Les morts ont toute la mort
nous une vie
(La Rumeur de l'Air, Ed. Fata Morgana)
pendant les va-et-vient du chien
L'hiver s'approche
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Les morts ont toute la mort
nous une vie
(La Rumeur de l'Air, Ed. Fata Morgana)
"le poète transforme la langue de tous en souvenir de chacun"
Un entonnoir, où les paroles communes débouchent immanquablement dans chaque oreille...
Faire une résonnance neuve, avec de vieux métaux...
« Quand l'idée va plus vite que la langue, le coeur peut musarder. L'oeil ne cherche plus le point où tout converge par-delà l'horizon. Ce point est devenu un papillon. La belle entrevue, intouchée, descend volontiers les marches du temple...
...Ce monde au coeur duquel vit un regard, ce continent, cette île, née de l'amour d'une idée pour un penseur, est un poème. »
(dans Lumière d'Ailleurs, éd. Les Editeurs Evidant)
« ...ce qui pour les uns est maladie pour l'autre est chant
...être poète en temps de famine, c'est, chantant, dire ce dont on se nourrit »
(dans Lumière d'Ailleurs, éd. Les Editeurs Evidant)
En temps de sécheresse, ce serait épouser le brin d'herbe...
Les brasseries sont prometteuses, lorsqu'elles annoncent leurs menus et plats du jour inscrits à la craie. Pour l'habitué, c'est le gage d'un fréquent renouvellement des mets.
Malheureusement, il retrouvera chaque jour les éternelles bavettes à l'échalote, entrecôtes-frites et soles meunières...
Le prisonnier ne prononce pas le mot mur
même lorsqu'il écrit sur
(De Jacques DUPIN dans Coudrier - éd. P.O.L.)
... ni la palombe le mot ciel, même si le feu du chasseur peut l'y fixer pour l'éternité
ni le pêcheur le mot mer, même quand elle hante ses yeux
Dans une de ses rêveries "sur le jadis", P.QUIGNARD voit les proverbes comme des stalagtites, humidité figée du langage aux parois du temps. Comme des désinences, fruits de la perception des choses et du hasard, arrêtées en un instant précis, et exposées comme en un musée dans la mémoire commune.
Les proverbes logent dans des cavernes à l'odeur de peau d'ours, où l'on ne saurait confondre la proie et son ombre, où l'amoralité ne profite jamais.
Avez-vous remarqué, ces dernières années, la forme prise par les remises commerciales affichées aux devantures de toutes sortes de commerces?
Partout où l'on annonçait jadis "-20%", on lit désormais "2 mois gratuits".
Que nous apprend ce glissement? Que peut traduire ce mouvement qui nous fait évaluer aujourd'hui en temps ce qui s'appréciait autrefois en valeur?
Peut-être que la valeur ne nous est plus rien, maintenant que nous pensons tout avoir, "tout" signifiant ici l'internet haut débit, six heures mensuelles de téléphonie mobile et une complémentaire santé.
Alors, la seule richesse qui reste à convoiter, le denier Pérou à conquérir, est le temps. Et comme le temps n'est pas extensible, tout au plus on peut espérer s'en approprier des morceaux, sans bourse délier...