le béton arme les villes
contre le vivant
perte de vue
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le béton arme les villes
contre le vivant
perte de vue
le silence
mirage pour les villes
violence conjugale
du lapin sur la carpe
un mirage après l'autre
ils passent la Méditerranée
puis Charybde
puis Sylla
ce bleu
de la baie de Naples
ne passera jamais
et mes épaules
est-ce que tu les aimes ?
un lendemain à l'aube
d'une épaule touchée
on lavera son honneur
moins touchée
touchante désormais
apogée de la peau
caresse en ellipse

le jour pointe
sur la peau de l'aveugle
s'entendent les chants
s'apprennent les senteurs

Ma douceur égorgée
Ma douceur égorgée
comme un agneau de mai
je la donne à manger
aux filles qui viendront.
Que ce qui fut confiance
chaudement prodiguée
descende dans leur corps
et y fasse ravage.
Qu'il leur en vienne un sang
dépourvu de velours.
Qu'on voit entre leurs lèvres
blanchir les dents du loup.
En plein terreau du cœur
et dans leurs mains ouvertes
je rêve d'une rose
qui fleurirait granit.
Anne-Marie KEGELS, Les chemins sont en feu, Rougerie, 1973.