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Sur du vent - Page 274

  • Ramón GÓMEZ de la SERNA : SURPRIS par l'AUBE


    La nuit s'attarde longtemps dans l'usine du travailleur intellectuel... Mais l'aube vient jusque là et la confisque.

    Ramón GÓMEZ de la SERNA, L'Aube, à paraître chez André Dimanche.

     

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  • L'INSTINCT de GREGUERÍA


    Jacques ANCET publie une note sur l'Aube de Ramón GÓMEZ de la SERNA et en profite pour dépeindre les contours de la greguería, notion volatile.

    Le mot [greguería] a été trouvé en 1912 par Ramón pour qualifier, dit Valéry Larbaud, "ces notations d'images spontanées et d'états d'âme, puisées en plein courant psychique" ; il a l'avantage par son sens de cris confus, de clameurs, de "bavardage inarticulé", de "jacasserie", de "criaillerie" - on parle de la greguería des enfants qui sortent de l'école, de la greguería des perroquets dans la forêt, etc. - de suggérer à la fois le brouhaha des choses et les cris émis par une gorge humaine, donc de confondre le sujet et l'objet, l'intérieur et l'extérieur. Autrement dit, de donner à entendre au creuset du langage, la rumeur du monde dans la rumeur d'une âme.

     

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  • Jean-François FRANCHET et l'ENFANT


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    De tes yeux à tes jeux rien ne pèse

    ton monde est sûr

    est-ce le mien

    et tes yeux à mes yeux enjoignent le grand large

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    Jean-François FRANCHET, Proximité de l'oiseau, Donner à Voir, 2009.


     

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  • GÓMEZ de la SERNA : l'ANGOISSE de l'AUBE


    Comme les pages deviennent vides et profondément blanches dès qu'elles sentent l'aube ! Elles deviennent pâles de terreur car voilà qu'arrive ce qui dément leur mensonge, le mensonge selon lequel elles sont remplies mêmes quand elles sont blanches.

    Ramón GÓMEZ de la SERNA, trad. J.Ancet, à paraître chez André Dimanche.


     

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  • Une SIMPLICITÉ PANTAGRUÉLIQUE


    Nous sommes simples gens, puysqu'il plaist à dieu. Et appellons les figues, figues ; les prunes, prunes ; les poyres, poyres.


    François RABELAIS, Pantagruel, Livre IV, chap. LIV.


    Une vérité comme celle-là, on en ferait un manifeste.

     

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  • VÉRITABLEMENT (définition)


    véritablement, adv. : mot utilisé comme cheville, principalement dans les domaines des médias et de l'entreprise, présentant l'incommensurable avantage de comporter cinq syllabes, le plus souvent scandées. Il permet de renforcer le poids que l'on veut donner à un discours dépourvu d'arguments et, accessoirement, de gagner du temps lorsque malgré tout on en cherche un.

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  • QUENEAU : ZAZIE dans le NEMO


    Une citation de Georges PEREC, bien avant la mode des miscellanées :

    Ce qui me fascine chez Jules Verne, c'est qu'il est le seul écrivain, après Rabelais, qui soit capable de donner pendant cinq pages des noms de poissons sans que ce soit ennuyeux... il y a des gens qui trouvent ça très ennuyeux, moi je trouve ça fascinant. Ce sont les mots qui créent l'histoire, qui suscitent l'histoire.

     

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  • QUENEAU : ZAZIE dans le CO2


    Alors que Copenhague s'apprête à casser la baraque, à moins que ce ne soit le contraire, rappelons la vision qu'eut le poète voici déjà 80 ans...


    Lampes taries

    maladies peintes sur éventail

    les ongles se soudent aux flacons vides

    peinture de navires couverte de coquillages

    lampes taries

    la lumière se tait

    sur les plateaux déserts et muets d'un théâtre hébété

    un oiseau tremble de fièvre

    et ses plumes tombent comme les dents d'un arbre

    des hiboux sont couchés dans des lits de délire

    il n'y a plus de phosphore de soufre

    plus de pétrole de charbon

    la neige fond en une eau noire

    boulevards définitivement secrets

    lampes froides

    lampes taries


    Raymond QUENEAU, L'instant fatal, Poésie Gallimard.


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