
oscillations
le son
excentrique
du triangle
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oscillations
le son
excentrique
du triangle

Si facile le bonheur dans ces robes à fleurs aux coins des jardins, où quenottes et soleils rient à l'éternité des albums
sans nécessité de fortune ni de couleurs, et même révolue la jeunesse suffit à rendre la beauté du voyage
immobile puisque c'est la houle des années qui fait danser ses facettes autour des corps saisis d'une gravité de mauvais aloi
jusqu'aux cimetières que s'inventent les baleines aux petits matins de stupeur pour toute prophétie
où les pauvres verront la promesse de l'ambre et les exaltés celle d'une résurrection par tirage au sort
les libérant de la chambre obscure qu'ils gardent maladivement incapables de briser les jalousies

Démesurément moirées de nuit, les ailes de cet aigle fondent en contrebas de la chute des corps
pour les recevoir, pauvres et désarticulés, tombés d'un Jugement malgré leurs visages d'enfants
sur l'envergure immense qui relie crêtes et sommets et protège les vallées de précipitations fatales
Alors le canon donne l'ordre de vivre sain de corps et d'espèces sonnantes et les visages s'éclairent de toutes leurs dents
et mille tours, sorties de la terre mère, proposent d'incessants voyages frappés d'immobilité
promis au naufrage d'un nombril tourbillonnant, à un grain, dans les rouages des temps modernes

La fanfare entame sa marche, le pas cadencé par la porte à tambour, les badauds la suivent de confiance derrière leur vitre
et les derniers la précèdent, le cou protégé des assauts de ces vents froids qui tournoient incapables de hauteur
comme les aiguilles d'une horloge, fût-elle centenaire, eût-elle présidé au partage de milliers de gâteaux d'anniversaire
les bras ballants devant l'adolescence qui lance ses couteaux vers les tempes où commence la procession des chenilles
autour des pommes qui chuteront bientôt malgré la rupture de la corde qui les menaçait de ses fables

S'il faut au vacarme de toute une batterie couper, presser, dénerver, fouetter, trancher, la cuisine n'est pas ma place, ou tout au plus pour caresser d'un frémissement les feuilles de thé, dévêtir la pomme jusqu'au silence le plus cru de sa chair, sans le sang ni le feu dont se pourlèche ordinairement l'homme dans le combat qu'il inflige à la nature pour la posséder par la loi de sa mâchoire.
Pas ma place.

Mettre la dernière main à son œuvre, c'est la brûler.
Georg Christoph LICHTENBERG

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dans la maison le soir abrite
ses provisions de voyages secs
et les alluvions s'abreuvent aux renards ténébreux
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Matthieu MESSAGIER, Poèmes sans tain autres sauvageries, Flammarion, 2010

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La gabardine n'est pas un animal
Le boqueteau n'est pas un animal
La chevrotine n'est pas un animal
L'arack n'est pas un animal
Le pancréas n'est pas un animal
Le drone n'est pas un animal
La cuissarde n'est pas un animal
L'aveuglette n'est pas un animal
Le rotor n'est pas un animal
La racaille n'est pas un animal
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Jean-Michel ESPITALLIER, Salle des machines, Flammarion, 2015