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Sur du vent - Page 335

  • La mort chez Z.BIANU et L.CALAFERTE

    La poésie de Zéno BIANU est parfois sombre et compassée. On peut pourtant lire, dans la partie CREDO de INFINIMENT PROCHE,  ce détonant cri de vie:

    Je crois qu'il faut mourir
    puis vivre
    mourir avant de mourir
    pour ne plus aimer mourir

    En donnant à chaque "mourir" le sens qui lui est propre, on peut le lire comme une riposte à ce propos de Louis CALAFERTE (tiré de HAÏKAÏ DU JARDIN) qui, à l'inverse, est plus pessimiste, dans une oeuvre pourtant fulminante de vie:

    J'ai appris à apprendre
    que la beauté
    est compliquée de mort

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  • Mes lunes sont plus belles que vos saints

    Nous utilisons des calendriers qui sont, certes, très utiles. Mais qui contiennent aussi une foule d'informations exotiques!
    Ainsi, le saint du jour, si éloigné de nos préoccupations ordinaires y figure en bonne place, et même en meilleure place que ne le justifie l'ampleur de la foi catholique dans nos contrées. Ce cortège de Prisca, Thècle, Hilaire et Sidoine désorientent les futurs parents, mais occasionne dans les bureaux et les ateliers embrassades et petits coups à boire.
    Et la lune y fait ses quatre apparitions par mois, pour indiquer aux citadins négligeant de lever la tête où elle en est de sa progression.

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  • Pas bon Banania

    Une station de radio fait ces jours-ci une importante publicité pour un "livre santé".
    Bien sûr, ce qu'on tente ainsi de nous vendre est un livre DE santé, mais ses promoteurs s'imaginent sans doute qu'il se vendra moins bien si on le présente à l'aide d'un français correct.
    Ce type d'entorse à la langue s'appelait autrefois "parler petit nègre", mais les temps ont changé et cette expression est désormais à remiser au fond du placard, près de la boîte métallique de Banania.
    Il faut tout de même signaler que cette construction est bien curieuse, qui consiste à aligner deux noms, l'un servant d'adjectif à l'autre. Avec une âme un peu grincheuse, on se persuaderait même qu'elle traduit un flou de la pensée très préjudiciable à une bonne perception du monde.
    Mais peut-être la santé mentale est un sujet abordé par ledit livre; alors, le remède suivrait de près le mal...

    De telles approximations - tels les "incidents voyageurs" ou les "informations clients" de la SNCF - faussent bien davantage l'outil de la langue que l'usage de mots anglais, généralement combattus par les Cassandre de la francophonie.

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  • Scribe

     

    scarabée obscur

    à jamais recourbé

    sur son labeur de fourmi


    ornant de sang noir avec minutie

    la largeur des parchemins terreux

    voués à de pâles soleils de cire

    tu livres en offrande

    aux esprits pour toujours assoiffés

    ta patience de scribe

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  • Pierre GROUIX

     

    Découvert au hasard d'une revue de poésie Pierre GROUIX.

    Et son chèvrefeuille, héros baroque d'un poème publié en catimini voici trois ans:


    « ... au bord du nord ou de la neige, le chèvrefeuille devait moins sa vie à l'eau des pluies qu'au tremblement du sentiment...

    ... ce feu de soie qu'est la lumière au plus été de l'été, la traîne invraissembable et vraie, le chèvrefeuille y brûlait ses mots puis y forgeait sa musique rouge...

    ... plus chère à son âme que l'or des royaumes ou la paradis promis, le millième nerf des petites feuilles de l'arbre, closerie minime du coeur...

    ... riche de seullement son manque, le chèvrefeuille n'a d'armoirie que la flamme d'un départ dont les couleurs sont moins le rouge et l'or que la cendre et la nuit...

    ... à coudre ses brins de mots, le chèvrefeuille tissait une chemise d'amour que l'arbre ne passait pas, un vêtement pour le vent...

    ... par les mots plus légers, du tout bout de l'encre ou de l'âme, l'aile de l'ange et déjà l'invisible... »


    Et le poète de dévider son ode à l'arbre, le parant des mots de l'amour, du silence et du vent.

    Il en reste la sensation d'un mystère qu'on souhaitera préserver.

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  • En hébreu

     

    sous la loi d'une transhumance éternelle

    point du jour et nuit des temps

    dans le livre confondus

    de droite à gauche

    en hébreu

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  • Le flambeau

     

    Il est des choses que l'on peut écrire même en cabriolet; d'autres demandent le lit, le loisir, la solitude (72ème lettre à Lucilius).

    Il semble que pour les contemporains de SENEQUE, le travail, exercé la nuit, ne pouvait qu'en être meilleur. Le lit, éclairé par un flambeau (lucubrum), en garantissait le sérieux.

    Il en est encore de même aujourd'hui, puisque les écrits conçus hors de cette lueur protectrice sont qualifiés d'élucubrations.

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  • La fortune...

    Devant ma porte

    un paquet de cigarettes

    Fortuna

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