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Sur du vent - Page 332

  • Histoire du mail



    Le cas du mot "mail" mérite qu'on s'en mèle.

    Désignant tout d'abord en anglais le courrier postal, la lettre, "mail" a évolué en e-mail pour désigner l'électronique courrier.
    Puis l'e-mail s'est abrégé en "mail", sa forme d'origine, mais avec une modification du sens, l'aspect électronique devenant implicite.
    Parallèlement, l'"adresse de messagerie" est insupportable au locuteur moyen: un octo-syllabe, c'est trop pour la vie qu'on mène. Elle est devenue "adresse mail" puis "mail" tout court comme dans l'expression qui fleure bon le vécu: "c'est quoi ton mail?".

    C'est ainsi qu'en partant d'un mot, on arrive au même mot, mais revêtant deux significations, elles-mêmes différentes de celle d'origine.
    Pour peu, comme c'est souvent le cas, que le reste de la phrase soit constitué d'ellipses et de sous-entendus, on obtient un langage où le flou domine.
    Alors que le langage, comme le droit, devrait servir à apporter de la sécurité aux rapports humains, il véhicule ici de l'imprécision, qui traduit peut-être celle des esprits.

     

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  • De Bernard NOEL: sur les morts



    Les morts ont toute la mort
    nous une vie

    (La Rumeur de l'Air, Ed. Fata Morgana)

     
     
    Sommeil profond
    pendant les va-et-vient du chien
    L'hiver s'approche


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  • De Martin RUEFF: tous et chacun

    "le poète transforme la langue de tous en souvenir de chacun"

     

    Un entonnoir, où les paroles communes débouchent immanquablement dans chaque oreille...

    Faire une résonnance neuve, avec de vieux métaux... 

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  • De Jean Monod: la vitesse de l'idée

    « Quand l'idée va plus vite que la langue, le coeur peut musarder. L'oeil ne cherche plus le point où tout converge par-delà l'horizon. Ce point est devenu un papillon. La belle entrevue, intouchée, descend volontiers les marches du temple...

    ...Ce monde au coeur duquel vit un regard, ce continent, cette île, née de l'amour d'une idée pour un penseur, est un poème. »


    (dans Lumière d'Ailleurs, éd. Les Editeurs Evidant)

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  • De Jean MONOD

    « ...ce qui pour les uns est maladie pour l'autre est chant

    ...être poète en temps de famine, c'est, chantant, dire ce dont on se nourrit »


    (dans Lumière d'Ailleurs, éd. Les Editeurs Evidant)

     

    En temps de sécheresse, ce serait épouser le brin d'herbe... 

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  • Plat du jour

    Les brasseries sont prometteuses, lorsqu'elles annoncent leurs menus et plats du jour inscrits à la craie. Pour l'habitué, c'est le gage d'un fréquent renouvellement des mets.
    Malheureusement, il retrouvera chaque jour les éternelles bavettes à l'échalote, entrecôtes-frites et soles meunières...


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  • Jacques DUPIN et le mur

    Le prisonnier ne prononce pas le mot mur
    même lorsqu'il écrit sur
    (De Jacques DUPIN dans Coudrier - éd. P.O.L.)

    ... ni la palombe le mot ciel, même si le feu du chasseur peut l'y fixer pour l'éternité
    ni le pêcheur le mot mer, même quand elle hante ses yeux


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  • Pascal QUIGNARD au pays des proverbes


    Dans une de ses rêveries "sur le jadis", P.QUIGNARD voit les proverbes comme des stalagtites, humidité figée du langage aux parois du temps. Comme des désinences, fruits de la perception des choses et du hasard, arrêtées en un instant précis, et exposées comme en un musée dans la mémoire commune.

    Les proverbes logent dans des cavernes à l'odeur de peau d'ours, où l'on ne saurait confondre la proie et son ombre, où l'amoralité ne profite jamais.


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