Je suis tombé bien bas : j'habite une mansarde.
Christian DOTREMONT, Réflexions toutes faites, 1953.
Il arrive à l'inverse que, venant des hautes sphères, on soit présenté au parquet et finisse sur le pavé.
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Je suis tombé bien bas : j'habite une mansarde.
Christian DOTREMONT, Réflexions toutes faites, 1953.
Il arrive à l'inverse que, venant des hautes sphères, on soit présenté au parquet et finisse sur le pavé.
Soldat
O mon étrange, dure armée !
Levé très tôt, très tard couché,
J'y suis vainqueur et prisonnier !
Mon capitaine, c'est le poème,
Bon capitaine, si désarmé,
Mon beau vainqueur, mon prisonnier.
Armand ROBIN, le monde d'une voix, Poésie-Gallimard, 1970.
Les Poilus de 14 devront désormais partager le 11 novembre avec d'autres Morts pour la France (de tout poil, en quelque sorte).
Le Président n'a en revanche pas envisagé de réserver une date au poème.
Même partagée.
En 1852, le gouvernement grec désespérait de payer jamais les intérêts de la dette extérieure. Il se promettait seulement de témoigner sa bonne volonté aux trois puissances en leur donnant 400.000 drachmes par an.
Edmond ABOUT, La Grèce contemporaine, 1854.
Cette Grèce contemporaine en 1854 l'est donc encore aujourd'hui...

Revenons à notre Prix Nobel ("notre" en ce qu'il a été attribué - non pas à un Français - mais à un poète).
On peut entendre ici, parmi d'autres, cette considération de Tomas TRANSTRÖMER :
Que le lecteur vive sa vie de manière plus intense : telle est ma mission.
Merci également à PLOC !, la lettre du haïku distribuée par l'Association pour la Promotion du Haïku d'avoir tiré ceci des neiges suédoises :
Fredonne dans la brume.
Au loin un bateau de pêche –
trophée sur l’eau.-
Ces feuilles brunes
sont aussi précieuses
que les manuscrits de la mer Morte.
La grande énigme, Le Castor Astral.
Restons encore un peu dans cette ambiance funèbre avec Les mots de ma vie, de Bernard PIVOT :
Âme
À notre mort, c'est l'accent circonflexe, le chapeau de l'âme, qui s'envole, aspiré par de puissants courants d'air métaphysiques. Après quelques jours, semaines ou mois - comme les météorologues, les théologiens ne sont pas d'accord sur le temps à long terme -, le chapeau parvient à un vestiaire immense aux murs couverts d'innombrables porte-manteaux. Tout naturellement il s'accroche à l'un d'eux. C'est là, dans les patères noster, qu'il attend le Jugement dernier.
Albin Michel, 2011.
Oui, la Toussaint vaut mieux que ce parterre tonitruant de chrysanthèmes, place de l'Hôtel de Ville :
Une bouche soudain
ne happe plus sa bouffée d'air,
ne prend plus part
à la respiration immense,
à l'haleine
mêlée des bêtes et des hommes,
à la sève exsudée dans l'obscurité par les feuilles,
à l'humidité stagnante.
Sonne
une cloche infime, lointaine dans la nuit ;
on n'écoute
jamais que le contrepoint de l'absence :
lui a cédé le jour, le souffle, jusqu'au halètement.
Judith CHAVANNE, Un seul bruissement, Le bois d'Orion, 2009.
Avant le passage à l'heure d'hiver, un dernier petit tour chez le glacier :
Le glacier
Le goût d'un sorbet
Comme à une rose
Est le nom
Qu'on lui donne.
Le goût d'un nom
Est celui des choses qu'il désigne.
Est celui de la chose
Qu'il est.
Les glaces qu'ils aiment,
Les enfants habillés de rose
Les montrent
du doigt.
Jan BAETENS, Cent fois sur le métier, Les impressions nouvelles, 2008.
Le grammairien
Bure ou vaseline
Garrot ou crinoline
Pansement ou guillotine
Couronne de lauriers couronne d'épines
La règle est l'amie des hommes (leur langue fourchue,
leur bec de lièvre, leur coeur et leur raison)
Jan BAETENS, Cent fois sur le métier, Les impression nouvelles, 2008.