
le coin des enfants
préservé des bémols
sans aucune touche de noir
le jardin rit
dans les aigus
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le coin des enfants
préservé des bémols
sans aucune touche de noir
le jardin rit
dans les aigus

La vie se cachait encore sous le boisseau, mais les frères ont fait de ce foyer un refuge
d'où fuser quand il fut temps, dans l'imitation des étincelles, mais avec une ambition d'étoiles filantes,
puis une mémoire, où reprendre attache aux moments où la nuit gagne, imposant son inertie

Le soleil allume nos jours et leurs travaux, éclaire nos idées, en gorgeant de sucre leurs meilleurs fruits
dans la promesse de son retour on s'endort et chaque matin sa fidélité réchauffe de son lait
rayonne de bons soins, prunelle pour nos yeux, sève pour nos bras, jusqu'à la pulpe de nos doigts

...
La confusion de la nuit descend sur Ithaque,
Estompe nos rides, nous fait étrangers à nous-mêmes.
Par la fenêtre ouverte l'ombre indifférente file des étincelles.
Yves MAZAGRE, L'agave s'impatiente, Librairie-Galerie Racine, 2001.

terre ferme
je me réveille
comme s'essouffle l'albatros
le pied au plancher
nœuds du réel

jusqu'à la plus petite goutte
les versets se déversent
du Coran
conquête intérieure
point final

...
Ce n'est pas, Raana, que mon chant vibre avec plus d'intensité
Ou plus de douceur que celui d'un autre, mais je suis
Ici Poète, je bois réellement la vie
Comme les petites gens boivent le vin.
Ezra POUND, Poèmes, NRF-Gallimard, trad. Michèle PINSON, 1985.

terre sèche
encombrée de cornes
étoiles
dispersées en rosée
des doigts du griot