mardi, 31 juillet 2007

CASSE-TÊTE FINNOIS!

On dit de l'écrivain finlandais Mika WALTARI qu'il souffrait d'une telle fureur d'écrire qu'il s'imposait à lui-même des cures de sevrage, soit en milieu hospitalier pour se désintoxiquer de sa graphomanie, soit dans le cadre de sa production littéraire, en se limitant à vingt pages quotidiennes. Par crainte de sombrer dans les profondeurs de l'excès, il repectait cette auto-limitation jusqu'à laisser démembrés les mots qui tentaient de sauter la barrière. Cette attitude évoque celle du joueur qui se fait interdire l'entrée des casinos de France... pour jouer davantage à Monaco. En effet, en dépit de ce régime, WALTARI a laissé une oeuvre d'un volume exceptionnel. Peut-être s'agit-il pour cet usager de la langue finnoise, exclusivement orale jusqu'à lors, de lui faire acquérir en une seule vie d'écrivain tout l'héritage écrit lui faisant défaut.

mardi, 15 mai 2007

Edmond JABES et le LIVRE

"Vous aurez à veiller une grande oeuvre: celle que j'écris". Cet extrait provient d'une lettre adressée à Edmond Jabès à sa future épouse. Il avait vingt et un ans. Elle dix-neuf.

dimanche, 03 décembre 2006

Hampâté Bâ et la mémoire



L'écrivain malien Amadou Hampâté Bâ disait: «En Afrique, un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.».

A présent que les bibliothèques brûlent dans l'indifférence, et que les vieillards s'échinent à s'éteindre loin des regards, cette pensée a perdu de son tragique.

jeudi, 30 novembre 2006

BORGES et KYOSHI: l'art de lire



Borgés prétendait que la lecture est un art supérieur à l'écriture. En effet, il ne voyait l'écriture que comme un réemploi des écrits précédents.
Au Japon, KYOSHI avait une vision similaire. A propos des "kukaï", assemblées de poètes au cours desquelles les haïkus sont classés et débattus sous couvert d'anonymat, il indiquait que choisir un bon haïku était aussi important que l'écrire.


vendredi, 17 novembre 2006

Littérature, fleurs et absence

Si les fioritures indiquent un manque de fleurs, quelle est donc l'absence qui suscite la littérature?

jeudi, 09 novembre 2006

L'art de lire selon BORGES



Selon Borgés, l'art de lire serait supérieur à l'art d'écrire, et même, le déterminerait. L'écrivain ne serait qu'un collecteur, recyclant les textes qui l'ont précédé, pour en mettre d'autres au jour, qui lui succèderont.

mercredi, 08 novembre 2006

Quand parle Pierre BERGOUNIOUX


Pierre BERGOUNIOUX est un auteur qui pratique à l'oral une langue d'apparence non seulement écrite, mais en plus une langue centenaire, à la pureté et à la précision rares et devenues presqu'incongrues.
Ce type d'orfèvrerie a disparu des ondes, alors qu'il était l'ordinaire des causeries radiophoniques jusqu'à voici cinquante ans.

Prénoms désuets
sur le monument aux morts
Matinée d'automne

mardi, 07 novembre 2006

Patricia CORNWELL s'affiche



Patricia CORNWELL est une rareté dans l'industrie du livre (la formule est inélégante, mais permet d'éviter l'emploi du mot "littérature"): elle jouit du privilège d'être affichée dans les rues et les gares.

Mais par bonheur, le nom qu'elle porte nous engage à tracer la limite où commence l'ivraie.


lundi, 06 novembre 2006

Littérature de listes

La revue Télérama nous alerte sur la mode des livres de listes, dans lesquels des auteurs avides de détails aussi précis qu'inutiles s'échinent à énumérer tout, n'importe quoi et aussi le reste. Il paraît même que certains d'entre eux rencontrent un très vaste public...

C'est l'occasion d'attaquer ici la liste en vrac de ce que l'écrit, large thème de ce blog, peut réserver de bonnes surprises:

  • les murs de Paris offrant  des aphorismes de Miss Tic
  • les fautes d'orthographe à sens caché, comme sur ce panneau lu un jour de grève de la SNCF: "avis aux usagés"
  • l'article "Vapeurs" de l'encyclopédie Diderot et D'Alembert
  • "La Maison Verte" de Mario Vargas Llosa
  • quelques-unes des Greguerias de Gomez de la Serna
  • les annotations d'Erik Satie sur ses manuscrits
  • le Bestiaire d'Apollinaire
  • les magazines cinquantenaires retrouvés au fond d'un grenier
  • les Retouches de Daniel Boulanger
  • la déclaration de naissance de notre petit garçon
  • les haïkus commentés par Ooka Makoto, ou par Maurice Coyaud
  • toutes (oui, toutes) les chansons de Georges Brassens
  • et peut-être quelques-uns des commentaires à venir sur cette note...

mardi, 12 septembre 2006

Pascal QUIGNARD au pays des proverbes


Dans une de ses rêveries "sur le jadis", P.QUIGNARD voit les proverbes comme des stalagtites, humidité figée du langage aux parois du temps. Comme des désinences, fruits de la perception des choses et du hasard, arrêtées en un instant précis, et exposées comme en un musée dans la mémoire commune.

Les proverbes logent dans des cavernes à l'odeur de peau d'ours, où l'on ne saurait confondre la proie et son ombre, où l'amoralité ne profite jamais.