
JE SUIS BIEN QUE JE PENSE
et que je me regarde penser
m'obligeant à me chier moi-même dans la merde de ma pensée
au lieu de rayonner
immobile
tel le soleil
Bernard NOËL, Contre-mort, 1954, in Extraits du corps, Poésie/ Gallimard, 2006.
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JE SUIS BIEN QUE JE PENSE
et que je me regarde penser
m'obligeant à me chier moi-même dans la merde de ma pensée
au lieu de rayonner
immobile
tel le soleil
Bernard NOËL, Contre-mort, 1954, in Extraits du corps, Poésie/ Gallimard, 2006.
trajectoires interlopes
le peuple des gares
rectilignes
elles ne sont plus que décors
une valise est sympathique
voici la modernité
terrifiée par les consignes des gares
un chien joue
avec sa queue
l'homme vérifie
si sa valise le suit
chiens et loups
de la nuit dans l'aujourd'hui
bois mélangé
illisible

à la lisière du bois
à l'exact crépuscule
un chevreuil
je suis son miroir

La patère se dévoue
au manteau
comme le crochet à la viande
Aaron SHABTAÏ, Le poème domestique, Éditions de l'éclat, Trad. Michel Eckhard-Elial, 1987
longtemps
le bleu est la couleur du mythe
et l'âge agit comme un tain
tout devient miroir