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Sur du vent - Page 283

  • COMME l'OMBRE PASSE...

     

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    ... et la pierre résiste, comme la mauvaise herbe.

     

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  • Gaston PUEL : Y A PLUS de PAYSANS


    Aujourd'hui, brusquant l'adieu, les moissonneurs créditent, empruntent, amortissent. Ils souffleraient au cul de la terre pour activer les saisons !
    Sont-ils riches ? Ils n'ont même pas un grillon pour l'hiver ; pas un grain de raisin pour le mourant de septembre.


    Extrait de Les Moissonneurs, in Terre-plein, Thierry Bouchard éd.


    Ce n'est peut-être pas au point de mourir dès ce septembre, mais le raisin d'ici s'annonce fort bon.


     

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  • Michel MERLEN dans L'MÉTRO


    Lecture silencieuse



    livre bien ouvert

    tenu des deux mains

    que lisent dans le sens de la marche

    des hommes et des femmes

    déjà presbytes

    de temps en temps

    un coup d'oeil furtif

    sur la première page de couverture

    du volume du voisin de passage


    le titre est happé

    comme une nourriture

    d'urgence


    Généalogie du hasard, Le Dé bleu, 1986.

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  • Nora BOSSONG FACE à son PÈRE


    Derrière les montagnes



    Derrière les montagnes

    mon père chantait la chanson

    du cygne mourant,

    du moulin qui fait tic-tac,

    et aussi de la mine.


    Il avait sur la langue

    l'haleine du buveur,

    son coup de cil cliquetait comme

    un verre d'eau-de-vie sur la pierre.


    La mine, c'était sa bouche,

    et le moulin faisait tic-tac

    dans son larynx

    et le cygne se mourait déjà

    dans ses poumons.


    Il aimait chanter, mon père.

    Sa voix résonnait loin sur la plaine.


    Nora BOSSONG, Décharge n°142, Trad. Rüdiger FISCHER).


    Que ce soit par sa bonté, son haleine, son absence, sa rigueur, ses coups, un père marque toujours.


     

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  • Jacques ANCET : LONG sur l'ÉTÉ


    Jacques ANCET raconte en vingt-quatre poèmes « Vingt-quatre heures, l'été » (Ed.Lettres vives, 2000).

    Ceux pour qui les vacances sont un moyen de porter attention à ce qui flotte dans l'air de l'été en retrouveront peut-être ici un bon parfum :



    Vingt-deux heures



    Dix heures. Les chiens aboient

    comme si on entendait

    l'envers brutal du silence.

    Comme si montait de la terre

    une violence de voix

    acharnée à mettre en pièces

    le calme à peine conquis

    des la nuit. De temps à autre

    ils se taisent et c'est, sans fin,

    un clignotement muet,

    un bourdonnement de bouches,

    quelque chose comme des

    lèvres entrouvertes, des mots

    sans suite qui s'éparpillent.

    Et puis les cris recommencent.

    Ils disent l'heure des dents,

    la salive, la brûlure,

    le noir qui s'est mis à luire,

    une obscure transaction

    de racines et de ténèbres,

    l'invisible connivence

    de l'étoile et du charbon.


     

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  • Bernard BRETONNIÈRE : la POÉSIE n'EST PAS...


    Décharge n°142 ouvre ses pages à Bernard BRETONNIÈRE, chargé de répondre à la question : « qu'est-ce que n'est pas la poésie ?». Retenons entre autres :


    La poésie n'est pas un bouquet de poèmes de Prévert.

    La poésie n'est pas propre, pas sage, pas cuite, pas bien élevée.

    La poésie n'est pas une thérapie.

    La poésie n'est pas les bonnes manières;

    La poésie n'est pas sans risques.

    La poésie n'est pas claire.

    La poésie n'est pas un bagage léger.

    La poésie n'est pas plus importante que la vie.

    La poésie n'est pas de tout repos.

    La poésie n'est pas une gymnastique universitaire.

    La poésie n'est pas une pose.

    La poésie n'est pas ce que je réussis à faire chaque jour à heure fixe.


    L'exercice pousse chacun à poursuivre avec sa propre liste.

    Allons-y :


    La poésie n'est pas rien.

    La poésie n'est pas tout.

    La poésie n'est pas là pour faire joli.

    La poésie n'est pas une façon de faire joli.

    La poésie des autres n'est pas facile à pénétrer.

    La poésie qu'on écrit n'est pas facile à extraire.

    La poésie n'est pas une danse de salon.

    La poésie n'est pas un métier par chez nous.



     

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  • Michel MERLEN sur le DOS

    Le conseil est peut-être un peu sec pour ceux qui reprennent le travail ces jours-ci...


    ne laisse pas ta peau

    sécher comme un edelweiss

    sous l'édredon des bureaux

    ça suffit

    de marcher pour rien

    dans l'incendie du quotidien


    Michel MERLEN, Généalogie du hasard, Le Dé bleu, 1986.

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