Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

guerre

  • Antoine BLONDIN et l'OUVERTURE

    gond,porte,ouverture,

     

    Comment lui dire que de sourds ressorts se détendent dès que les trains recommencent à rouler ; comment lui expliquer que la paix rend l'homme fou, que les femmes se mettent brusquement à fumer, les idiots à faire de la politique, les rêveurs à s'ébranler ?

    Je luis dis :

    "J'ai voulu connaître d'autres cieux, me rapprocher du foyer où se font les échanges humains ; j'en ai longtemps été empêché par la guerre. Sitôt que j'ai vu l'ouverture, j'ai filé.

     

    Antoine BLONDIN, L'humeur vagabonde, La table ronde, 1955

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Littérature ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • La GUERRE selon Jacques JOUET

    soldat,guerre,

     

    C'est toujours un peu tard que tu pleures

    emmailloté dans ton habit bleu

    qu'aura maculé de brun la guerre

    de sang tout encroûté, de gros bleu.

    C'est sur la bêtise que tu pleures

     

    poilu, soldat de dieu, casque bleu

    sur les désastres des grandes guerres.

    S'il reste du carburant, tu pleures

    encore sur les petites guerres

    celles pour les débutants, la bleu-

     

    saille, enfin sur les moyennes guerres.

    Et toi, là, qui par contre ne pleures

    pas, tu en redemandes des bleus

    des coups, des plaies, des bosses. Tu pleures

    de ne les rendre qu'en temps de guerre.

     

    avec trois mots pris dans les titres de Franck Venaille

     

     

    Jacques JOUET, Poèmes avec partenaires, POL, 2002.

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • NICOLAS S'EN VA-T-EN GUERRE

    Presse Nicolas.jpg

     

    Nicolas, Nicolas tu as bien trop à faire

    Pour aller à la guerre

    Nicolas, Nicolas tu as bien trop à faire

    Nicolas n'y va pas

    Il faut semer le grain

    Couper les foins

    Couper le bois au fond des bois

    Mirer les oeufs

    Rentrer les boeufs

    Panser les chevaux

    Il faut tirer le vin

    Porter le grain

    Demain matin

    Au vieux moulin des olivettes

    Et t'occuper de la petite Lisette *

    Nicolas, Nicolas tu as bien trop à faire

    Pour aller à la guerre

    Nicolas, Nicolas tu as bien trop à faire

    Nicolas reste là


    Chanté par Gilbert BÉCAUD, mais qui est le parolier ?


    * variante : "Carla", mais il faut alors remplacer "olivettes" par "ananas".

    ▶︎ Vent du jour : Chanson, Demandez l'journaaal ! ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Étienne FAURE : COMME à la GUERRE

    Crépin et Crépinien sont les saint patrons des cordonniers. Ils donnèrent d'ailleurs leurs noms respectifs à une de leurs fameuses inventions : les semelles de crêpe.

     

    Trop vite avaient poussé leurs pieds pendant la guerre,

    leurs os de jeunesse en gare embarqués

    dans les lignes de fuite au sol occupé,

    et voilà la pointure en plein conflit

    dépassée, atteignant l’échelle

    d’orteils adultes – 39-40 –

    recroquevillés comme en chien de fusil

    dans le froid des chaussures,

    cinq ans emprisonnés par les mêmes godasses,

    des cors, des durillons, des oignons rouges,

    et le cuir lentement fait puis défait

    - retour à pied -

    plus tard à l’air libre, à danser sur l’asphalte,

    gonflés, comme enflés d’avoir arpenté

    une histoire déjà longue. 

     

    épopée

     

    Étienne FAURE, Horizon du sol, Champ Vallon, 2011.

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • (INV)ENTERRE à la PREVERT

    prévert,mort,froid,guerre,monument aux morts,

    ...
    la victime se lève et dit
    C’est embêtant d’être mort
    on est tout froid
    Fume ça te réchauffera
    l’assassin lui donne la cigarette
    et la victime dit Je vous en prie
    C’est la moindre des choses dit l’assassin
    je vous dois bien ça
    ...

    Jacques PREVERT, Evénements, Paroles, 1937.

    ▶︎ Vent du jour : Dans la rue, Poésie ▶︎ 4 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • Jean-Pierre THUILLAT : les ENFANCES BARBARES

     

     

    Nous jouions de pierres et de bois.

    Sur nos sentiers de guerre

                                          pour rire

    on croisait des morts des blessés

    la cruauté était de mise.

     

    Pourquoi la nostalgie des coups

    des tibias transpercés

                                  du sang ?
    Cette barbarie de l'enfance
    valait-elle mieux que vos courbettes ?

    Jean-Pierre THUILLAT, in Poésie Première n°42.

     

     

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 2 vent(s) de la plaine Lien permanent
  • La guerre, dans le journal

     

    Encouragés par Guy Darol dans un commentaire récent, nous trouvons dans La Vie Unanime de Jules Romains, ces quelques vers sur la guerre, telle que perçue par un qui ne la fait pas:

     

    Je n'entends rien! Je n'entends rien! Rien ne tressaille;

    Je n'ai pas le frisson charnel de la bataille;

    La peur n'embrase pas mon torse d'animal;

    Je bâille; mes regards traînent sur le journal,

    Avec une lenteur tranquille de limaces,

    Et les lettres ont beau me faire leurs grimaces,

    ce morceau de papier n'est pas taché de sang.

     

    ...où l'on voit qu'alors, déjà, la vie humaine, la vraie, faite de chair, était l'absente de tout journal.

    Ceci nous rappelle que, face à l'information, nous sommes bien mal armés...

    ▶︎ Vent du jour : Poésie ▶︎ 0 vent(s) de la plaine Lien permanent