mardi, 03 novembre 2009

Alain LANCE le MOIS de NOVEMBRE


Chambre où vit la célèbre veuve


Novembre livre ses ténèbres neuves

La mère banlieue s'éclaircit la gorge

Déjà fer grogne déjà pluie cogne

Et se cache sous le piétonnement


Sombre et froide encore la cuisine

A gardé l'odeur de cardamome

J'y retrouve donnant sur le vide

Une parole passerelle rompue


Dans l'apesanteur des grands oublis

Les corps tournent et se repoussent


Alain LANCE, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000


 

mercredi, 21 octobre 2009

Alain LANCE un peu de TERRE

Avec plus de 6 mois d'avance, un poème parfaitement d'actualité :


Vingt-six avril


À présent si lourd

Ton corps muet

Malmené

Pour l'ultime habillage


Mal entendu

Sans ombre à présent

Sans fièvre plus jamais


Alain LANCE, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000


Mais pourquoi attendre davantage ?

 

jeudi, 28 mai 2009

QUAND J'ÉCRIS


Quand j'écris


Remonter la colonne des mots

Groupes d'antennes et de queues courtes

Sous les mots rien

Que ce papier extra song

Posé sur la table

Parquet

Ciment


Plus bas ce n'est qu'une cave sournoise

Sous laquelle tuyaux canalisations criblent

Tout un sous-sol qui lentement écrase

Des bouches dissoutes dans le noir du temps


Alain LANCE, Temps criblé, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000.


 

dimanche, 24 mai 2009

NUIT NOIRE


La nuit prochaine sera sans lune.

Un poème de circonstance, donc :


Noir


Parfois des choses

À l'étale de la nuit

Sont reprises par l'avide attraction


La chute est limitée

Le plancher résiste


Mais du puits de l'enfance

Tu remontes un seau de peur


Alain LANCE, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000


 

mardi, 19 mai 2009

HÉRISSON PARTOUT !


Puisque l'idée d'un plagiat nous répugne, il reste à s'étonner des parentés de vues qu'ont parfois les poètes.

Que fait donc par exemple ce facétieux hérisson dans ces deux textes, associé à la faible lueur, soit d'une ampoule, soit des étoiles ?



Jour de colère


Charcuterie d'orage

Aux tours des fausses villes


Le vent panique braque

Branches contre mes verres


Ça pourrait se traduire

Par du bon vin noyé


Affolées de sirènes

Les rues coulent au fleuve


Lampe nue dans la pièce vide

Petit hérisson d'inquiétude


Alain LANCE, Obsidiane & Le temps qu'il fait, 2000


&


Retouche à l'au-delà


à la traverse du chemin de nuit

s'attarde un hérisson d'étoiles


Daniel BOULANGER, Fenêtre mon navire, Grasset, 2008

 

 

dimanche, 12 avril 2009

La SOLITUDE du MERCENAIRE

 

Complainte mercenaire

 

On drise du garrou

Du Krabok au Gouento

Du Pouldin au Samanque

 

On guelle ses varnacheries

De flèque en chouze

À s'en vrager les frattes

 

Cinquante-huit zaonires à gretter l'époubranche

À crabiner sous le faiche et la nora

Dans la crachaigne des boguls zafarans

 

Et personne ne nous comprend !

 

(Alain LANCE in Temps criblé, Éd. Obsisiane & Le temps qu'il fait)

 

vendredi, 03 avril 2009

Alain LANCE évoque ROUEN, sa ville:

 

 

 

"Ville où je reviendrai plus tard, mais pourquoi y parlait-on si souvent de sa rivale régionale? Le Havre demeura longtemps une énigme pour moi, son nom prononcé avec l'accent normand dessinait dans mon esprit des amas de gravats, de hauts murs froids devenus verdâtres en leur base, peut-être à force de prendre l'eau par les caves. Rien de la brise océane, mais un vent avare dans l'ombre sinistrée."

 

(in Ouvert pour inventaire, Ed.Belfond)

 

On appréciera le travail sur les sonorités et même, cachés dans les coins, quelques alexandrins, que le havrais Queneau aurait goûtés.

Que si!

 

 

mardi, 31 mars 2009

À QUOI SERT L'ART?

 

GOETHE aurait écrit:

Si vous peignez un chien qui ressemble à un chien, vous aurez deux chiens mais pas une oeuvre d'art.

 

Eh oui! L'artiste ajoute à la nature. Sinon, à quoi bon.

On peut même dire avec Alain LANCE, tiré d'un poème de son recueil "Ouvert pour inventaire", que

L'art met son beurre sur les épines.