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Sur du vent - Page 271

  • BALZAC et l'AMPHIGOURI


    Les mots nouveaux créés par les événements, ou ceux que le caprice met à la mode, prêtent d'abord à la conversation de ceux qui s'en servent je ne sais quoi d'amphigourique et d'obscur qui leur donne une supériorité soudaine, ils paraissent profonds à ceux qui ne les comprennent pas.

    H. DE BALZAC, Les Mots à la mode, 1830.


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  • Jean ROUSSELOT : MÉMOIRES d'ANTE-TOMBE


    N'attends pas l'ultime ligne

    Qu'on pourrait bien t'interdire

    Pour demander à la mort

    De te laisser tes racines

    Comme à maints arbres qu'elle arrache

    Distraitement l'hiver

    Et qui le printemps venu

    Reverdissent assez pour

    Que l'oiseau le moins subtil

    Hésite à s'en écarter sur l'heure


    Ô mort diras-tu regarde

    Mes survivants déjà s'apprêtent

    À m'habiller en dimanche

    Pour ma lente semaine de pourriture

    À toi je ne demande

    Qu'une brève illusion

    De durée surnuméraire

    Pas plus de temps qu'il n'en faut

    À un chevreuil nouveau-né

    Pour se tenir debout


    Ainsi pourrais-je feindre

    À mes propres yeux

    De n'être qu'en congé


    Jean ROUSSELOT, Passible de..., Autres Temps, 1999.



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  • Le CHEMIN de Grégoire LACROIX


    J'ai peu de considération

    pour ces agités

    qui voudraient nous faire croire

    qu'ils sont dynamiques.

    Je ne respecte pas les imitations

    de vitesse.


    Grégoire LACROIX, Les nouveaux euphorismes de Grégoire, Max Milo, 2009.



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  • Jean ROUSSELOT : POÉSIE BOTANIQUE


    À force de pianoter à l'aveuglette
    Sur le langage
    Comme la pluie sur la terre
    Peut-être ferons-nous pousser des choses
    Nous aussi

    Jean ROUSSELOT, cité dans Passible de..., Autres Temps, 1999.



    Ajoutons un bon dicton d'actualité :

    Taille tôt, taille tard, mais taille en mars !

     

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  • CHOS'E : CE n'EST pas RIEN !

    Chos'e n°3.gif

    Le 3ème numéro de la revue de création Chos'e (dirigée par Henry CHIPARLART, sans rapport avec votre hôte*) est disponible ici.

    On peut être désorienté par l'absence de papier, même si les pages font un pfrouitt quand on les tourne. Domineront quand même la richesse des contributions et leur habillage graphique.

    * ce qui n'empêche pas que votre hôte se cache à l'intérieur...


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  • Un BONGIRAUD VAUT MIEUX que DEUX ANGLES DROITS


    Pour Topa, qui déclarait hier ici-même sa méfiance des théories :


    Tout est à angle droit.

    Les boulevards, les immeubles,

    les théories, plus de courbes,

    de voies de dégagement,

    d'aires de contradiction.

    Uniformisation des jupes,

    des outils, des talents.

    Mais tout ce façonnage

    est du vent

    dans la cour du poème.

    Jean-Michel BONGIRAUD, Mots d'atelier, Le Dé bleu, 1997.



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  • Olivier BOURDELIER : MANIFESTEMENT SINCÈRE


    La poésie que je goûte et cherche dans mes lectures, celle aussi que je tâche de composer, me paraît répondre aux quatre caractéristiques suivantes :

    - L'émotion, l'intuition ou l'expérience qui fondent le poème sont intimement ressenties par l'auteur - ou le texte est froid, ou le texte est vain.

    - Le poème doit pouvoir être offert en partage à des lecteurs avec une chance raisonnable de réussite - si la réussite , c'est le rare bonheur d'une page d'un auteur ignoré, dans laquelle on perçoit d'un coup une évidence jusqu'alors insoupçonnée.

    - Son agencement validé au mot et au souffle près, le poème achevé est inaltérable. La plus infime retouche ne saurait que le trahir, l'appauvrir ou en fausser l'équilibre. 
Le poème abouti est un objet dynamique, animé d'un mouvement propre perceptible dès la première lecture, mais qui demeure insaisissable.

    - En allégeance ou dans la discordance, le poème s'inscrit dans une continuité. Il peut s'affranchir - mais on ne peut pas l'abstraire - de la tradition et de l'héritage, des premiers travaux de son auteur, du contexte du recueil... Au sein de cette continuité, le poète se doit d'apporter du neuf, de donner à entendre quelque chose d'inouï... 
Une conception de la poésie s'esquisse : ni définitive ni péremptoire, pas la seule qui vaille bien sûr - mais elle vaut pour moi.


    Olivier BOURDELIER, Considérations sur la rareté, Noniouzes.


    Toujours plaisant de glaner ailleurs (pas très loin : d'un voisin mayennais, en l'occurrence) des conceptions sur la poésie, dont on ferait bien un manifeste.




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  • Emily DICKINSON : les ESPÈCES COMMUNES


    Poète était celui-là - il

    Distille des sons ordinaires

    Le sens qui nous surprend

    Et la si haute essence


    Des espèces communes

    Qui meurent à nos portes

    Que nous nous demandons comment nous-mêmes

    Nous ne l'avons d'abord cueillie


    Le découvreur d'images,

    Le Poète, c'est lui,

    Qui nous laisse par contraste

    Que pauvreté sans fin


    Si inconscient de son partage

    Qu'un seul ne saurait le léser,

    Il est pour soi une fortune

    Tout extérieur au temps


    Emily DICKINSON, Trad. Alain BOSQUET.


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