
mouche
sur mon bras
pas là
puis là
et plus là
entre chaque
rien
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mouche
sur mon bras
pas là
puis là
et plus là
entre chaque
rien

Et derrière la porte, il y avait
le rien ou plutôt
la matière du rien, une épaisseur
qui noyait tout et quand je franchissais
le seuil, c'était le rien qui
m'accueillait et j'aimais cette chute en moi
dans un indéfini
plus doux, plus vague où avoir mal
ne signifiait que d'être
là debout, près de la porte, sans savoir.
Claude ESTEBAN, Le jour à peine écrit, Gallimard, 2006

sourire
vers le dedans
du visage
de la terre
du masque
mortuaire

Neige, le bleu du pauvre, le blé du pauvre. Moitié brasier, moitié langue fatiguée, telle une éternité de blancheur, tel un ravissement
et un jardin paisible, le froid que je porterai jusqu'au fruit de l'abeille,
dons d'un gel obscur
Gaspard HONS, Les abeilles de personne, Le Taillis Pré, 2008

les vents
pensés
par multiples de quatre
en pétales de rose
avant éparpillement

Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière : tout au fond. Mes courants n'en auraient pas souci.
René CHAR, Le nu perdu, Gallimard, 1978

L'étreinte de cette intimité si chaude et serrée agit comme un feu, le cœur fond ou alors se craquelle
à la façon d'une lame devenue inoffensive, passé l'échange des sangs aux bras des camarades
à la façon d'une roche qu'ébranlent les chocs d'un climat pris dans l'irrépressible mal d'une rupture

Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l'amour.
René CHAR, Le nu perdu, Gallimard, 1978