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fleuve

  • PASSÉ

    fleuve,

     

    les couleurs

    au fil du fleuve

     

    la vie sur l’autre rive

     

    c’est du passé

     

     

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  • MIROIR

    miroir,fleuve,soir,

     

    parfait le miroir du fleuve

    si le soir tombe

     

    non-lieu prononcé

    à peine

     

     

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  • נַּחַל : le FLEUVE-HÉRITAGE

    fleuve,eaux,

     

    Toujours les eaux grossissent,
    on ne sait les imaginer s'amenuisant ;
    où serait le progrès ?

    d'autres eaux passeront,
    où se baigner et s'abreuver,
    présent pour nos enfants


    puis à ceux d'autres lits,
    gouttes imperceptibles,
    dans les langes d'un aval de brume

     

     

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  • ATTILA JÓZSEF EST FATIGUÉ

    fleuve,herbe,

     

    L'homme fatigué

     

    Par les champs, quelque grave paysan

    taciturne s'en retourne chez lui.

    Étendus côte à côte, le fleuve et moi,

    Sous mon cœur s'endort l'herbe tendre.

     

    Le fleuve roule son flot large et calme,

    mon fardeau de soucis se change en rosée ;

    ni homme, ni enfant, ni Hongrois, ni frère,

    là est seulement couché un homme fatigué.

     

    Le soir dispense l'apaisement,

    c'est un pain chaud dont je suis un morceau,

    le ciel aussi se repose sur le calme Maros

    et sur mon front viennent s'asseoir les étoiles.

     

    Août 1923

     

     

    Attila JÓZSEF, Le mendiant de la beauté, Le temps des cerises, 2014. 

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  • Octavio PAZ FACE au TEMPS

    fleuve,

     

    ...

    Le temps ne cesse pas de couler,

         le temps

    ne cesse d'inventer,

         ne cesse

    d'effacer ce qu'il invente,

         et ne cesse

    le flot des apparitions.

         Les bouches du fleuve

    disent les nuages,

          les bouches humaines

    disent les fleuves.

          La réalité a toujours un autre visage,

    le visage de tous les jours,

         celui que nous ne voyons jamais,

    l'autre visage du temps.

    ...

     

    Octavio PAZ, Le feu de chaque jour, Trad. Cl. Esteban, Gallimard 1979.

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  • Marie-Claire BANCQUART : CRI contre PUB


    À CEUX QUI

    SUR UNE RIVE

    OUVRENT LA BOUCHE PAR GRAND VENT

    ET CRIENT

    DES PAROLES D'AMOUR,


    avalées aussitôt par le souffle,

    tandis que de l'autre côté du fleuve

    se lisent d'immenses publicités sur les buildings.


    Marie-Claire BANCQUART, Terre Énergumène, Le Castor Astral, 2009.


    À chacun sa rive, à chacun sa dérive...

     

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