J'ai peu de considération
pour ces agités
qui voudraient nous faire croire
qu'ils sont dynamiques.
Je ne respecte pas les imitations
de vitesse.
Grégoire LACROIX, Les nouveaux euphorismes de Grégoire, Max Milo, 2009.
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J'ai peu de considération
pour ces agités
qui voudraient nous faire croire
qu'ils sont dynamiques.
Je ne respecte pas les imitations
de vitesse.
Grégoire LACROIX, Les nouveaux euphorismes de Grégoire, Max Milo, 2009.
Le hors-série de la revue 303 sur les poètes de l'école de Rochefort permet, à partir d'écrits de René-Guy CADOU et de Max JACOB, de reconstituer le dialogue qu'ils auraient pu avoir au sujet des Surréalistes :
- Le rêve ne nous fait voir que le côté nocturne de l'homme.. [mais] il y a d'abord la clarté du jour, note CADOU.
- La Poésie est un cri, [mais] c'est un cri habillé, poursuit JACOB.
- Le quatorze juillet de la poésie c'était bien. Les surréalistes pouvaient être fiers de leurs armes. Dommage qu'ils aient transformé ça en une fête de la Fédération, qu'ils aient fait de la juste colère de tout un peuple - celui des poètes - une kermesse à bazars chinois et à loteries, conclut CADOU dans Usage Interne.
La nuit s'attarde longtemps dans l'usine du travailleur intellectuel... Mais l'aube vient jusque là et la confisque.
Ramón GÓMEZ de la SERNA, L'Aube, à paraître chez André Dimanche.
Jacques ANCET publie une note sur l'Aube de Ramón GÓMEZ de la SERNA et en profite pour dépeindre les contours de la greguería, notion volatile.
Le mot [greguería] a été trouvé en 1912 par Ramón pour qualifier, dit Valéry Larbaud, "ces notations d'images spontanées et d'états d'âme, puisées en plein courant psychique" ; il a l'avantage par son sens de cris confus, de clameurs, de "bavardage inarticulé", de "jacasserie", de "criaillerie" - on parle de la greguería des enfants qui sortent de l'école, de la greguería des perroquets dans la forêt, etc. - de suggérer à la fois le brouhaha des choses et les cris émis par une gorge humaine, donc de confondre le sujet et l'objet, l'intérieur et l'extérieur. Autrement dit, de donner à entendre au creuset du langage, la rumeur du monde dans la rumeur d'une âme.
Comme les pages deviennent vides et profondément blanches dès qu'elles sentent l'aube ! Elles deviennent pâles de terreur car voilà qu'arrive ce qui dément leur mensonge, le mensonge selon lequel elles sont remplies mêmes quand elles sont blanches.
Ramón GÓMEZ de la SERNA, trad. J.Ancet, à paraître chez André Dimanche.
Nous sommes simples gens, puysqu'il plaist à dieu. Et appellons les figues, figues ; les prunes, prunes ; les poyres, poyres.
François RABELAIS, Pantagruel, Livre IV, chap. LIV.
Une vérité comme celle-là, on en ferait un manifeste.
Une citation de Georges PEREC, bien avant la mode des miscellanées :
Ce qui me fascine chez Jules Verne, c'est qu'il est le seul écrivain, après Rabelais, qui soit capable de donner pendant cinq pages des noms de poissons sans que ce soit ennuyeux... il y a des gens qui trouvent ça très ennuyeux, moi je trouve ça fascinant. Ce sont les mots qui créent l'histoire, qui suscitent l'histoire.
Mais l'expérience montre qu'avec un peu de patience, on parvient à les détourner d'un goût déjà trop bien contrôlé par les annonceurs de la télé.
C'est la victoire du panier de mûres sur le Chocapic, et c'est une belle performance !