est-ce donc qui donne l'âme ? - La parole !"
Jean-Pierre VERNANT, Socrate Géorgien, Œuvres II, Seuil, 2007.

le latin
brillant
revenu
par l'anglais
enfant prodigue