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souvenir

  • SOUVENIR

     

    souvenir électrique

    de nos racines

     

    et nous sommes consumés

     

    mangeoire vide

     

     

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  • זכר : le SOUVENIR-MÂLE

     

    x,arbre,écorce,

     

    L'homme seulement serait capable du souvenir, de faire jaillir des sous-sols les paroles des ancêtres comme leurs cris de bravoure

    vers l'oreille d'un fils, le limaçon d'un neveu, le labyrinthe d'un disciple, encore à initier, et mâles eux aussi

    On supposera donc l'inconséquence des femelles, oublieuses linottes, leurs trilles sans mémoire volant si bas

     

     

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  • Gerdur KRISTNÝ : ses FRÈRES et ses SŒURS

     

    anniversaire,gâteau,bougies,

     

    Mes frères et sœurs


     

    N’ai pas de souvenir de moi

    sans eux

     

    n'ai pas vraiment existé

    avant leur naissance

    message du tout-puissant

    gravé sur la plante des pieds

     

    n’ai pu le déchiffrer

    jusqu’à présent

     

    peut-être parce que

    les devançant toujours


    n’ai jamais vu leurs empreintes

     

    désire

    garder l’avance


    au moins jusqu’au cimetière

    pour n’avoir jamais de souvenir

    sans eux

     

    Gerdur KRISTNÝ, Trad. Henri Deluy, Liliane Giraudon et l’auteur, Action Poétique n°174, décembre 2003.

     

     

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  • Le TEMPS ROGNE Ossip MANDELSTAM

    arbres,

     

    Le froid chatouille mon crâne,

    Et comment l'avouerait-on -

    Moi aussi le temps me rogne,

    Comme il ronge ton talon.

     

    La vie se vainc elle-même,

    Et le son fond peu à peu ;

    Quelque chose manque à l'appel,

    Se souvenir est fastidieux.

     

    Pourtant c'était mieux naguère,

    Comparer n'est pas permis

    Comme le sang bruissait hier

    Et comme il bruit aujourd'hui.

     

    Sans doute n'est-ce pas sans risque

    Que ces lèvres-là remuent :

    L'arbre murmure et s'agite,

    Bien qu'il doive être abattu.

     

     

    1922

     

    Ossip MANDELSTAM, Le Deuxième Livre (1916-1925), Circé 2002, trad. Henri ABRIL.

     

     

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  • Kiki DIMOULA : la MÉMOIRE qui TRICHE

    Autoconservation

     

    Ce devait être le printemps

    car le souvenir qui arrive

    saute par-dessus des coquelicots.

    Sauf si la nostalgie

    dans sa hâte,

    a mal vu le souvenu.

    Tout se ressemble tant

    au moment de la perte.

    Mais la mémoire est peut-être exacte

    et ce fond étranger,

    et les coquelicots issus

    d'une autre histoire,

    mienne ou étrangère.

    La mémoire fait des coups pareils.

    Par amour du beau ou par vanité.

    ...

     

    Kiki DIMOULA, Le peu du monde, 1971,
    Poésie-Gallimard, 2010, Trad. Michel Volkovitch.

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  • FRANCK VENAILLE : AÏE !


    Dans le numéro 938/939 de la revue Europe, Franck VENAILLE déclare : 

    Être poète, ce n'est pas seulement écrire - vers ou proses - des poèmes. C'est donner à notre douleur la force et les moyens de se dépasser, de devenir ainsi la douleur de tous, y compris de la poésie elle-même.

    En remplaçant "douleur" par "souvenir", on s'approchera très nettement des propos qu'Abbas KIAROSTAMI tient ici.

    Plus modestement, Sur du Vent y souscrit aussi.

     

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